Anabelle Galvao

Anabelle Galvao Psychothérapeute EMDR

Psychologue, psychothérapeute EMDR, certifiée Europe
Héricourt, 70
Accompagnement de la précocité intellectuelle, du TDAH
Thérapeute narratif
Psychothérapie intégrative

13/07/2026

Comment répondre aux maladresses entendues lors d'un décès ?
🔹 Réponses douces (pour désamorcer sans blesser l’interlocuteur)
Parfois, une réponse simple et honnête permet de recentrer la conversation sur votre ressenti sans froisser la personne qui a parlé avec de bonnes intentions.
- Si on vous dit : "Il/elle a eu une belle vie."
→ "Oui, et je suis tellement triste qu’elle soit finie."
→ Pourquoi ça marche : Vous reconnaissez la réalité tout en exprimant votre douleur.
- Si on vous dit : "Tu devrais être reconnaissant(e)."
→ "Je le suis, et en même temps, je l’ai perdu(e). C’est les deux à la fois."
→ Pourquoi ça marche : Vous montrez que les émotions peuvent coexister.
- Si on vous dit : "Je sais ce que tu ressens."
→ "Je sais que tu veux m’aider, mais chaque deuil est différent."
→ Pourquoi ça marche : Vous évitez de contredire directement tout en posant une limite.
- Si on vous dit : "Il faut être fort(e)."
→ "Je fais de mon mieux, mais aujourd’hui, j’ai juste besoin de pleurer."
→ Pourquoi ça marche : Vous exprimez votre besoin du moment.
- Si on vous dit : "C’est la volonté de Dieu."
→ "J’ai du mal à trouver du sens à tout ça pour l’instant."
→ Pourquoi ça marche : Vous respectez vos croyances (ou leur absence) sans entrer en conflit.
- Si on vous dit : "Tu vas tenir le coup ?"
→ "Je ne sais pas encore, mais merci de me le demander."
→ Pourquoi ça marche : Vous répondez sans minimiser votre vulnérabilité.
🔹 Réponses fermes (pour poser des limites si nécessaire)
Certaines phrases peuvent vous blesser profondément. Dans ces cas, une réponse claire et directe peut aider à protéger votre espace émotionnel.
- Si on vous dit : "Au moins, il/elle n’a pas souffert."
→ "Il n’y a pas de "au moins" qui efface le fait que je ne le/la verrai plus."
→ Quand l’utiliser : Si la phrase vous semble particulièrement injuste ou minimisante.
- Si on vous dit : "Tu devrais tourner la page."
→ "Je tournerai la page quand je serai prêt(e), pas avant."
→ Quand l’utiliser : Si vous sentez une pression à "aller mieux" trop vite.
- Si on vous dit : "C’est pire pour untel."
→ "Chaque douleur est unique, et la mienne compte aussi."
→ Quand l’utiliser : Si vous avez l’impression que votre deuil est comparé ou minimisé.
- Si on vous dit : "Il/elle a été égoïste." (dans le cas d’un su***de)
→ "Il/elle souffrait tellement. Je ne peux pas en vouloir à quelqu’un qui avait si mal."
→ Quand l’utiliser : Pour défendre la mémoire du défunt et exprimer votre compassion.
- Si on vous dit : "C’est juste un animal."
→ "Pour moi, c’était un membre de ma famille. J’ai besoin de temps pour faire mon deuil."
→ Quand l’utiliser : Si vous voulez affirmer l’importance de la relation que vous aviez avec votre animal.
🔹 Réponses pour changer de sujet (si vous n’avez pas l’énergie)
Parfois, vous n’aurez tout simplement pas la force d’expliquer ou de justifier. Voici quelques façons de clore poliment la conversation :
- "Je préfère ne pas en parler pour l’instant."
- "Merci, mais j’ai besoin de silence."
- "Je te fais signe quand j’aurai envie d’en reparler."
