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Experte en santé de la femme et des minorités identitaires

« Je croyais que c'était derrière moi. »Cette phrase, je l'entends souvent en ce moment. Des personnes qui allaient mieu...
10/08/2026

« Je croyais que c'était derrière moi. »

Cette phrase, je l'entends souvent en ce moment. Des personnes qui allaient mieux, qui avaient trouvé un équilibre, et qui voient l'anxiété revenir avec la chaleur — comme si des mois de travail s'effondraient d'un coup.

Ils ne s'effondrent pas vraiment, je te rassure.

La chaleur et l'anxiété parlent la même langue corporelle. Cœur rapide, souffle court, sueurs, vertige : ton système nerveux produit ça pour réguler ta température, exactement comme il le produit face à une menace.

Ton cerveau, lui, lit ces signaux et cherche une explication. Dans cette chaleur qui dure, il confond parfois « j'ai trop chaud » et « je suis en danger ». Ajoute un sommeil haché nuit après nuit, et le seuil à partir duquel tout devient trop bas descend encore.

Ce n'est pas une rechute mais plutôt une physiologie débordée.

Mais je ne vais pas m'arrêter au corps, parce que ce serait mentir par omission. Cet été, il ne fait pas « juste chaud ». Des vagues de chaleur qui reviennent, des feux, des services de soin sous tension. L'angoisse que beaucoup ressentent n'est pas qu'un bug interne à réparer — c'est aussi une lecture juste de ce qui se passe. L'éco-anxiété n'est pas une fragilité. C'est ce qui reste de vivant quand on refuse de s'anesthésier.

Et cette chaleur ne frappe pas au hasard. Elle vise d'abord celleux qui n'ont pas de clim, pas de logement isolé, pas de répit dans le travail, pas de corps épargné.

La météo est la même pour tou·tes ; ses conséquences, non.

Alors les outils que je partage dans le carrousel ne servent pas à « mieux supporter l'insupportable ». Ils servent à faire redescendre l'alarme quand elle s'emballe pour rien — et à garder ta lucidité intacte quand elle s'emballe pour de vraies raisons.

Se réguler et rester en colère ne s'excluent pas.
Tu n'es pas obligé·e de choisir.

👉 À quel moment tu l'as sentie revenir cet été, ton anxiété ? Dis-moi en commentaire ce qui la déclenche chez toi quand la chaleur monte — et garde le carrousel pour les jours où tout déborde ❤️

Il y a une scène qui revient souvent dans mon cabinet, racontée presque toujours avec la même gêne : le réveil au milieu...
22/07/2026

Il y a une scène qui revient souvent dans mon cabinet, racontée presque toujours avec la même gêne : le réveil au milieu de la nuit, le téléphone attrapé par réflexe, et cette heure qui s'étire à lire des nouvelles atroces sur lesquelles on ne peut rien. Les personnes qui me la décrivent s'attendent à ce que je diagnostique une addiction, une fuite, un défaut de volonté. J'y vois surtout quelqu'un qui tente, à sa manière, de ne plus se laisser surprendre par un monde devenu illisible.

Ce carrousel s'appuie sur une vidéo de Khadija Mbowe — vidéo-essayiste q***r dont j'admire la finesse — qui déplie une idée que je retrouve chaque semaine en consultation : le doomscrolling comme geste de reprise de contrôle. On croit combler un manque d'information là où l'on cherche en réalité à apaiser une peur, et l'écran promet précisément cela, une préparation, une longueur d'avance, un rempart contre l'imprévisible. La promesse tient quelques minutes avant de se dérober, parce qu'aucune actualité ne se referme jamais sur une réponse définitive et que le flux, lui, coule sans rive.

Ce que je tiens à situer, parce qu'on l'oublie très vite, c'est que cette mécanique intime rencontre une industrie entière. Ton attention se vend, ton inquiétude se monnaye mieux que tout le reste, et des interfaces complètes ont été dessinées pour effacer l'instant où tu aurais reposé ton téléphone. Culpabiliser sur ta discipline, dans un décor pareil, revient à te demander de réparer à main nue ce que des milliers d'ingénieur·es ont patiemment bâti pour te capter.

