Kelig Le Doré Psychanalyste Holistique

Kelig Le Doré Psychanalyste Holistique Je vous propose sur cette page articles et ressources divers comme autant de petits cailloux, de rep

Formée en 1999 pendant 3 ans à la Psychanalyse Active et de courte durée (c'est-à-dire en forme de dialogue, et en face à face plutôt que la méthode classique allongée) à Paris, j'ai ouvert mon cabinet à Saint Brieuc en 2002. Au fil des années d'expérience et d'autres formations et lectures mises en œuvre, j'ai pu constater que ma pratique s'élargissait et s'enrichissait et donnait naissance à une

forme plus globale et toujours très profonde d'introspection. C'est pourquoi désormais j'appelle holistique ma pratique de la psychanalyse. J'aborde et je creuse en effet avec ceux qui viennent me voir, toutes les dimensions de l'être humain, à savoir l'aspect physiologique physique et matériel, l'aspect émotionnel et relationnel, l'aspect mental et intellectuel ainsi que l'aspect énergétique et spirituel. Et au fur et à mesure du chemin parcouru je vous propose des outils adaptés à vos problématiques qui vous permettent progressivement d'acquérir une autonomie sur tous les plans, et une connaissance et une estime de soi amplifiée et renforcée...

08/09/2026
L’INCESTUEL"Dans son livre L’Inceste et l’Incestuel, publié en 1995, Paul-Claude Racamier développe une thèse aussi féco...
07/09/2026

L’INCESTUEL

"Dans son livre L’Inceste et l’Incestuel, publié en 1995, Paul-Claude Racamier développe une thèse aussi féconde que dérangeante : il peut exister de l’incestueux sans qu’un inceste sexuel ait été effectivement commis. Il distingue ainsi l’inceste, qui désigne un acte sexuel entre proches parents, de l’incestuel, qui correspond à une organisation psychique et familiale marquée par l’emprise, la séduction narcissique, la confusion des places et l’effacement des limites entre les personnes et les générations. L’incestuel peut accompagner un inceste réel, le préparer, le dissimuler ou lui survivre, mais il peut également se développer en l’absence de tout passage à l’acte sexuel identifiable.

Dans une relation incestuelle, un parent peut investir son enfant comme son confident privilégié, son soutien affectif, son allié contre l’autre parent, son prolongement narcissique ou même comme une sorte de conjoint psychique. Aucun geste ouvertement sexuel n’est nécessaire pour que la relation devienne profondément intrusive. L’enfant occupe une place qui ne devrait pas être la sienne et dont il ne peut se dégager sans éprouver une forte culpabilité. L’incestuel concerne donc moins la sexualité génitale que la possession psychique de l’autre. Son message implicite pourrait se formuler ainsi : « Tu es à moi et tu ne dois pas m’échapper. »

Pour comprendre ce mécanisme, Racamier accorde une grande importance à la séduction narcissique. Au commencement de la vie, une certaine unité psychique entre la mère et son bébé est nécessaire. Le nourrisson ne se perçoit pas encore comme un sujet séparé et dépend de l’enveloppement psychique de sa mère pour acquérir un sentiment de continuité et de sécurité. Cette union première doit cependant se dénouer progressivement. L’enfant doit pouvoir éprouver qu’il est issu de sa mère sans être une partie d’elle. Dans les organisations incestuelles, cette séparation n’est pas réellement acceptée. Le parent cherche à conserver l’enfant dans une dépendance narcissique et lui fait sentir qu’il ne peut exister, penser, aimer ou réussir indépendamment de lui.

La famille incestuelle tend ainsi à effacer les frontières qui devraient distinguer les adultes des enfants, les parents de leurs descendants, le couple conjugal de la filiation et l’intimité personnelle de l’espace familial. L’enfant peut être « parentifié » : il devient celui qui console, protège, conseille ou rassure son père ou sa mère. Inversement, le parent peut envahir sa vie privée, exiger de tout savoir, imposer ses confidences ou considérer toute relation extérieure comme une trahison. Cette proximité excessive peut prendre l’apparence du dévouement, de l’amour ou de la solidarité familiale. Mais elle comporte une condition tacite : l’enfant ne doit pas se différencier. L’incestuel apparaît alors comme une intimité sans véritable reconnaissance de l’altérité.