💡 Vous n’êtes pas obligé(e) de justifier votre ressenti. Un simple "Merci, mais ça ne m’aide pas" peut suffire.
💬 Que dire à la place ? (Pour ceux qui veulent soutenir)
Si vous êtes du côté de l’entourage et que vous ne savez pas quoi dire, voici des alternatives bienveillantes :
🔸 Reconnaître la douleur
- "Je suis tellement désolé(e) pour toi."
- "Ça doit être tellement difficile."
- "Je ne peux pas imaginer ce que tu traverses, mais je suis là."
🔸 Valider les émotions
- "Tu as le droit d’être triste/en colère/perdue."
- "Ce que tu ressens est normal."
- "Pleurer, c’est OK."
🔸 Proposer un soutien concret
- "Je peux venir t’aider à [tâche précise] cette semaine ?" (ex : courses, ménage, démarches administratives)
- "Je suis disponible si tu as besoin de parler… ou de silence."
- "Je t’appelle demain pour prendre des nouvelles, ça te va ?"
🔸 Évoquer le défunt (si la personne semble ouverte)
- "Je me souviens de quand [nom] avait fait [anecdote positive]. Tu t’en souviens ?"
- "Qu’est-ce que tu aimerais qu’on se souvienne de lui/d’elle ?"
- "Il/elle me manque aussi." (si vous le/la connaissiez)
🔸 Respecter le silence
- Parfois, être présent(e) sans parler est la meilleure façon de soutenir.
- Un câlin, une main tenue, ou un simple "Je suis là" peuvent suffire.
📝 Exemples de dialogues
📌 Après un décès brutal
Maladresse : "Au moins, il n’a pas souffert."
Réponse douce : "C’est vrai, et c’est une pensée qui me réconforte un peu… mais je suis quand même dévastée qu’il soit parti si soudainement."
Réponse ferme : "La souffrance physique n’est pas la seule qui compte. Moi, je souffre de son absence."
📌 Après une longue maladie
Maladresse : "Tu as eu du temps pour te préparer."
Réponse douce : "Oui, mais rien ne prépare vraiment à l’absence."
Réponse ferme : "Se préparer à la mort, ce n’est pas la rendre moins douloureuse."
📌 Après un su***de
Maladresse : "Pourquoi il a fait ça ?"
Réponse douce : "Je ne sais pas. Je me pose la même question tous les jours."
Réponse ferme : "Il souffrait tellement… J’essaie de me souvenir de lui comme il était avant la dépression."
📌 Après une fausse couche
Maladresse : "Tu pourras en avoir un autre."
Réponse douce : "Je le sais, mais celui-là, je l’aimais déjà."
Réponse ferme : "Un autre enfant ne remplacera pas celui que j’ai perdu."
🌱 Conseils pour la personne en deuil
🔹 Vous avez le droit de…
✅ Pleurer (même en public, même "trop" selon les autres).
✅ Ne pas pleurer (la douleur ne se mesure pas aux larmes).
✅ Être en colère (contre la maladie, contre Dieu, contre le défunt, contre vous-même).
✅ Rire (se souvenir des bons moments ne signifie pas "tourner la page").
✅ Oublier temporairement (le cerveau a besoin de pauses).
✅ Ne pas "aller bien" (même après des mois ou des années).
✅ Dire "non" aux invitations, aux conseils, aux attentes des autres.
🔹 Le deuil, c’est…
- Non linéaire : On ne "guérit" pas, on apprend à vivre avec l’absence. Il y aura des rechutes, des jours meilleurs, des jours pires.
- Unique : Votre deuil ne ressemblera à celui de personne d’autre, même dans votre famille.
- Long : La société attend souvent que le deuil soit "fini" au bout de quelques semaines. En réalité, il peut durer des années, et c’est normal.
- Physique : Le chagrin peut provoquer des douleurs corporelles, de la fatigue, des troubles du sommeil ou de l’appétit.