Et pour autant, jamais je ne te ferai croire que t'informer serait une faiblesse. Quand l'actualité menace concrètement tes proches, tes droits, ta communauté, ta vigilance est une intelligence héritée de celles et ceux qui ont dû guetter pour rester en vie. Les outils que je partage dans les slides ne poursuivent qu'un seul but : te rendre ce que la boucle confisque, le pouvoir de décider toi-même l'instant où tu refermes.

👉 Dis-moi en commentaire : quelle est la dernière nouvelle qui t'a gardé·e éveillé·e alors que tu savais déjà tout ce qu'il y avait à en savoir ?

33° dans le métro, et tu gardes ton gilet. Pas par frilosité — dessous, il y a des bras que tu as appris à ne pas montre...
10/07/2026

33° dans le métro, et tu gardes ton gilet.

Pas par frilosité — dessous, il y a des bras que tu as appris à ne pas montrer. Autour, des gens se sont mis à l'aise sans y penser une seconde.

Toi, tu calcules. Combien de temps encore, jusqu'où, qui regarde.

On présente souvent la façon de s'habiller l'été comme une affaire de goût ou de confiance en soi.

Comme s'il suffisait, au fond, de « s'assumer ». Sauf que le sujet n'a jamais été ton assurance.

Il est dans un monde qui accueille certains corps torse au soleil et en surveille d'autres pour un simple débardeur.

La thermorégulation, pourtant, ne se discute pas. Quand il fait 35°, se découvrir, transpirer, alléger, c'est le corps qui fait son boulot.

Le refuser à quelqu'un à cause de sa taille, c'est lui demander de choisir entre son confort physique et sa tranquillité.

Une double peine que tous les corps ne connaissent pas.

Dans ce carrousel, je déroule ce piège saisonnier : la vigilance permanente qu'il impose (un cousin direct du stress minoritaire), les conseils mode qui traduisent « flatteur » par « plus proche de la norme », et surtout ce mot que la grossophobie a confisqué — « confort » — comme s'il rimait avec laisser-aller.

Reprendre ce mot, c'est déjà un petit geste politique.

Ton corps a le droit d'être bien. D'avoir chaud comme tout le monde. De se soulager sans monter un dossier de justification. Ce droit ne se mérite pas à coups de régime ou de silhouette approuvée.

Se libérer d'un regard intériorisé depuis l'enfance, ça ne se fait pas en enlevant un gilet. C'est un travail, souvent long, parfois accompagné. Mais ça commence par nommer ce qui se passe, et par arrêter de porter seule ce qui est collectif.

Et toi, qu'est-ce que la chaleur t'oblige à négocier avec ton corps, chaque été ? Raconte-moi en commentaire — on est nombreuses et nombreux à connaître ça ❤️

Il est 22h, la journée a été trop longue, ton cerveau tourne encore en boucle sur ce mail que tu n'aurais pas dû envoyer...
06/07/2026

Il est 22h, la journée a été trop longue, ton cerveau tourne encore en boucle sur ce mail que tu n'aurais pas dû envoyer.

Tu n'as l'énergie ni pour un livre, ni pour appeler quelqu'un, ni pour « faire quelque chose de productif ».

Alors tu attrapes ta manette, ou ton téléphone, et tu retournes arroser tes navets virtuels. Et là, quelque chose se desserre.

On a longtemps culpabilisé ce geste. « Tu perds ton temps », « tu fuis », « c'est régressif » — un discours qui, comme par hasard, s'acharne surtout sur les femmes et les personnes q***r et neuroatypiques, présentes dans ces espaces et rarement prises au sérieux quand elles y jouent.

Sauf que la recherche, depuis quelques années, dit autre chose.

Certains jeux soutiennent vraiment le système nerveux : ils apaisent l'anxiété, offrent du lien, aident à réguler les émotions, et pour quelques-uns servent même d'outils cliniques face au trauma.

Dans ce carrousel, j'ai réuni cinq jeux que la science associe à un mieux-être psychique, du très étudié Tetris (oui, contre les flashbacks) au réconfort de Celeste, en passant par l'échappée anticapitaliste de Stardew Valley.

Pour chacun, ce que dit la recherche, et pourquoi ça nous fait du bien.

Une chose à garder en tête, quand même. Un jeu ne rembourse pas ta charge mentale, ne répare pas un système nerveux à cran après des années de vigilance. Ce sont des appuis, pas des traitements, et surtout pas une injonction de plus à « t'optimiser » pour mieux encaisser ce qui te fatigue.

