03/06/2026
Cette phrase, je l’entends souvent autour des personnes touchées par un cancer. Et je comprends l’intention derrière. Souvent, elle vient d’un désir sincère d’encourager, de rassurer, de donner de la force. Mais parfois, elle peut faire plus de mal qu’on ne l’imagine.
Il y a quelque temps, une femme m’a dit en séance : “J’ai l’impression de devoir rassurer tout le monde sur ma façon de vivre la maladie.” Elle pleurait en me disant ça. Parce qu’au fond, elle était terrorisée, fatiguée, en colère parfois. Et surtout profondément humaine.
Elle entendait sans cesse :
🔸 “Il faut garder le moral.”
🔸 “Le mental joue beaucoup.”
🔸 “Tu es forte, tu vas y arriver.”
Elle avait commencé à se demander si elle faisait “mal” son cancer.
Si sa peur était un problème.
Si sa tristesse était un manque de courage.
Si sa colère était une faiblesse.
Si son épuisement voulait dire qu’elle ne se battait pas assez.
👉🏻 C’est pour ça que cette phrase me dérange profondément. Parce qu’elle peut enfermer la personne malade dans une forme de performance émotionnelle. Comme s’il existait une bonne façon de traverser un cancer. Comme s’il fallait être lumineuse, combative, inspirante, positive.
Mais avoir peur face à la maladie, ce n’est pas échouer.
Pleurer, ce n’est pas abandonner.
Être en colère, ce n’est pas être ingrate.
Être épuisé(e), ce n’est pas manquer de volonté.
C’est une réaction humaine face à un bouleversement physique, psychique, émotionnel, familial et intime.
Avoir peur face à la maladie, ce n’est pas échouer.
Pleurer, ce n’est pas abandonner.
Être en colère, ce n’est pas être ingrate.
Être épuisé(e), ce n’est pas manquer de volonté.
C’est une réaction humaine face à un bouleversement physique, psychique, émotionnel, familial et intime.
Alors non, on n’aide pas toujours quelqu’un en lui demandant d’être positif à tout prix.
On l’aide parfois davantage en lui permettant d’être vrai. En lui laissant dire :
“J’ai peur.”
“Je n’en peux plus.”
“Je suis fatigué(e) d’être fort(e).”
“J’ai besoin qu’on m’écoute sans me corriger.”
💬 Et vous, avez-vous déjà entendu cette phrase pendant la maladie ou l’après-cancer ? Comment l’avez-vous vécue ?