Toi aussi, tu as du répondre à des maladresses, comment as tu géré ?
Tu peux partager ton témoignage ici.

09/07/2026

Tu viens de perdre un être cher ou tu cherches comment soutenir sans maladresse quelqu'un qui vient de perdre un être cher? Tu es au bon endroit. Voici une liste des maladresses les plus répandues et pourquoi elles blessent.
Dans un prochain post, on verra comment réagir face à ces paroles maladroites.

Ce guide recense les expressions à éviter, explique pourquoi elles font mal.

Chaque deuil est unique. Il n’y a pas de "bonne" ou de "mauvaise" façon de le vivre. Ces suggestions sont là pour vous aider à naviguer dans des échanges parfois difficiles.

1️⃣ Les phrases qui minimisent la douleur
"Il/elle a eu une belle vie, tu devrais être reconnaissant(e)."
"Au moins, il/elle n’a pas souffert." (surtout pour un décès brutal)
"C’est la vie, il faut tourner la page."

Pourquoi ça fait mal ?
- Le deuil n’est pas une compétition de "qui a le plus souffert".
- La reconnaissance ne supprime pas la douleur de l’absence.
- "Tourner la page" sous-entend que le chagrin est un choix, alors qu’il est un processus naturel et nécessaire.

Variantes courantes
- "Tu as de la chance, toi, tu as eu du temps pour te préparer." (pour une longue maladie)
- "Il/elle est en paix maintenant." (même si c’est vrai, cela peut sonner comme une injonction à "passer à autre chose")

2️⃣ Les comparaisons ou généralisations
"Je sais ce que tu ressens, j’ai perdu mon grand-père l’an dernier."
"Tout le monde passe par là."
"C’est pire pour untel, il a perdu son enfant."

Pourquoi ça fait mal ?
- Chaque relation est unique : perdre un parent, un enfant, un ami ou un partenaire ne se compare pas.
- Dire "je sais ce que tu ressens" peut donner l’impression que votre douleur est banalisée.
- Les comparaisons créent une hiérarchie de la souffrance, comme si certaines pertes "comptaient" plus que d’autres.

Variantes courantes
- "Au moins, tu as d’autres enfants." (après la perte d’un enfant)
- "Tu es jeune, tu te remarieras." (après la perte d’un conjoint)

3️⃣ Les phrases qui mettront la pression
"Il faut être fort(e) pour les enfants/la famille."
"Ne pleure pas, il/elle ne voudrait pas te voir comme ça."
"Tu dois te battre, ne pas te laisser abattre."

Pourquoi ça fait mal ?
- La force n’est pas l’absence de larmes, mais la capacité à travers la douleur.
- Dire à quelqu’un de ne pas pleurer revient à nier son émotion.
- La pression sociale à "aller bien" peut ret**der le processus de deuil.

Variantes courantes
- "Tu dois être fort(e) pour les autres."
- "Il faut que tu te reprennes en main."

4️⃣ Les explications ou justifications
"C’est la volonté de Dieu."
"Tout arrive pour une raison."
"C’est un signe, il/elle veillait sur toi."

Pourquoi ça fait mal ?
- Même prononcées avec foi, ces phrases peuvent sembler comme une tentative de rationaliser l’irrationnel (la mort).
- Elles peuvent donner l’impression que la douleur est "utile" ou "nécessaire", ce qui est difficile à accepter.
- Pour une personne non croyante ou en colère contre sa religion, ces phrases peuvent être particulièrement douloureuses.

Variantes courantes
- "Dieu ne donne pas plus que ce qu’on peut porter."
- "C’est un ange maintenant." (surtout pour un enfant)

5️⃣ Les phrases qui évitent le sujet
"Il ne faut pas y penser."
"Occupe-toi l’esprit."
"On en reparlera plus t**d." (sans jamais revenir sur le sujet)

Pourquoi ça fait mal ?
- Éviter de parler du défunt peut donner l’impression que sa mémoire est taboue.
- La personne endeuillée a souvent besoin de parler de son défunt pour faire son deuil.
- Le silence peut être perçu comme de l’indifférence.

Variantes courantes
- "Changeons de sujet, ça va te faire du bien."
- "Tu devrais sortir, prendre l’air." (sans écouter avant)

6️⃣ Les phrases qui projettent ses propres peurs
"Je ne sais pas comment je ferais à ta place."
"Tu vas tenir le coup ?" (avec un ton inquiétant)
"J’ai peur que ça m’arrive aussi."

Pourquoi ça fait mal ?
- Ces phrases centrent la conversation sur l’interlocuteur plutôt que sur la personne en deuil.
- Elles peuvent donner l’impression que l’autre ne se sent pas capable de vous soutenir.
- La personne endeuillée peut se sentir obligée de rassurer les autres, alors qu’elle a elle-même besoin de réconfort.