D'ailleurs l'industrie du bien-être l'a bien compris, et commence à vendre du jeu sur ordonnance. On peut tenir les deux bouts : savourer ce que ces mondes nous apportent, et rester lucide sur ce qu'on nous vend.

Prendre soin de soi, parfois, ça ressemble à ça : un petit monde où rien de grave ne peut arriver, le temps de se reposer avant de replonger.

Et toi, quel est ton jeu « feel good », celui dans lequel tu te réfugies pour prendre soin de toi ? Raconte-moi en commentaire — je suis curieuse de ta liste!

L'année dernière, un ami m'a dit qu'il ne savait plus pour qui voter. Qu'il avait peur dans la rue, que cette peur était...
02/07/2026

L'année dernière, un ami m'a dit qu'il ne savait plus pour qui voter. Qu'il avait peur dans la rue, que cette peur était réelle, et qu'un discours lui promettait de le protéger.

Il se sentait coupable d'y être sensible.

Il n'avait pas à l'être — parce que ce qui agissait sur lui, ce n'était pas un manque de lucidité. C'était une mécanique bien huilée...

Le pinkwashing, ce n'est pas juste « récupérer » un drapeau. C'est utiliser des leviers psychologiques précis pour transformer une peur légitime en arme contre d'autres communautés minoritaires.

La peur d'abord — parce qu'elle court-circuite la réflexion.

La dissonance cognitive ensuite — parce qu'un cerveau confronté à une contradiction insupportable préfère réviser sa lecture du danger plutôt que son vote.

Et le retournement de l'intersectionnalité enfin — opposer les minorités entre elles, comme si la sécurité des un·es se payait du sacrifice des autres.

Ce mécanisme dépasse les frontières.
Le même levier qui fait voter une partie de l'électorat q***r pour l'extrême droite en France permet à un État de se draper dans un discours gay-friendly pour détourner le regard d'un g*nocide.

La chercheuse Jasbir Puar a nommé ça l'homonationalisme : quand les droits q***r deviennent un instrument géopolitique au lieu d'être une valeur.

Je ne partage pas ça pour culpabiliser qui que ce soit.

La peur est réelle. Les agressions augmentent.

Mais comprendre le mécanisme qui agit sur nous, c'est exactement ce qui nous permet d'arrêter d'être agi·es par lui.
On ne pense plus contre sa propre peur — on pense avec une grille de lecture.

Ta fierté n'a jamais été une arme contre les personnes musulmanes, racisées, exilées. Elle ne l'est pas. Et toute personne qui te dit le contraire ne défend pas tes droits — elle se sert de toi.

On en parle en détail dans le nouvel épisode d'Équi/libre, le lien en bio si tu veux l'écouter !

Et toi, est-ce que tu as déjà repéré un de ces mécanismes à l'œuvre autour de toi ? Raconte en commentaire — ça aide d'autres personnes à les voir aussi!

***r

Ça fait dix jours que j'ai le cerveau en berne. Je le dis comme ça, sans habillage, parce que c'est exactement ce que ça...
25/06/2026

Ça fait dix jours que j'ai le cerveau en berne.

Je le dis comme ça, sans habillage, parce que c'est exactement ce que ça fait : une machine qui tourne au ralenti, des pensées qui n'accrochent pas, des tâches simples qui prennent des proportions absurdes.

Ce post que tu es en train de lire, je le repousse depuis des jours. J'ai peu publié ce mois-ci. Et chaque jour où je ne le faisais pas, la petite voix ajoutait une couche.

Je suis psychopraticienne et j'ai un TDAH.

Les deux en même temps, pas l'un malgré l'autre. Ce qui veut dire que je connais par cœur les outils, les mécanismes, les explications neurologiques — et que ça ne m'empêche pas, certains soirs de canicule, de me retrouver à pleurer de fatigue en fin de journée. À faire la liste de tout ce que j'aurais voulu faire et que je n'ai pas pu. Pas « pas eu envie ». Pas pu.

Et à sentir la culpabilité venir se poser pile sur la difficulté, comme pour s'assurer qu'elle pèse deux fois.

Je te raconte ça parce que je sais que beaucoup d'entre vous vivez exactement la même chose en ce moment, en silence, en vous croyant seul·es et défaillant·es. La chaleur écrase un système nerveux qui compense déjà toute l'année. Et au lieu d'avoir droit au repos, on apprend à se demander si on exagère.

