08/05/2024
LE truc pour obtenir une société malheureuse et malade : lui éviter le stress.
Autrefois,
il fallait parcourir des kilomètres à pied pour atteindre son école, son travail, sa proie, son église.
Aujourd’hui,
nous avons la possibilité de ne plus nous lever d’un fauteuil de la journée, entre le canapé et le siège de voiture, puis entre le siège de voiture et la chaise d’école ou de bureau.
= Résultat ?
Nous voilà tous à nous inscrire à la salle de sport pour aller retrouver artificiellement l’inconfort perdu.
Mettre notre corps en stress, parce qu’il en a besoin.
Autrefois,
l’accès à la nourriture se méritait. Par la chasse, la cueillette, la cuisine.
Aujourd’hui,
le trop d’accès à n’importe quelle nourriture nous tue.
= Résultat ?
Nous voilà tous à nous lancer dans le jeûne et autres régimes pour éprouver notre corps et lui faire retrouver ses forces par le manque, le stress, l’inconfort.
Autrefois,
les voyages étaient naturellement semés d'embûches et d'inconfort. Des semaines ou des mois passés sur des chemins périlleux, dans des conditions éprouvantes, pour atteindre une destination.
Aujourd'hui,
nous parcourons le monde dans le confort de moyens de transport rapides et sûrs.
= Résultat ?
Nous voilà tous à rechercher artificiellement le danger, l'aventure dans des expéditions extrêmes, à escalader des montagnes et à traverser des déserts, cherchant à ressentir à nouveau l'adrénaline que nous subissions pourtant alors.
Plus on brigue le confort, plus on évite le stress, plus on sacrifie l’intensité.
Le sens.
L’excitation.
L’enthousiasme.
La qualité.
Le bien-être.
Plus on demande et obtient de béquilles "anti-stress", plus on s’éloigne d’une existence.
Le confort a éliminé le stress aigu, les coups au cœur liés à l’incertitude.
Mais l’a remplacé par un mal plus sournois et plus délétère : le stress chronique.
—> Celui d’une vie globalement insatisfaisante,
ultra protégée mais sans excitation,
sans défis ;
avec des relations tièdes et des calories vides.
Voilà.