7️⃣ Les phrases maladroites après un su***de
"Il/elle a été égoïste."
*"Pourquoi il/elle a fait ça ?" (sous-entendu : "à toi")
"Tu aurais dû voir les signes."

Pourquoi ça fait mal ?
- Le su***de laisse souvent un sentiment de culpabilité chez les proches. Ces phrases l’aggravent.
- Juger le défunt revient à nier sa souffrance et celle de ses proches.
- La question "pourquoi ?" est souvent sans réponse, et la formuler peut sembler comme une accusation.

Variantes courantes
- "Il/elle a choisi la facilité."
- "Tu n’as rien vu venir ?"

8️⃣ Les phrases après une fausse couche ou un deuil périnatal
"Tu pourras en avoir un autre."
"Au moins, tu sais que tu peux tomber enceinte."
"C’est mieux comme ça, il/elle aurait eu des problèmes."

Pourquoi ça fait mal ?
- Un enfant perdu, même très tôt, est un enfant aimé et pleuré. Remplacer n’est pas possible.
- Ces phrases minimisent la perte et peuvent donner l’impression que la vie de cet enfant "ne comptait pas".
- La douleur d’une fausse couche est souvent invisible et mal comprise, ce qui la rend encore plus difficile à porter.

9️⃣ Les phrases après la perte d’un animal de compagnie
"C’est juste un animal, tu peux en prendre un autre."
"Pourquoi tu pleures ? Ce n’est pas un humain."
"Il/elle était vieux/vieille, c’était normal."

Pourquoi ça fait mal ?
- Un animal de compagnie est un membre de la famille à part entière pour beaucoup.
- Le deuil d’un animal peut être aussi intense que celui d’un humain, surtout s’il était un soutien émotionnel.
- Dire "c’est normal" revient à nier la relation unique qui existait avec cet être.

Et toi, qu'as tu entendu? Comment as tu réagi ? Si tu veux partager ici un témoignage pour aider d'autres personnes, n'hésite pas.

02/07/2026

Si le deuil était brutal (accident, su***de, mort subite…)
Le choc est si violent que le cerveau a du mal à intégrer la réalité. Les premiers mois sont souvent un brouillard. Voici comment t’accrocher à des repères.
Dans les premiers jours : survivre au tsunami émotionnel
1.Laisse le choc s’exprimer
- Pleurer, crier, ou rester silencieux·se : il n’y a pas de bonne façon de réagir.
- À éviter : Les phrases du type "Il/elle est en paix maintenant" ou "C’est la volonté de Dieu". Elles minimisent ta douleur.
2.Entoure toi physiquement
- Demande à des proches de rester à tes côtés (même sans parler). La présence corporelle (une main tenue, une étreinte) est souvent plus réconfortante que les mots.
- Exemple : "Ma sœur a dormi à côté de moi pendant une semaine. Juste savoir qu’elle était là m’a empêché de sombrer."
3.Évite les décisions importantes
- Ne prends pas de grandes décisions (déménagement, changement de travail…) dans les 3 premiers mois. Ton cerveau n’est pas en état de réfléchir clairement.
4.Crée un rituel immédiat
- Si les obsèques sont différées ou impossibles (disparition, accident à l’étranger), invente un rituel :
- Écrire une lettre et l’enterrer dans un pot de fleurs.
- Allumer une bougie chaque soir à 20h.
- Lâcher des ballons avec des messages.
5.Accepte l’aide concrète
- Laisse les autres t’apporter des repas, faire le ménage, ou s’occuper des enfants. Tu n’as pas à "tenir le coup" seul·e.

Dans les premières semaines : reconstruire la réalité
1.Reconstitue les derniers moments
- Écrire ou parler de ce qui s’est passé (même si c’est douloureux) aide le cerveau à accepter la réalité.
- Attention : Si le décès est lié à un su***de ou un accident violent, évite de ruminer les détails. Un psychologue peut t’aider à mettre des mots sans te submerger.
2.Exprime ta colère
- La colère est une réaction normale : contre toi-même, contre les autres, contre "le destin".
- Comment la canaliser :
- Casse des assiettes (achetées pour l’occasion) dans un champ.
- Écris une lettre de colère et la brûler.
- Fais du sport intensément (boxe, course…)
3. Évite l’isolement
- Même si tu as envie de te cacher, force-toi à voir du monde (un café avec un·e ami·e, une balade avec un groupe). Les groupes de deuil en ligne permettent de parler anonymement.
4.Prends soin de ton corps
- Le deuil brutal épuise : tu peux avoir des troubles du sommeil, des douleurs physiques, ou des crises de panique.
- Solutions : Infusions relaxantes (camomille, tilleul), Bains chauds avec des sels de magnésium, Ostéopathie ou acupuncture pour libérer les tensions.

