05/07/2026
Vacances : l’apnée prolongée.
Chaque année, les mêmes regards désespérés en consultation.
Des parents qui arrivent en juillet avec un air de naufragés plutôt que de vacanciers.
Et ces mots, ironiques : « génial… c’est les vacances… ».
Mince alors.
Pourquoi les vacances, censées être une respiration, ressemblent parfois à une apnée prolongée ?
D’abord, la rupture de cadre.
L’école, les horaires, la routine imposée : tout cela contraint, certes, mais ça structure aussi !
Quand ce cadre disparaît d’un coup, il faut le réinventer soi-même, tous les jours, sans filet et sans notice.
On appelle ça des « vacances » mais ça ressemble surtout à un mandat de chef de projet non rémunéré.
Ensuite, la vigilance ne s’arrête plus.
En temps scolaire, il existe des sas, des moments où l’attention parentale peut souffler un peu.
En vacances, ces sas disparaissent et la charge mentale continue s’installe.
Elle s’étale sur la journée entière, du café du matin au dernier verre d’eau réclamé à 22h passées.
Il y a aussi cette injonction sociale au bonheur obligatoire…
Les vacances sont censées être filmées en mode carte postale (et accessoirement publiées sur Insta).
Des vacances parfaites, gérées par des parents parfaits, CQFD : les enfants doivent s’amuser, découvrir, apprendre à nager, ne jamais s’ennuyer, tout en restant toujours en sécurité et jamais brûlés par le soleil.
Un cahier des charges digne d’une colonie de vacances certifiée ISO.
Alors quand la réalité ressemble davantage à une négociation de sortie de l’eau avec un enfant de six ans sur une plage blindée et bouillante, cette dissonance normative entre ce qu’on est censé ressentir et ce qu’on ressent vraiment est hautement culpabilisante et donne un léger sentiment de raté.
Et puis, le système familial se redistribue entièrement. Cette réorganisation systémique touche tout : qui s’occupe de qui, qui gère quoi, comment le couple tient sans les sas habituels que sont l’école et le travail.
Alors rien de tout cela ne disparaît en le nommant, bien sûr…
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