Alors voilà ce que je voudrais te dire, à toi qui repousses peut-être un truc depuis des jours toi aussi : ton incapacité n'est pas un défaut de caractère. C'est un corps réel, dans un monde qui n'a rien prévu pour lui, qui te demande de ralentir. Le meltdown du soir n'est pas une preuve que tu es faible. C'est le signal d'un seuil dépassé.

Si tu te reconnais, écris-moi un mot en commentaire — même juste « moi aussi ». Parfois ça suffit à ne plus se sentir seul·e dans le brouillard ❤️

Et dis-moi : c'est quoi, la chose que tu repousses en ce moment sans réussir à t'en vouloir un peu moins ?

« Arrête, tu exagères. » Tu as sûrement entendu cette phrase, enfant. Moi aussi.Sur le moment, ça paraît anodin — une pa...
18/06/2026

« Arrête, tu exagères. » Tu as sûrement entendu cette phrase, enfant. Moi aussi.
Sur le moment, ça paraît anodin — une parole d’adulte fatigué, pressé, débordé. Mais répétée, elle apprend quelque chose à l’enfant : que ce qu’il ressent et ce qu’il dit comptent moins que ce qu’en pense l’adulte en face. C’est ça, l’adultisme. Pas une méchanceté, pas une intention : un pli, tellement banal qu’on ne le voit même plus.
Le problème, c’est que ce pli ne reste pas dans nos cuisines. Il se prolonge partout. Quand un·e enfant finit par dire quelque chose de grave, sa parole arrive déjà décotée — au commissariat, au parquet, dans le bureau d’un·e expert·e. On cherche d’abord ce qui permettrait de douter, avant de chercher comment protéger. L’enfant part avec un handicap de crédit, avant même d’avoir ouvert la bouche.
Et une théorie a donné à ce réflexe ses lettres de noblesse. Là où la cuisine disait « tu inventes », la psychanalyse a appris à dire « c’est un fantasme » — le même doute, mais habillé en science. C’est tout le fil de l’épisode de cette semaine : comment un préjugé ordinaire est devenu un savoir diplômé, jusque dans les tribunaux.
Et ce que ça coûte est immense. À force d’entendre « tu te fais des idées », un·e enfant finit par douter de sa propre perception avant même qu’on l’ait contredit·e. Il apprend à se taire tout seul. C’est souvent ça, le chantier le plus long en thérapie : réapprendre à se faire confiance, à tenir pour vrai ce qu’on ressent.
La bonne nouvelle, c’est que défaire ça ne demande pas d’être expert·e. Ça se joue dans la seconde où un·e enfant te confie quelque chose d’inconfortable. La CIIVISE l’a résumé en une phrase que je voudrais te laisser : ne pas commencer par douter. Croire d’abord — comme point de départ, comme protection, le temps que ce qui doit être vérifié le soit. La naïveté n’a rien à voir là-dedans.
Dis-moi, en commentaire : quelle phrase d’adulte est-ce que tu as le plus entendue, enfant, quand tu essayais de dire quelque chose de difficile ? Et est-ce qu’aujourd’hui, tu te surprends parfois à la répéter ? Mon dernierépisode de podcastcreuse tout ça — lien en bio!

Il y a une phrase que j’entends souvent, en consultation : « de toute façon, personne ne m’a crue. »Et souvent, la perso...
15/06/2026

Il y a une phrase que j’entends souvent, en consultation : « de toute façon, personne ne m’a crue. »

Et souvent, la personne ne me parle même pas d’un tribunal. Elle me parle d’un cabinet, d’un commissariat, d’un dîner de famille. D’un moment où elle a dit quelque chose de grave — et où on a cherché, autour d’elle, toutes les raisons de ne pas la croire.

On explique d’habitude cette difficulté par le manque de moyens de la justice. C’est réel : les parquets sont débordés, les délais sont vertigineux. Mais à force de tout ramener aux moyens, on oublie une chose.

Croire un·e enfant tient aussi à un regard. Et ce regard, il a une histoire.

Depuis plus d’un siècle, une théorie a appris à toute une culture à entendre, derrière la parole d’un·e enfant, un « fantasme » plutôt qu’un fait. Cette théorie, la psychanalyse, on continue de l’enseigner en France bien plus qu’ailleurs — et on la retrouve jusque dans des expertises qui décident de la vie d’enfants.