À long terme : apprendre à vivre avec l’absence
1.Trouve un exutoire créatif
- La création (dessin, écriture, musique, poterie…) permet d’externaliser la douleur.
- Exemple : "J’ai commencé à peindre des paysages qu’il aimait. Ça me donne l’impression de garder un lien avec lui."
2.Parle à ton proche (à voix haute ou dans ta tête)
- Lui écrire des lettres, lui raconter ta journée, ou imagine ce qu'il/elle te dirait si tu as besoin d'un conseil. Beaucoup de personnes en deuil continuent à dialoguer avec leur défunt. Ça permet de maintenir une relation symbolique sans nier la réalité de la perte.
3.Reconstruis des routines
- Le deuil désorganise la vie quotidienne. Recréer des habitudes (un cours de yoga le mercredi, un appel à un·e ami·e le dimanche) donne un cadre rassurant.
- Exemple : "Tous les matins, je bois mon thé dans le même mug. Ça me donne un sentiment de stabilité."
4.Honore sa mémoire de façon durable
- Créer un livre de souvenirs (avec des photos et des textes).
- Planter un arbre ou un jardin en son honneur.
- Fonder une bourse ou un prix à son nom (si tu en as les moyens).
5.Consulte un spécialiste du deuil traumatique ( EMDR, TCC, thérapie narrative...)
- Si tu as des cauchemars récurrents, des crises d’angoisse, ou une incapacité à reprendre une vie normale après plusieurs mois, un psychotraumatologue peut t’aider.

"Le deuil, ce n’est pas oublier. C’est apprendre à vivre avec l’absence, comme on apprend à vivre avec une cicatrice : elle fait mal parfois, mais elle fait aussi partie de toi."
- Il n’y a pas de "bonne" durée pour un deuil. Certaines personnes mettent 2 ans, d’autres 10 ans à se reconstruire.
- Tu n’es pas seul·e. 1 personne sur 5 en France est touchée par un deuil chaque année. Parler, c’est déjà guérir un peu.
- Ta douleur est valable, qu’elle soit discrète ou explosée. Il n’y a pas de hiérarchie dans la souffrance.
Et toi, qu’est-ce qui t’a aidé ?
As-tu testé l’une de ces méthodes ? En as-tu d’autres à partager ? Écris-les en commentaire : ton expérience pourrait éclairer quelqu’un qui se sent perdu·e.

02/07/2026

Après la perte : comment prendre soin de soi, pas à pas.
Que le deuil soit anticipé ou soudain, le corps et l’esprit ont besoin de repères pour se reconstruire. Voici ce que tu peux mettre en place, quand et comment. Ces conseils ne sont pas magiques, mais tu trouveras des pistes qui peuvent te permettre d'avancer et de te sentir acteur de ta guérison.

