25/08/2026
10 MILLIONS D’ÉLÈVES INTERROGÉS SUR LES VIOLENCES SEXUELLES.
Enfin.
Mais en tant que sexologue spécialisée notamment en victimologie, une question me paraît essentielle :
Construisons-nous un outil de détection… ou un véritable dispositif de recueil de la parole ?
Interroger et repérer, oui.
Mais un questionnaire de victimation n’est pas un entretien de dévoilement.
La littérature scientifique le montre depuis longtemps : révéler des violences sexuelles est souvent un processus progressif, partiel et retardé.
Entre la question posée et la réponse « oui », il peut y avoir la honte, la culpabilité, la peur, la sidération, la loyauté envers l’auteur ou encore la peur de ne pas être cru.
Et surtout cette question :
« Qu’est-ce qui va se passer si je réponds oui ? »
C’est précisément là que notre responsabilité commence.
Parce que détecter n’est pas protéger.
Faire parler n’est pas recueillir la parole.
Si nous créons une possibilité de dévoilement, nous devons être prêts à accueillir ce qui peut émerger.
Derrière chaque « oui », il faut donc pouvoir trouver :
🔒 de la confidentialité,
👤 un adulte formé et disponible,
🤝 un véritable espace de recueil de la parole,
🛡️ un protocole de protection,
❤️ et un accompagnement après la révélation.
Sinon, nous risquons de réussir à mesurer le silence sans réellement protéger celles et ceux qui viennent de le rompre.
Alors oui au questionnaire.
Mais pas comme alibi institutionnel.
S**oterrien·nes, j’aimerais avoir votre avis :
poser la question suffit-il si l’on n’est pas totalement préparé à recevoir la réponse ?
N’attendez plus, faites ce qui fonctionne.
— Anaïs Zaehringer
S**O TERRE HAPPY 🌈
Références : London et al. (2005) ; McElvaney (2015) ; Alaggia, Collin-Vézina & Lateef (2019) ; Tourangeau & Yan (2007) ; Finkelhor et al. (2005).
S**oterrehappy