Sexologie Magazine

Sexologie Magazine La sexualité sous tous ses aspects, une meilleure compréhension, ses troubles et leurs solutions expliqués Sexothérapeute et Hypnothérapeute: RV sur Doctolib

QUAND L'AMOUR DEVIENT UN CHAMP DE BATAILLE: LE COUPLE FACE À LA CRISE DE COMMUNICATION Il y a une vingtaine d'années enc...
31/07/2026

QUAND L'AMOUR DEVIENT UN CHAMP DE BATAILLE: LE COUPLE FACE À LA CRISE DE COMMUNICATION

Il y a une vingtaine d'années encore, on pouvait écrire un livre expliquant aux couples comment s'écouter sans juger et s'exprimer sans critiquer, même en désaccord. Le message paraissait alors relativement simple à transmettre : apprendre quelques principes d'écoute active, quelques règles de communication non-violente, et la relation avait de bonnes chances de s'apaiser.

Vingt ans plus t**d, et après plusieurs décennies d'observation clinique auprès de milliers de patients, un constat s'impose avec une netteté troublante : chez les couples de moins de 40 ans, la communication semble de plus en plus céder la place à la confrontation. On assiste moins à une recherche mutuelle de compréhension qu'à un affrontement de deux individualités, chacune retranchée sur ses certitudes, cherchant moins à comprendre l'autre qu'à le convaincre — ou à le vaincre.

Deux camps plutôt qu'un couple
Cette évolution se manifeste d'abord sur le terrain idéologique. On observe une polarisation croissante entre un féminisme exacerbé et un masculinisme caricatural, deux postures qui, en se radicalisant, finissent par figer les identités de genre plutôt que de permettre la rencontre singulière de deux personnes. Au lieu de deux individus qui s'inventent une histoire commune, on trouve parfois deux porte-drapeaux qui rejouent, dans l'intimité, les débats les plus clivants de l'espace public.

Cette confrontation ne reste pas seulement verbale ou idéologique : elle s'inscrit dans le corps. De plus en plus d'hommes jeunes développent des dysfonctions érectiles, sans cause organique identifiable. De nombreuses femmes jeunes rapportent une absence de désir, voire de plaisir, dans une hétérosexualité vécue comme problématique, presque suspecte. Le symptôme sexuel devient alors l'expression somatique d'une difficulté relationnelle plus large : le corps dit ce que la relation ne parvient plus à dire, ou à entendre.

Un problème plus profond qu'un simple manque de méthode
Il serait tentant de penser qu'il suffirait de réapprendre quelques techniques de communication pour inverser la tendance. Mais l'hypothèse la plus troublante est ailleurs : ce qui semble faire défaut n'est pas seulement une méthode, mais une compétence plus fondamentale — l'intelligence affective elle-même, cette capacité à ressentir et nommer finement ses émotions, à tolérer le désaccord sans le vivre comme une menace existentielle.
Cette compétence se construit normalement par l'exposition répétée à des interactions réelles, en face à face, avec leurs frustrations et leurs réparations ; par l'expérience que le conflit peut être suivi de retrouvailles ; par le modelage d'adultes capables de désaccord sans rupture ni disqualification. Or les modes de socialisation ont profondément changé.

Le retour de l'image et le déclin de la nuance
Une hypothèse plus vertigineuse encore mérite d'être posée : celle d'un appauvrissement du langage lui-même. L'humanité est passée, au fil des millénaires, de l'image à l'idéogramme puis à l'écriture alphabétique — un processus qui a permis de développer la nuance, la subordination des idées, la capacité à dire l'ambivalence et la complexité. L'écrit impose une linéarité, une distance réflexive entre l'émotion ressentie et sa mise en mots : le temps d'écrire est un temps de pensée.

