13/06/2026
Quand on connaît le TDA/H, on sait à quel point la dimension interpersonnelle est perturbée dans le TDA/H. Enfin on parle de TIP comme soin pour aider les patients dans les dysfonctionnements relationnels!
Cette journée du TDA/H amène des posts intéressants, entre conviction profonde et scepticisme par rapport au concept même de TDA/H.
Je lisais justement un post de Caroline Goldman et je me me disais que devant d'authentiques troubles de l'attention, c'est l'étiologie en tant que telle qu'il faut identifier avec soin.
Et c'est là que le bât blesse: les manifestations de déficit de l'attention peuvent effectivement être d'origine multiple:
- trouble anxieux
- trouble de l'humeur
- TDA/H
- problème éducatif...
- et autres!
Ces manifestations ne sont malheureusement pas spécifiques.
Rappelons l'essentiel : le TDA/H existe, nous voyons assez de patients dans des familles qui n'ont pas de problème de cadre éducatif et sans trouble associé, pour en avoir la conviction.
Tout l'enjeu est de poser le diagnostic médical avec discernement... et c'est là toute la difficulté: comment être sûr que ces troubles sont imputables à un TDA/H? Ne sont-ils pas mieux expliqués par autre chose? un diagnostic différentiel?
et pour couronner le tout n'y a-t-il pas comorbidité? Il est particulièrement fréquent d'observer des patients ayant un TOC ou un trouble anxieux associés à leur TDA/H.
On m'envoie beaucoup de patients avec un diagnostic de TDA/H. Souvent posé par des gens (ou des appli 🙂 ) qui ne sont pas habilités à poser un diagnostic.
Souvent ce n'est pas un TDA/H: je le dis et je propose le suivi qui correspond au diagnostic posé.
Souvent aussi c'en est un.
Souvent il y a des problèmes éducatifs.
Lorsque je prends en charge un patient qui a un TDA/H, je prescris parfois du MPH, parfois du Xurta. Parfois rien. Tout va dépendre de ce que je perçois du fonctionnement du patient. Ne pas se poser cette question c'est passer à ôté du sujet.
Mais je dirai les choses suivantes:
1/ Les médicaments sont souvent très utiles.
2/ La psychoéducation sur le trouble est constante.
3/ Le travail sur le cadre éducatif (que je travaille en thérapie interpersonnelle TIP) est fréquent.
4/ Le travail sur les problématiques cognitives (en TCC) et les retentissements interpersonnels (TIP) ainsi que sur la régulation émotionnelle est constant.
Pour moi ces 4 points ne sont pas exclusifs les uns des autres, mais aucun n'est suffisant à lui seul.
Comme je le dis à mes patients: le TDA/H c'est comme une bibliothèque mal rangée: le médicament vous aidera à classer les livres, et en même temps, on va travailler en TCC et TIP pour vous apprendre à lire, vous donner le goût de lire, et l'envie de parler de vos lectures autour de vous.
Vous voulez en savoir plus: https://e-psychiatrie.fr/tcc-tdah-trouble-deficit-attention-hyperactivite/
et ien général:
https://e-psychiatrie.fr/situations-ou-appeler-a-laide/tdah-trouble-deficit-de-lattention-avec-ou-sans-hyperactivite/
ainsi qu'une petite vidéo sur l'article du Lancet psychiatry 2025:
https://www.instagram.com/athenai.ai/reel/DZYNJtLThTx/
Yann Lhegaret