Si le deuil était attendu (maladie, vieillesse…)
Tu as peut-être eu l’impression d’avoir "déjà fait ton deuil". Pourtant, après le décès, une nouvelle phase commence : celle de l’absence concrète.
Dans les premiers jours, 1.honore ce qui a été vécu en créant un rituel de transition: Allumer une bougie, écrire une lettre à lire lors des obsèques, préparer une playlist ou planter un arbre en mémoire de ton proche.
2.Parle de ce qui n’a pas été dit: Écrire une lettre pour exprimer ce qui reste en suspens : regrets, remerciements, ou simplement "Je t’aime". Tu peux brûler la lettre symboliquement si ça te soulage.
3.Accepte le soulagement (sans culpabilité). En effet, après des mois ou années d’accompagnement, il est normal de ressentir un soulagement. Ce n’est pas un manque d’amour, mais la fin d’une souffrance partagée parce que ton soulagement ne diminue pas ton chagrin.
4.Prendre soin de son corps. Le deuil épuise physiquement: Priorise le sommeil, une alimentation légère, et des marches en nature (la forêt ou la mer apaisent particulièrement).
Dans les semaines qui suivent , réapprivoise le quotidien:
1.Réorganise ton espace: Ranger les affaires de ton proche à ton rythme (pas de précipitation !). Certains gardent un vêtement ou un objet près d’eux pendant des mois. Créer une "boîte à souvenirs" (photos, tickets de concert, recettes de cuisine…).
2.Maintiens des liens symboliques: Cuisiner son plat préféré, visiter un lieu qu’il/elle aimait, ou porter un bijou qui lui appartenait.
Ex : "Tous les dimanches, je bois mon café dans sa tasse préférée. Ça me donne l’impression qu’il est encore là, un peu."
3.Demande de l’aide pour les démarches: Les papiers administratifs (succession, assurance…) peuvent être accablants. Fais-toi accompagner par un·e ami·e ou un·e professionnel·le (notaire, assistante sociale).
4.Rejoins un groupe de parole
- Les associations comme Empreintes ou Sparadrap (pour les enfants) proposent des espaces sans jugement.
À long terme : reconstruire sa vie avec l’absence:
1.Trouve un sens à ta douleur: Transforme ton vécu en action : bénévolat dans une association liée à la maladie, écriture d’un blog, ou création artistique (peinture, musique…)
2.Célèbre les anniversaires difficiles. À chaque date symbolique (anniversaire, Noël, date du décès), prévois un rituel : allumer une bougie, partager un repas en son honneur, ou écrire dans un journal.
3.Accepte les vagues de chagrin: Le deuil n’est pas linéaire. Un parfum, une chanson, ou un lieu peuvent déclencher une crise de larmes des années plus t**d. C’est normal. La méditation (appli Petit Bambou ou Namatata) ou la cohérence cardiaque aident à traverser ces moments.
4.Consulte un psychologue si besoin. Si tu sens que la tristesse t’empêche de vivre (insomnies, perte d’appétit, idées noires), un thérapeute peut t’aider à dénouer ce qui te bloque.

30/06/2026

Deuil attendu vs. deuil brutal : pourquoi la douleur n’a pas la même saveur?
Le deuil est une épreuve universelle, mais son vécu varie radicalement selon qu’il est anticipé (comme dans le cas d’une maladie incurable) ou soudain (accident, su***de, crise cardiaque…). Ces deux contextes ne changent pas l’ampleur de la souffrance, mais ils en transforment la forme, le rythme et les défis. Explications:
Le deuil attendu est un adieu en pointillés. Quand la mort d’un proche est annoncée par une maladie (cancer, Alzheimer, sclérose latérale amyotrophique…), le deuil commence avant le décès. On parle de "deuil blanc" ou "anticipé".
Ce qui le caractérise
- Une temporalité étirée : Le cerveau a le temps de "digérer" l’idée de la perte. Les émotions oscillent entre espoir ("et si un traitement marchait ?") et résignation.
- Des mots échangés : Possibilité de dire des choses laissées en suspens, de préparer des rituels (lettres, enregistrements, dernière sortie…). "Je t’aime" ou "merci" peuvent être prononcés à temps.
- Une adaptation progressive : Le système nerveux s’habitue à l’idée de l’absence. Les proches deviennent parfois des "aidants en deuil", épuisés par le rôle de soin.
- La culpabilité : "Ai-je assez fait ?" ou "Aurai-je dû insister pour ce traitement ?" sont des questions fréquentes.

Les pièges
- L’illusion du contrôle : Croire que parce qu’on a "eu le temps", la douleur sera moins intense. Faux. La souffrance est juste différente : moins de choc, mais une usure émotionnelle longue.
- L’isolement : Les proches peuvent se sentir seuls, car l’entourage, lui, n’a pas vécu cette attente au quotidien.
- Le soulagement… et la honte : Après des mois (voire des années) de souffrance partagée, un sentiment de libération peut surgir au décès. C’est normal, mais souvent tu par peur du jugement.

