20/07/2026
Suite à vos retours dont je vous remercie infiniment, voici donc une “fiche de lecture “ sur un roman qui m’a fait réfléchir :
Tenir debout de Mélissa Da Costa
Une leçon de vie sur la résilience et l'amour qui s'accroche.
Il y a des livres qu'on referme différent de la personne qu'on était en les ouvrant. Tenir debout, de Mélissa Da Costa, en fait partie pour moi.
L'histoire commence presque banalement : François, comédien charismatique en pleine gloire, s'apprête à tout quitter pour vivre son histoire d'amour avec Éléonore, bien plus jeune que lui. Et puis un accident de scooter fauche cet avenir tout tracé. François se réveille paraplégique.
Et c'est là que le vrai roman commence : celui de deux personnes qui doivent réapprendre à s'aimer, à se reconnaître, à tenir debout — chacun à sa manière.
🌿 Sur la résilience
Ce que ce roman raconte avec une justesse rare, c'est que la résilience n'est pas une ligne droite. François traverse la colère, le déni, des moments où il se rend presque détestable — pas parce qu'il est un mauvais homme, mais parce que la reconstruction de soi passe souvent par la casse avant de passer par la réparation.
Le livre ne romantise jamais la souffrance : il montre que se relever, ce n'est pas « positiver ».
C'est traverser, encaisser, parfois régresser, et malgré tout continuer à avancer d'un pas.
💛 Sur l'émotion de l'aidant
C'est peut-être la partie la plus bouleversante du roman : Éléonore. On parle souvent de la personne qui vit le handicap, beaucoup moins de celle qui reste à ses côtés.
Sa fatigue à elle.
Sa culpabilité de vouloir parfois s'échapper.
Son amour qui doit se réinventer sans mode d'emploi.
Mélissa Da Costa donne une voix à cette charge invisible que portent tant d'aidants — et qui mérite d'être vue, nommée, reconnue.
🕊️ Les leçons spirituelles qu'on peut en tirer
1. Ce qui tombe n'est pas ce qu'on est.
François perd l'usage de ses jambes, mais pas son âme.
Le roman rappelle une vérité que beaucoup de traditions spirituelles enseignent : notre corps, notre statut, notre image ne sont pas notre identité profonde. Ce qui nous arrive nous transforme, mais ne nous définit pas entièrement. Il reste toujours un espace intact en nous, à retrouver.
2. Se relever n'est pas revenir en arrière, c'est renaître autrement.
On voudrait souvent que « s'en sortir » signifie retrouver la vie d'avant.
Le livre montre autre chose : on ne redevient pas qui on était, on devient quelqu'un de nouveau, façonné par l'épreuve.
C'est une forme de lâcher-prise — accepter que la guérison ne soit pas un retour, mais un chemin vers une version différente de soi.
3. Aimer, c'est parfois porter sans être vu. La discrétion de la souffrance d'Éléonore est peut-être la leçon la plus fine du roman : l'amour véritable se manifeste souvent dans l'invisible, dans ce qu'on donne sans reconnaissance ni applaudissements.
C'est un rappel profond que le service silencieux, le don de soi sans attente de retour, est une forme d'amour parmi les plus élevées.
4. La colère et l'épuisement ne sont pas des échecs spirituels.
Ni François ni Éléonore ne sont « exemplaires » dans leur traversée — et c'est ce qui rend le roman juste.
Une véritable démarche spirituelle n'exige pas la sérénité permanente. Elle demande d'accueillir la colère, le doute, la fatigue, comme des étapes légitimes du chemin, et non comme des preuves qu'on a « raté » sa résilience.
5. Tenir debout, c'est parfois juste tenir la main de l'autre.
Le titre lui-même est une leçon : on ne tient pas toujours debout seul. Parfois, tenir debout, c'est être tenu. C'est accepter l'aide, la présence, l'appui d'un autre — et reconnaître que cette interdépendance n'est pas une faiblesse, mais une part essentielle de toute traversée humaine.
✨ Ce qu'on en retient
Tenir debout n'est pas un livre qui console à bon compte. C'est un livre qui dit une vérité plus profonde : on ne se relève jamais seul, et on ne se relève jamais complètement — on apprend simplement à avancer avec ce qui a changé en nous.
C'est une invitation à plus de douceur envers soi-même et envers ceux qui, autour de nous, portent des combats qu'on ne voit pas toujours.
Un roman à lire si vous avez, vous aussi, un jour dû tenir debout pour quelqu'un — ou pour vous-même.
Sophie Galoo
Praticienne holistique
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