Et ce qui se joue là est crucial.
Quand un·e enfant n’est pas cru·e, une deuxième blessure se superpose à la première : celle d’avoir parlé pour rien, et qui apprend, pour longtemps, à se taire. Beaucoup des personnes que je reçois réparent autant les violences subies que le silence qu’on leur a imposé après — ce moment précis où elles ont tendu une parole, et où on l’a laissée tomber.

Dans le nouvel épisode, je remonte ce fil lentement : de Freud aux salles d’audience, en passant par les amphis de fac. Pas pour faire le procès d’une discipline pour le plaisir, mais parce que comprendre une mécanique, c’est déjà commencer à ne plus la laisser faire.

Et s’il faut retenir une chose : face à un·e enfant qui parle, le premier geste pourrait être tout simple.

Le croire. Le temps, au moins, de le protéger.

Je remercie pour cet épisode toutes les femmes et les enfant.e.s qui ont témoigné et n'ont rien lâché, et qui m’ont poussé à chercher. Et aussi à celles et ceux qui n’ont pas eu l'espace pour parler.Sachez que on vous croit.

L’épisode complet est en ligne, le lien est en bio.

Pendant longtemps, le décalage social neuroatipique et le « hors-norme » q***r ont été traités comme deux problèmes sépa...
11/06/2026

Pendant longtemps, le décalage social neuroatipique et le « hors-norme » q***r ont été traités comme deux problèmes séparés, chacun avec sa case et son protocole.

Les personnes concernées, elles, savaient depuis longtemps que les deux cohabitent souvent dans le même corps.

La recherche a fini par le chiffrer.

Les personnes neuroatypiques s'identifient nettement plus souvent comme LGBTQIA+ — et la relation fonctionne dans les deux sens.

Deux familles d'explication circulent.
La piste biologique, à manier avec précaution, parce que traquer une origine revient parfois à exiger un justificatif pour exister.
Et la piste sociale, qui m'intéresse davantage cliniquement : un cerveau qui ne tient pas la norme implicite pour une évidence a moins de pression à s'y plier.

La neurodivergence ne crée pas la q***rness — elle relâche l'emprise du moule.

Ce que je retiens en tant que praticienne, c'est que le « déficit » et la « déviance » ont longtemps désigné la même réalité sous deux étiquettes différentes.

Et que le prix à payer pour ce débordement reste très concret — barrières de soin, besoins ignorés, refus de prise en charge. Le stress minoritaire, c'est une charge physiologique, pas une métaphore.

Reste un angle mort énorme : on ne compte que celles et ceux qui ont déjà eu accès au diagnostic et aux mots pour se nommer. Le croisement réel dépasse largement nos statistiques...

Est-ce que ça te parle?

La première fois que j'ai cherché des personnages qui me ressemblaient dans les séries que je regardais, j'ai appris que...
04/06/2026

La première fois que j'ai cherché des personnages qui me ressemblaient dans les séries que je regardais, j'ai appris quelque chose sans que personne ne me le dise explicitement.

Elles finissaient toutes par disparaître.

Mortes, rendues folles, ou reconverties à une normalité qui les effaçait.

Le message était silencieux, répété, cohérent : des gens comme toi ont le droit d'exister dans la fiction, mais pas d'y rester.

Ce que ça construit dans une psyché, ça a un nom clinique.

L'homonégativité intériorisée, c'est le processus par lequel on absorbe les représentations négatives de son propre groupe et on commence à les retourner contre soi. Pas consciemment. Par accumulation. Image après image, saison après saison.

Je le vois en cabinet. Des femmes qui arrivent avec le sentiment que leur amour est structurellement moins solide, moins réel, moins viable — sans jamais avoir pensé à relier ça à ce qu'elles ont regardé pendant vingt ans.

Ce carrousel prolonge le dernier épisode d'Équi/Libre sur Portrait de la jeune fille en feu — et sur ce que Sciamma refuse, en laissant Héloïse vivante, la mémoire intacte.

Le podcast est disponible sur toutes les plateformes — le lien est dans la bio!

Et toi — quel personnage t'a donné l'impression que l'amour q***r ne devait pas forcément finir en tragédie ? Qui t'a amené de la joie q***r ? Dis-moi en commentaire!

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