22/07/2026
Faute inexcusable : la Cour de cassation inverse la charge de la preuve
La deuxième chambre civile vient d'opérer un revirement qui va changer la donne dans les dossiers de maladie professionnelle.
Jusqu'à présent (arrêt du 15 juin 2017), c'était à l'employeur de prouver qu'il n'y avait pas de lien entre la maladie du salarié et l'activité exercée dans son entreprise. Une position confortable pour le salarié, beaucoup moins pour l'employeur mis en cause.
Par un arrêt du 25 juin 2026 (n° 23-22.278), la Cour de cassation change de logique. Elle rappelle que la décision de prise en charge de la maladie professionnelle par la CPAM n'a d'effet que sur la relation caisse/salarié. Elle ne crée aucune présomption ni sur le caractère professionnel de la maladie, ni sur l'exposition au risque chez tel ou tel employeur, dans le cadre de l'action en reconnaissance de faute inexcusable.
Conséquence directe : c'est désormais au salarié (ou à ses ayants droit) d'apporter la preuve qu'il a été exposé au risque à l'origine de sa maladie chez l'employeur qu'il met en cause. Application classique de l'article 1353 du Code civil : celui qui réclame doit prouver.
Ce changement rebat les cartes pour les employeurs, en particulier ceux qui ont eu plusieurs salariés exposés au fil de différents postes ou entreprises. La charge ne disparaît pas, elle se déplace. Et elle rappelle, une fois de plus, l'importance d'une traçabilité solide de l'exposition aux risques professionnels : DUERP à jour, fiches de poste, suivi des expositions, historique documenté.
Un dossier bien construit en amont reste la meilleure protection, quel que soit le sens dans lequel souffle la jurisprudence.
Source : Cass. 2ème civ., 25 juin 2026, n° 23-22.278