Racamier relie cette organisation au refus du conflit œdipien. Reconnaître l’Œdipe ne signifie pas seulement admettre l’existence de désirs interdits. Cela signifie accepter que l’on ne peut être tout pour l’autre, que les générations et les places sont différentes et que le désir doit rencontrer une limite. Dans l’incestuel, cette triangulation est évitée. Deux personnes forment une alliance fermée qui tend à exclure ou à disqualifier le tiers, qu’il s’agisse de l’autre parent, d’un frère, d’une sœur, d’un conjoint, d’un ami ou même d’un thérapeute. Toute personne susceptible d’aider l’enfant à devenir autonome est ressentie comme une menace.

L’incestuel traduit également un refus du deuil. Se séparer suppose de renoncer à posséder l’autre. Le parent doit accepter que son enfant grandisse, lui échappe et construise ailleurs sa vie affective et sociale. Or la famille incestuelle supporte difficilement cette perte. L’émancipation de l’enfant est vécue comme un abandon, une ingratitude ou une attaque. L’incestuel manifeste ainsi une difficulté profonde à reconnaître la séparation, la perte, la différence, la finitude et l’existence autonome d’autrui.

Ces familles sont souvent organisées autour d’un secret. Il peut s’agir d’un inceste réel, d’une filiation dissimulée, d’un adultère, d’une violence, d’une maladie psychique, d’un su***de ou de tout autre événement honteux de l’histoire familiale. La particularité du secret incestuel est que chacun en perçoit quelque chose, mais que personne ne doit le nommer. Il ne s’agit donc pas simplement d’un fait ignoré. C’est une réalité que l’on connaît sans pouvoir reconnaître qu’on la connaît. L’enfant doit simultanément percevoir quelque chose et nier sa perception. Il finit par ne plus faire confiance à ce qu’il ressent : il voit une réalité, mais on lui assure qu’elle n’existe pas. Le silence devient alors non pas une simple absence de parole, mais un instrument de domination et une attaque contre la faculté de penser.

Racamier décrit aussi des comportements qui, sans constituer des actes sexuels proprement dits, possèdent une valeur incestuelle. Il peut s’agir de confidences sexuelles adressées à l’enfant, d’une nudité imposée, du non-respect de son intimité corporelle, d’une intrusion continuelle dans sa vie affective, de la jalousie envers ses partenaires, de contacts physiques ambigus ou encore de cadeaux créant une dette impossible à rembourser. Un parent peut également idéaliser son enfant tant que celui-ci reste proche, puis le dévaloriser lorsqu’il cherche à devenir autonome. Toutefois, l’incestuel ne peut pas être déduit d’un comportement isolé. Il se reconnaît dans un ensemble durable : accumulation d’intrusions, confusion des places, climat d’emprise et impossibilité de poser une limite sans être culpabilisé.

Dans une telle organisation, l’autre n’est pas pleinement reconnu comme un sujet distinct. Racamier le décrit comme un « objet-non-objet » : il est indispensable, mais il n’est pas véritablement aimé dans sa différence. Il sert à maintenir l’équilibre narcissique du parent ou de la famille. L’enfant n’obtient donc pas pleinement le droit d’avoir ses propres pensées, ses propres désirs, ses secrets, ses relations et son avenir. Il doit rester disponible pour remplir une fonction. L’incestuel apparaît ainsi comme une forme de désubjectivation : l’enfant est reconnu tant qu’il demeure une partie de l’univers parental, mais il cesse de l’être lorsqu’il cherche à devenir lui-même.

Racamier utilise également l’image de l’« engrènement ». Les psychismes familiaux sont pris les uns dans les autres comme les roues d’un mécanisme. Ce que l’un pense, désire ou décide provoque immédiatement une réaction chez l’autre. Les personnes paraissent autonomes, mais elles sont en réalité prises dans une interdépendance rigide. Toute tentative de séparation menace l’équilibre du système. La culpabilité joue alors un rôle déterminant. Des paroles comme « Après tout ce que j’ai fait pour toi », « Tu vas me laisser seul » ou « Depuis que tu fréquentes cette personne, tu as changé » manifestent cette emprise. La dette affective remplace l’interdit explicite. L’enfant reste captif non parce qu’on l’enferme physiquement, mais parce qu’il se sent responsable de la survie psychique du parent.

