15/08/2026
En ce 15 août, nous fêtons l’Assomption de Marie et un élément reste souvent méconnu du grand public : cette célébration ne vient pas d’un récit des évangiles du Nouveau Testament.
En effet, aucun texte biblique ne raconte la mort de Marie, ni son élévation au ciel.
La tradition de l’Assomption s’est développée plusieurs siècles après la vie de Marie, notamment à partir de récits chrétiens anciens aujourd’hui appelés récits apocryphes de la Dormition de Marie ou Transitus Mariae (« passage de Marie »).
Ce dernier récit affirme que les apôtres se sont tous réunis autour du lit de mort de Marie.
Marie s’est alors endormie dans la mort (c’est la dormition) et Jésus et les anges sont descendus du ciel pour emporter son âme.
Puis les apôtres ont déposé le corps de Marie dans un tombeau.
Au bout de trois jours, Jésus est apparu sur le lieu de son inhumation et a réuni son corps et son âme au ciel.
C’est un point historique particulièrement intéressant : les textes apocryphes sont souvent présentés comme des écrits « rejetés » ou sans importance parce qu’ils n’ont pas été retenus dans la Bible.
Pourtant, certains d’entre eux ont eu une influence considérable sur la foi chrétienne et le cas de l’Assomption de Marie en est l’exemple le plus frappant.
La fête de la Dormition apparaît d’abord en Orient chrétien. Elle se développe progressivement dans les premiers siècles du christianisme tardif et devient une fête importante dans l’Empire byzantin.. La fête se diffuse ensuite en Occident, où elle prendra progressivement le nom d’Assomption.
À partir du Moyen Âge, le thème de l’Assomption s’impose dans l’art chrétien. Les œuvres représentent fréquemment Marie élevée au ciel par des anges, sous le regard émerveillé ou recueilli des apôtres. Ce sujet connaît ensuite un immense succès durant la Renaissance, puis à l’époque baroque, où il inspire de nombreux retables, fresques et tableaux monumentaux.
Avec la multiplication des récits d’apparitions mariales au XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'Église a estimé qu'elle devait aborder officiellement la question de l'Assomption de Marie.
Un grand nombre de catholiques avaient écrit au Vatican à ce sujet. C’est ainsi que le Saint-Siège avait reçu plus de 2 500 demandes d'évêques et de supérieurs des ordres religieux. Huit millions de lettres de paroissiens sont également arrivées, exprimant la croyance dans l'Assomption de Marie.
En 1946, Pie XII a promulgué la lettre encyclique Deiparae Virginis Mariae pour connaître l'opinion des évêques, du clergé et des fidèles concernant ce dogme.
Dans les réponses, la majorité des évêques s'accordaient à dire que l'Assomption s'était réellement produite, tandis que d'autres n'y croyaient pas.
En 1950, Rome a accueilli le huitième congrès marial international. Le lendemain de sa clôture, le 1er novembre, jour de la Toussaint, Pie XII a proclamé sur la place Saint-Pierre, devant quatre cardinaux, 500 évêques et un million de fidèles, que « Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et âme à la gloire céleste ». C’est ainsi qu’est né officiellement le dogme de l’Assomption au sein de l’Église catholique romaine.
Pour notre plus grande joie et plus grand bonheur, le 15 août est toujours une journée spéciale à nos cœurs. Marie vient s’y loger, et avec elle cet amour qui ne s’éteint jamais
L’Assomption est plus qu’une croyance, un dogme ou une tradition. Elle est un chant d’amour et d’espérance, la promesse que la beauté, la bonté et la fidélité offertes au monde ne disparaîtront jamais.