26/07/2026
La forêt brûle.
Elle ne crie pas comme les humains.
Elle soupire, elle crépite, elle s'effondre dans un souffle incandescent.
Ses grands arbres, gardiens de tant de saisons, lèvent leurs bras de feu vers un ciel devenu orange, comme pour implorer une pluie qui tarde à venir.
La forêt brûle,
et avec elle disparaissent les chants d'oiseaux à l'aube,
les sentiers parfumés de résine,
les fougères caressées par le vent,
les ombres fraîches où venaient se réfugier les vivants.
Je pense aux chevreuils qui fuient sans savoir où aller,
aux renards qui abandonnent leur terrier,
aux hérissons, aux serpents, aux insectes invisibles,
aux chouettes surprises en plein jour,
aux arbres centenaires qui tombent dans un fracas silencieux.
Je pense à tous ceux qui ne pourront pas s'échapper,
étouffés par la fumée,
encerclés par les flammes.
La douleur est immense.
Elle traverse les troncs noircis,
elle s'accroche aux cendres,
elle entre dans nos poitrines lorsque le vent apporte cette odeur de bois brûlé,
comme un deuil qui recouvre peu à peu le paysage.
La tristesse aussi.
Car une forêt n'est pas seulement un amas d'arbres.
C'est une mémoire vivante.
Une cathédrale de mousse et de lumière.
Un refuge pour le souffle du monde.
Un lieu où l'on venait retrouver le silence, la paix, la force.
Aujourd'hui, ce silence est celui de l'absence.
Et puis vient la colère.
Colère devant ces étés toujours plus brûlants.
Colère devant l'impuissance.
Colère devant ce vivant que l'on croyait éternel et que nous découvrons si fragile.
Colère de voir la beauté disparaître en quelques heures, quand il faut parfois un siècle pour qu'un arbre devienne géant.
La Gironde connaît cette blessure.
Elle porte encore les cicatrices des incendies passés.
Et pourtant, une nouvelle fois, les flammes reviennent rappeler combien notre lien à la forêt est précieux, combien il mérite d'être protégé.
Alors aujourd'hui, je n'ai ni grandes réponses ni certitudes.
Seulement une pensée.
Pour chaque arbre tombé.
Pour chaque animal disparu.
Pour chaque pompier qui lutte au péril de sa vie.
Pour chaque habitant contraint de quitter sa maison.
Pour chaque être vivant qui cherche encore un souffle ...
(Suite sur Facebook)