Le deuil brutal : quand le monde s’arrête net!
Un décès soudain (accident, su***de, arrêt cardiaque…) déchire le tissu de la réalité. Le cerveau, pris de court, met du temps à intégrer l’information.
Ce qui le caractérise
- Le choc : Phase de déni ("Ce n’est pas possible") ou de sidération (impossibilité de pleurer, sensation d’irréalité). Le corps peut réagir par des symptômes physiques (nausées, vertiges).
- L’obsession du "pourquoi ?" : Besoin compulsif de reconstruire les derniers moments, de chercher un sens ("S’il avait pris un autre chemin…"). La colère (contre soi, contre les autres, contre "le destin") est fréquente.
- L’effondrement ret**dé : Certaines personnes semblent "tenir le coup" dans les premiers jours (organisation des obsèques, démarches), puis s’effondrent des semaines ou mois plus t**d.
- L’urgence des rituels : Les funérailles ou crémations deviennent un ancrage pour accepter la réalité. Sans elles, le deuil peut être encore plus compliqué (ex. : disparition en mer).

Les pièges
- La minimisation par l’entourage : "Au moins, il n’a pas souffert" ou "C’est mieux comme ça" peuvent nier la violence du choc. Ces phrases, bien que destinées à réconforter, isolent souvent la personne en deuil.
- La peur de l’oubli : Sans préparation, la crainte que le défunt ne soit "effacé" des mémoires est intense. D’où l’importance des objets transitionnels (vêtements, photos, musique…).
- Le sentiment d’injustice : "Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?" peut mener à une crise existentielle (remise en question de ses croyances, de sa vision du monde.
Pour conclure:
Qu’il soit attendu ou brutal, le deuil suit des phases (modèle de Kübler-Ross) qui ne sont ni obligatoires ni chronologiques et autant d'aller retour dans ces phases sont possibles :
1. Le déni ("Non, ce n’est pas vrai")
2. La colère ("Pourquoi moi ?")
3. Le marchandage ("Si je fais ci, peut-être que…")
4. La dépression (tristesse profonde, apathie)
5. L’acceptation (pas un "oubli", mais une intégration de la perte dans sa vie).

La différence :
- Dans un deuil attendu, ces étapes peuvent se chevaucher avant le décès.
- Dans un deuil brutal, elles déferlent souvent après, avec une intensité accrue.

Ce qu’il faut retenir
- Aucun deuil n’est "plus facile" : L’un est une marée lente, l’autre un tsunami. Les deux laissent des traces.
- La société a des attentes : On "comprend" mieux un deuil après une longue maladie qu’un su***de ou un accident. C’est une erreur. Chaque douleur est valable.
- Le deuil, c’est aussi de l’amour : Comme le disait le psychologue Alan Wolfelt, "Le deuil, c’est le prix de l’amour. Plus on aime, plus on souffre… mais plus on grandit."

Et toi ?
As-tu vécu l’un ou l’autre de ces deuils ? Qu’est-ce qui t’a aidé (ou n’a pas aidé) à traverser cette épreuve ? Partage ton expérience en commentaire… Parler, c’est déjà commencer à guérir.

31/03/2026

Information pour tous mes patients: les RV se font désormais sur la plateforme perfactive

https://www.facebook.com/share/p/1Tfrkb8rV8/
08/02/2026

https://www.facebook.com/share/p/1Tfrkb8rV8/

Pourquoi y a-t-il « plus » de TDAH, de TSA, d’enfants HP et neuroatypiques aujourd’hui ?

C’est une question qui revient sans cesse...

Une question parfois sincère, parfois teintée de doute.

Et souvent accompagnée d’une affirmation qui divise :

« Avant, ça n’existait pas. »

Ou encore : « On met des étiquettes à tout le monde. »

Je prends le temps d’y répondre calmement...

Non pour imposer une vision, mais pour éclairer une réalité complexe, trop souvent simplifiée.

Les enfants n’ont pas changé, notre regard oui !

Il est fondamental de le dire clairement :

Il n’y a pas soudainement plus d’enfants ayant un TDAH, un TSA ou à haut potentiel.

Il y a surtout plus d’enfants reconnus, compris et identifiés.

Ces enfants existaient déjà.

Ils étaient simplement décrits autrement :

– rêveurs
– turbulents
– difficiles
– hypersensibles
– immatures
– instables
– en décalage

Beaucoup ont grandi sans explication, avec un sentiment diffus de ne jamais être « comme il faut ».

