25/03/2026
Cette semaine, une élève s’est crashée sur son tapis au lieu d’attendre le début du cours dans l’assise habituelle, et comme je m’en suis amusée, se sentant un peu coupable, elle s’est “sentie obligée de justifier” son état de fatigue… D’autres encore, veulent pratiquer avec le ventre douloureux des menstruations, ou en ignorant une douleur, pour performer au yoga comme au boulot !
Comme si venir pratiquer ne suffisait pas: il faudrait toujours être au top ! Mais à quel moment a-t-on décidé qu’il fallait ignorer les limites imposées par le corps et le système nerveux?
Une limite n’est pas une faiblesse, c’est une information, c’est un repère.
La limite n’est pas un mur, c’est un cadre de travail.
Dans ma pratique du yoga, j’apprends à discerner et à voir clair. Pas à “faire plus”, mais à faire plus juste.
Pratiquer à mon optimum, et non pas à mon maximum, ça veut dire : écouter le souffle, sentir la résistance, et accepter que la forme du jour soit différente de celle d’hier.
Et c’est exactement ce que j’aime dans le yoga Iyengar : on ne “pousse” pas un corps dans une forme.
On construit un chemin sur mesure, avec des supports et des ajustements.
Une sangle peut remplacer une injonction à être plus souple.
Une brique peut remplacer la comparaison.
Une chaise peut permettre de respirer, d’observer, de comprendre — sans se faire violence.
Et moi, en tant qu’enseignante, je peux accompagner ça : regarder, proposer un support, ajuster un détail, et aider l’élève à retrouver un peu d’espace.
Pas pour “réussir” une posture. Pour pratiquer avec plus de justesse.
Et c’est aussi l’esprit de ma retraite dans les Alpes de Haute-Provence du 9 au 15 août : un cadre simple, du temps, et un accompagnement très concret pour que chacun·e puisse pratiquer à partir de là où il en est. Toutes informations en suivant ce lien: https://superstudio.yoga/stage/stage-retraite-de-yoga-iyengar-aout-2026/