23/08/2026
Il suffit parfois d'un choc, d'un traumatisme ou d'un stress intense pour basculer dans tous ces symptômes : dépression, angoisse, burn-out, troubles du sommeil, idées noires... Non, ce ne sont pas des mythes. La dépression, le stress, l'angoisse, le burn-out, la schizophrénie sont des réalités cliniques, reconnues, documentées., chiffrés, imagés.
La vraie ignorance, ce n'est pas de souffrir psychologiquement. La vraie ignorance, c'est de minimiser cette souffrance et de la réduire à une « faiblesse de foi ».
Dans mon cabinet, je reçois régulièrement des personnes en dépression, en angoisse, en épuisement — écrasées sous le poids d'une culpabilité religieuse qu'on leur a inculquée. Certaines me disent : « À quoi bon vivre si je n'arrive plus à prier ? » Elles ont intégré, malgré elles, l'idée que leur foi se résume à des rituels quotidiens à accomplir sans faille, sous peine d'être jugées indignes.
Ce ne sont pas les textes qui détruisent des générations entières : ce sont certaines interprétations rigides, humaines, présentées comme des vérités absolues. De cette confusion naissent la culpabilité, la honte, le sentiment d'échec et la peur d'être abandonné par Dieu. Beaucoup de mes patients se sentent seuls, indignes, « voués à l'enfer » — non pas à cause de leur foi, mais à cause du discours qu'on leur a imposé en son nom.
Ces discours-là ne connaissent rien à la souffrance psychologique. Il faudrait qu'ils viennent, ne serait-ce qu'une fois, s'asseoir dans mon cabinet et voir la détresse extrême, parfois les idées suicidaires, que ces jugements peuvent provoquer.
Les êtres humains ont besoin de confiance : confiance en Dieu, mais aussi confiance en eux-mêmes. Ils ont besoin d'être écoutés, compris, accompagnés — sans être jugés. Trop souvent, même leur famille ne les comprend pas. Et eux-mêmes ne comprennent plus pourquoi ils souffrent autant, tout en se répétant que « la souffrance vient de Dieu » — alors qu'elle vient, en réalité, d'une lecture humaine et déformée de la religion. Comme si remettre en question une croyance était en soi dangereux, voire « haram ».
Comprendre, écouter, accompagner : c'est aussi une forme de foi