Aujourd'hui, une partie significative de la communication affective repasse par l'image — l'émoticône, le mème, le symbole — appelée à être sans cesse remplacée par une autre, sans stabilité ni convention partagée dans la durée. Contrairement au mot, dont le sens est fixé par l'usage collectif et le temps, l'émoji reste flou, contextuel, sujet à interprétation. Tout devient imprécis — et donc sujet à contestation plutôt qu'à compréhension mutuelle.

Une chaîne qui mène du mot au corps
On peut ainsi dessiner une chaîne cohérente : un langage affectif appauvri produit des émotions peu différenciées, mal symbolisées ; ce déficit de symbolisation favorise une pensée binaire, faite de camps et de postures plutôt que de nuances ; cette polarisation empêche de métaboliser le désaccord au sein du couple ; et ce désaccord non métabolisé finit par se décharger soit dans le corps — sous forme de symptôme sexuel — soit dans le clivage social, dont le couple n'est finalement qu'un miroir grossissant.

Ce qui demeure possible
Ce tableau, aussi sombre soit-il, n'est pas une fatalité. L'amélioration de la relation reste possible lorsque les deux partenaires sont réellement engagés dans la démarche et disposent — ou acceptent de développer — une intelligence affective suffisante. Le travail thérapeutique, cependant, s'annonce aujourd'hui plus long et plus incertain qu'il y a vingt ans : il ne s'agit plus seulement d'enseigner des outils de communication, mais bien souvent de reconstruire, à la base, la capacité même à ressentir, nommer et partager une émotion sans que cela ne devienne un motif de guerre.
Peut-être est-ce là, avant même les questions de genre ou de sexualité, le véritable défi du couple contemporain : réapprendre à parler, pour ne plus seulement s'affronter.

Dr Patrice Cudicio, Mme Jasmine Saunier, sexologue, hypnothérapeute, Paris

FUITE VEINEUSE ET DYSFONCTION ÉRECTILE: démêler le vrai du fauxLe mécanisme normal de l'érection : un rappel indispensab...
29/07/2026

FUITE VEINEUSE ET DYSFONCTION ÉRECTILE: démêler le vrai du faux
Le mécanisme normal de l'érection : un rappel indispensable
Pour comprendre les débats autour de la "fuite veineuse", il faut d'abord rappeler comment fonctionne une érection normale :

Le relâchement des fibres musculaires lisses intracaverneuses : sous l'effet de la stimulation, un message nerveux provoque le relâchement des fibres musculaires lisses qui tapissent les artères caverneuses et l'intérieur même du tissu érectile. Ce relâchement permet une vasodilatation et une ouverture des espaces sinusoïdaux des corps caverneux, autorisant un afflux sanguin massif. C'est ce relâchement, plus qu'une simple "poussée" artérielle, qui constitue le véritable moteur initial de l'érection.

Le remplissage des corps caverneux : ce tissu, semblable à une éponge, se gorge de sang et augmente de volume.

Le verrouillage veineux (mécanisme "veino-occlusif") : c'est l'étape clé. En se dilatant, le tissu caverneux vient comprimer les petites veines qui le traversent (les veines "émissaires" ou "perforantes") contre l'albuginée — cette enveloppe fibreuse rigide et peu extensible qui entoure les corps caverneux. Écrasées, ces veines laissent beaucoup moins ressortir le sang : la pression monte, la rigidité s'installe et se maintient.

