18/05/2026
EST-CE QUE TU AS CONSCIENCE DES HISTOIRES QUE TU TE RACONTES ?
Et avant de répondre :
“Moi je m’en raconte pas.”
… c’est déjà une histoire.
Tout le monde s’en raconte.
Sur sa vie. Sur son passé. Sur qui il est. Sur ce qu’il mérite. Sur pourquoi il agit comme il agit.
C’est profondément humain.
On n’est pas des machines.
Notre psychisme a besoin de mettre du récit sur ce qu’on traverse pour donner du sens, tenir debout, avancer.
Même nos souvenirs sont des histoires.
Avec nos filtres, nos blessures, ce qu’on a choisi de garder… et surtout la charge émotionnelle qu’on y associe.
Deux personnes peuvent vivre exactement le même événement.
Elles n’en garderont jamais la même version.
Parce qu’au fond, on ne retient pas seulement ce qui s’est passé.
On retient surtout ce que ça nous a fait.
Et est-ce que c’est grave de se raconter des histoires ?
Pas forcément.
Boris Cyrulnik a beaucoup parlé de ça :
la capacité à se construire un récit autour de ce qu’on a traversé fait partie des moteurs de la résilience.
Se raconter son histoire, c’est parfois ce qui permet de redevenir acteur de sa vie au lieu de simplement la subir.
Parfois même, le récit qu’on s’est construit nous a littéralement permis de survivre.
L’ego, c’est pareil.
On le diabolise souvent.
Mais quand quelqu’un dépasse tes limites ou te manque de respect, c’est aussi lui qui te permet de dire stop.
Tout dans notre système a une fonction.
Rien n’est là par hasard.
Le problème, ce n’est pas qu’on se raconte des histoires.
Le problème, c’est quand on ne sait plus distinguer celles qui nous soutiennent… de celles qui nous enferment.
Quand :
“Je reste parce que c’est plus raisonnable”
cache en réalité
“J’ai peur de partir.”
Quand :
“Ça va, je gère.”
empêche de voir qu’on est épuisé depuis des mois.
Quand :
“C’est pas si grave.”
vient étouffer quelque chose qui hurle à l’intérieur.
Ce sont des mécanismes de protection.
Ton psychisme les a créés pour t’aider à traverser quelque chose de trop douloureux à un moment donné.
Et oui… parfois, ça t’a réellement sauvé.
Mais Cyrulnik le dit aussi :
le déni protège… mais il empêche la résilience.
Autrement dit :
l’histoire qui t’a aidé à tenir peut devenir celle qui t’empêche d’avancer.
Et c’est là que tout se joue.
Parce que tout a un bénéfice secondaire.
Même ce qui te fait souffrir te sert souvent encore à quelque chose.
Sinon, tu l’aurais déjà lâché.
Ce n’est pas un jugement.
C’est un mécanisme humain.
L’important, ce n’est pas de tout casser.
C’est de mettre de la lumière dessus.
Voir quelles histoires te servent encore.
Et lesquelles sont devenues une cage.
Comprendre ce qu’elles protègent.
Reconnaître honnêtement ce qu’elles te coûtent.
Puis transformer ce qui t’enferme en quelque chose qui te ressource.
Et parfois, même quand on accompagne les autres, on découvre encore les nôtres.
Parce qu’on reste humains.
Avec nos angles morts.
Nos protections.
Nos contradictions.
Nos propres récits intérieurs.
Et parfois, faire ce travail seul est compliqué.
Parce que ce sont justement ces mêmes histoires qui empêchent de les voir.
C’est comme essayer de lire l’étiquette… depuis l’intérieur du bocal.
C’est aussi pour ça que l’accompagnement existe.
Pas pour te dire quoi penser.
Mais pour t’aider à voir ce que tu ne peux pas voir seul. 🌿