08/07/2026
🎨 Daltonisme : l’essentiel à connaître pour les soignants
Le mot “daltonisme” est souvent utilisé de façon très large.
Mais en pratique, il faut distinguer plusieurs situations.
👁️ 1. Le daltonisme congénital : fréquent, surtout chez les garçons
Une méta-analyse publiée dans Ophthalmology en 2025, portant sur plus de 1,7 million d’enfants et adolescents, estime la prévalence mondiale du déficit congénital de vision des couleurs à environ 2,6 %, avec une nette prédominance masculine : 4,38 % chez les garçons contre 0,64 % chez les filles.
Le plus fréquent reste le déficit rouge–vert : formes deutan et protan.
Il est classiquement lié à l’X, en rapport avec les gènes des opsines L et M, situés sur le chromosome X.
🔵 2. Le tritan : plus rare, à ne pas oublier
Les déficits bleu–jaune — ou tritan — sont beaucoup plus rares que les déficits rouge–vert. Ils sont liés aux cônes S et peuvent avoir une transmission différente des formes rouge–vert.
⚠️ 3. Tout trouble de la vision des couleurs n’est pas un “simple daltonisme”
C’est probablement le message le plus important.
Une dyschromatopsie acquise doit faire rechercher une cause oculaire, rétinienne, neurologique ou médicamenteuse selon le contexte.
Contrairement aux formes congénitales, souvent bilatérales et stables, les dyschromatopsies acquises peuvent être unilatérales, progressives ou associées à d’autres signes visuels.
À ne pas banaliser :
🔹 apparition récente
🔹 asymétrie entre les deux yeux
🔹 baisse d’acuité visuelle
🔹 photophobie
🔹 altération du champ visuel
🔹 douleurs, céphalées, contexte neurologique
🔹 prise de médicaments potentiellement impliqués
🧬 4. Les syndromes de dysfonction des cônes : autre diagnostic
Une achromatopsie ou un monochromatisme des cônes n’est pas un “daltonisme banal”.
Quand il existe :
☀️ photophobie importante
📉 baisse d’acuité visuelle
👁️ nystagmus
🌈 déficit sévère de perception des couleurs
il faut penser à une atteinte des cônes, avec une démarche diagnostique différente.
👩👦 5. “Conductrice” ne veut pas toujours dire asymptomatique
Dans les formes liées à l’X, une femme hétérozygote peut transmettre le variant. Elle peut parfois être peu symptomatique, mais la notion familiale est importante à rechercher.
🧩 En pratique
Le dépistage repose sur des tests simples de vision des couleurs, comme les planches pseudo-isochromatiques de type Ishihara pour les déficits rouge–vert.
Mais au quotidien, l’adaptation est tout aussi importante :
✅ ne pas coder une information uniquement par rouge/vert
✅ ajouter des labels, symboles ou motifs
✅ renforcer le contraste
✅ penser accessibilité dans les supports scolaires, médicaux et numériques