L’enfant pris dans une organisation incestuelle peut éprouver des difficultés à savoir ce qu’il désire réellement, une culpabilité intense lorsqu’il prend ses distances, la crainte de trahir sa famille, une confusion entre l’amour et l’emprise ou encore une incapacité à protéger son intimité. Il peut répéter à l’âge adulte des relations fusionnelles et éprouver de grandes difficultés à dire non. Il peut aussi ressentir une honte diffuse ou un sentiment de souillure sans pouvoir les rattacher à un événement précis. Son expérience est souvent paradoxale : il a le sentiment d’avoir été excessivement aimé, tout en comprenant qu’il n’a jamais été véritablement reconnu comme une personne distincte.

L’une des intuitions les plus importantes de Racamier est que l’incestuel ne se présente pas nécessairement sous un aspect immédiatement monstrueux. Il peut prendre la forme d’une famille apparemment très unie, généreuse et admirable. Ses membres se racontent tout, s’entraident constamment et se disent exceptionnellement proches. Cette solidarité devient cependant pathologique lorsqu’elle interdit le désaccord, la distance, le secret personnel, le choix d’un partenaire ou la construction d’une existence indépendante. La notion d’incestuel permet ainsi de comprendre ce qui, vu de l’extérieur, semble affectueux, mais qui est vécu de l’intérieur comme une proximité étouffante.

Cette organisation peut se transmettre d’une génération à l’autre. Ce qui se transmet n’est pas nécessairement un acte incestueux, mais une manière de nouer les relations : la peur de la séparation, la confusion des rôles, les secrets, les dettes affectives, les loyautés invisibles et l’interdiction de penser certains événements. Une famille peut ainsi continuer à fonctionner autour d’un inceste ancien, même si les générations suivantes ignorent ce qui s’est exactement produit. Les personnes qui n’ont jamais acquis de limites psychiques suffisamment solides risquent à leur tour de reproduire avec leurs enfants les relations qu’elles ont connues.

Sortir de l’incestuel suppose donc de restaurer les différences, les places et les limites. Le travail thérapeutique doit permettre au sujet de reconnaître que son corps et ses pensées lui appartiennent, qu’il n’est pas chargé de combler les besoins affectifs de son parent, qu’il a le droit de préserver une intimité et qu’il peut aimer quelqu’un sans fusionner avec lui. Il doit également découvrir que se séparer ne signifie pas nécessairement abandonner ou détruire l’autre. Cette sortie comporte un travail de deuil : il faut renoncer à l’idéal d’une famille parfaitement unie, reconnaître le prix payé pour cette proximité et accepter qu’une relation véritable suppose toujours une certaine distance.

L’apport majeur de Racamier est donc d’avoir donné un nom à une violence difficilement saisissable, parce qu’elle ne repose pas toujours sur des actes sexuels observables ou démontrables. Il montre que l’interdit de l’inceste ne protège pas seulement les corps : il institue la différence des générations, la séparation entre les sujets et la possibilité même du désir. La notion doit cependant être utilisée avec prudence. Toute famille proche, toute confidence parentale ou toute relation affective intense n’est pas nécessairement incestuelle. La proximité devient incestuelle lorsqu’elle se transforme durablement en emprise, brouille les places et empêche l’autre de devenir lui-même.

On pourrait finalement résumer la pensée de Racamier par cette formule : l’inceste transgresse corporellement la limite familiale, tandis que l’incestuel l’abolit psychiquement. Son livre ne traite donc pas seulement de sexualité interdite. Il décrit une pathologie de l’intimité dans laquelle l’autre est maintenu à l’intérieur de soi, privé de son altérité et empêché de se séparer. L’incestuel n’est pas nécessairement une absence d’amour ; il est plutôt une forme d’amour captateur qui refuse que l’être aimé s’appartienne à lui-même."

Michel Leconte..

"Elle décida de savourer la vie un moment après l’autre..."
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03/09/2026

"L’acceptation est une première étape fondamentale du processus de pardon.

Lorsque nous acceptons une situation donnée, nous libérons l’énergie que nous avions préalablement utilisée pour nier, refouler ou faire des projections.

L’acceptation de la vérité permet à nos sentiments douloureux de remonter pour être guéris et libérés. Finalement, lorsque nous nous aimons et que nous nous acceptons inconditionnellement nous-mêmes — exactement tels que nous sommes — nous sommes libres d’Être, tout simplement.

Donc, ce n’est pas simplement accepter qui confère la liberté : c’est accepter la vérité de "ce qui est", et la vérité de ce que nous ressentons".

Extrait du livre "Par Don d'Amour" du
Dr Leonard Laskow
Editions Jouvence.

Je ne m’en lasse pas 😊
31/08/2026

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