Ce qui a changé, ce n’est pas l’enfant.

C’est la capacité des adultes à mettre du sens sur ce qu’ils observent.

Les avancées scientifiques n’ont rien inventé...

La science n’a pas créé le TDAH, le TSA ou le haut potentiel.

Elle a permis de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau, du développement de l’enfant, de l’attention, de la régulation émotionnelle et sensorielle.

Aujourd’hui, on distingue mieux ce qui relève :

– d’un fonctionnement neurologique particulier
– d’un tempérament
– d’une difficulté passagère
– d’un trouble durable

Ce n’est pas une mode.

C’est une lecture plus fine de la réalité humaine.

Un monde finalement moins tolérant aux différences invisibles...

Le contexte actuel joue un rôle majeur dans cette impression d’augmentation.

L’école exige :

– de rester concentré longtemps
– d’inhiber ses impulsions
– d’apprendre tôt, vite et de manière parfois standardisée

La société impose :

– une forte stimulation
– du bruit
– les nouvelles technologies et les écrans omniprésents
– un rythme rapide

Les enfants dont le fonctionnement est atypique ne vont pas plus mal qu’avant.

Ils sont simplement plus en décalage avec un système rigide, ce qui rend leurs difficultés visibles.

Et ce qui devient visible finit par être nommé.

Nommer n’est pas étiqueter !

C’est l’un des malentendus les plus fréquents.

Identifier un fonctionnement, ce n’est pas réduire un enfant à un mot.

Ce n’est pas l’enfermer dans une case.

Ce n’est pas nier sa personnalité, ses forces ou son potentiel.

Au contraire...

Nommer permet :

– d’adapter les attentes
– de proposer des aménagements justes
– de diminuer la culpabilité
– d’éviter des sanctions inutiles
– de restaurer l’estime de soi

L’étiquette enferme.

La compréhension libère.

Sans mots, il ne reste que des jugements...

Lorsqu’on refuse de nommer les différences, que se passe-t-il ?

L’enfant est interprété à travers le prisme du comportement :

– il ferait exprès
– il ne ferait pas assez d’efforts
– il manquerait de volonté
– il serait mal élevé
– il est immature
– il n'est pas autonome

Sans explication, il n’y a que des reproches.

Sans compréhension, il n’y a que de la pression.

Un diagnostic ne définit pas un enfant.

Il le protège.

Pourquoi cette reconnaissance dérange-t-elle autant ?

Parce qu’elle oblige à regarder une réalité inconfortable : le système n’est pas adapté à tous les enfants.

Reconnaître les profils neuroatypiques, c’est admettre que :

– l’égalité ne suffit pas
– certains ont besoin d’ajustements spécifiques
– la norme n’est pas universelle

Cela remet en question des certitudes profondément ancrées.

Et toute remise en question provoque des résistances.

Ces enfants ne demandent pas des privilèges...

Les enfants ayant un TDAH, un TSA, HP ou neuroatypiques ne demandent pas de passe-droits.

Ils demandent des conditions leur permettant de fonctionner sans se détruire.

Ils ne cherchent pas à être différents.

Ils le sont déjà.

Ce qu’ils demandent, c’est qu’on cesse de les forcer à rentrer dans un moule qui ne respecte pas leur fonctionnement.

Respecter les avis contraires sans nier la réalité...

Oui, certains craignent une surdiagnostication.

Oui, certains estiment qu’on en parle trop.

Ces interrogations existent et méritent d’être entendues.

Mais nier l’utilité de ces reconnaissances, c’est oublier tous ceux qui, sans elles, ont grandi dans l’échec, la honte ou l’incompréhension.

Conclusion : mettre des mots pour mieux accompagner...

Il n’y a pas plus d’enfants « à problèmes » qu’avant.

Il y a moins de silence, moins de déni, et un peu plus de conscience.

Nommer, ce n’est pas enfermer.

C’est donner des clés.

Et derrière chaque diagnostic,
il n’y a pas une case,
il y a un enfant qui cherche à être compris...

Pour prolonger la réflexion et découvrir d’autres articles :
https://www.tdaquoi.com

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70400

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