17/02/2025
POUR CERTAINES OBSÈQUES, il y a juste à faire que tout se passe, il y a du monde, ce n’est pas rien. Pour d’autres, le jour des obsèques il n’y a personne et tout est à faire car le défunt n’est pas personne. Cette femme, confiée par son fils à nos bons soins était habituée à la solitude, elle avait fait le vide autour. Personne ne sera là le jour de ses obsèques. Nous, on lui a fait une toilette et, enveloppée dans un épais drap de coton immaculé, on l’a déposée dans son cercueil orné au préalable par un artiste. Ensuite, dans la salle de cérémonie, on a parlé, nous deux, le porteur et moi la croque-mort, c’était une parole qui n’était pas entre le mot et le réel mais entre l’inconscient et le langage, une parole qui ne pouvait pas influencer le réel mais qui prenait du sens et chassait le vide. Il y avait des fleurs et de la musique pour la nourriture de l’âme.
On était là pour cette femme et pour ce garçon de pas trente ans, ailleurs, mais terriblement concerné et en lien à sa défunte mère par un destin de chaos et d’absolu. De l’infini nous fut versé ce jour et la poésie a apporté la solution.
Les ténèbres n’ont pas leur place dans ces moments.
Merci pour toutes ces rencontres et autant de funérailles dans leur diversité pour continuer à parcourir l’humanité, gagner en tolérance et ne jamais juger.
Merci à l'artiste qui se reconnaîtra.
LLB