Ce mécanisme ne dépend donc pas d'une qualité intrinsèque des veines, mais de la capacité des fibres musculaires lisses à se relâcher correctement et du tissu caverneux à se distendre suffisamment pour écraser ces veines contre l'albuginée.
Pourquoi le concept de "fuite veineuse primitive" pose question
Si les veines "fuient", ce n'est généralement pas parce qu'elles sont défectueuses en elles-mêmes, mais parce que le système qui devrait les comprimer ne fonctionne plus correctement. Deux causes principales peuvent l'expliquer :
1. L'insuffisance artérielle
Si l'afflux sanguin est insuffisant (athérosclérose des artères caverneuses, souvent liée au diabète, à l'hypertension, au tabac, aux troubles lipidiques), la pression à l'intérieur des corps caverneux n'atteint jamais le niveau nécessaire pour bien écraser les veines. Résultat : une fuite veineuse apparente, mais qui n'est que la conséquence d'un problème d'apport, pas d'un problème veineux.
2. La sclérose du tissu caverneux (fibrose)
Avec l'âge, le diabète, certaines maladies (comme la maladie de La Peyronie), ou après des périodes prolongées sans érections complètes, le tissu caverneux peut perdre son élasticité et se fibroser. Un tissu moins élastique se distend moins bien, comprime donc moins efficacement les veines, et laisse s'échapper une partie du sang — d'où l'illusion d'une "fuite veineuse" alors que le problème initial est la perte de qualité du tissu érectile lui-même.
Pourquoi les traitements ciblant les veines ont souvent déçu

Les embolisations veineuses (bloquer le plexus de Santorini ou les veines dorsales profondes) ont été proposées dans les années 1980-1990.
Les résultats initiaux semblaient parfois encourageants à court terme, mais les études de suivi à moyen et long terme ont montré des taux de récidive très élevés, souvent supérieurs à 50-70% après quelques mois ou années.
La raison est cohérente : si la cause réelle (insuffisance artérielle, fibrose caverneuse) persiste, de nouvelles voies veineuses de "fuite" se recrutent avec le temps, ou d'autres veines prennent le relais. On traite un symptôme, pas la cause.

C'est pourquoi ces interventions chirurgicales sur les veines ont été largement abandonnées par les sociétés savantes d'urologie et de sexologie médicale, qui ne les recommandent plus en pratique courante, sauf dans des cas très spécifiques et sélectionnés.
Et la rééducation périnéale dans tout ça ?
Il est nécessaire ici de corriger une confusion très répandue, y compris dans certains articles grand public :

Les muscles du périnée (notamment le bulbo-caverneux et l'ischio-caverneux) n'ont aucun rôle dans le déclenchement ou le maintien de l'érection elle-même. L'érection, comme on l'a vu, résulte du relâchement des fibres musculaires lisses intracaverneuses et du mécanisme veino-occlusif — un phénomène purement vasculaire et local, indépendant de la musculature striée périnéale.

Ce que la contraction volontaire du périnée peut produire, c'est un phénomène différent, parfois appelé "super-érection" : en comprimant volontairement ou manuellement la base des corps caverneux et des bulbes déjà remplis de sang, on augmente transitoirement et artificiellement la rigidité au-delà de ce qu'elle serait naturellement. Mais ce surcroît de rigidité n'est absolument pas nécessaire pour avoir un rapport sexuel satisfaisant : une érection "normale", sans contraction périnéale, est parfaitement suffisante.

Quant à l'éjaculation, elle n'est en rien améliorée ou contrôlée par une "musculation" du périnée. Il s'agit d'un phénomène réflexe, déclenché automatiquement lorsque l'excitation sexuelle atteint un certain seuil au niveau des centres nerveux médullaires. Contracter volontairement le périnée pendant l'acte ne fait qu'introduire une sollicitation attentionnelle et musculaire parasite, qui détourne l'attention de la sensation érotique plutôt que de l'améliorer. Cela n'a donc aucune action thérapeutique sur l'éjaculation précoce ou sur son contrôle.

Attendre d'une rééducation périnéale qu'elle corrige une dysfonction érectile d'origine artérielle ou tissulaire, ou qu'elle améliore le contrôle éjaculatoire, relève donc d'une extrapolation qui ne repose sur aucune base physiologique solide.

En résumé
Trois idées reçues méritent d'être clairement rectifiées :
"J'ai une fuite veineuse" — dans l'immense majorité des cas, il s'agit d'une conséquence secondaire d'un problème artériel ou d'une fibrose du tissu caverneux, et non d'un défaut propre aux veines.
"Il faut opérer les veines" — cette approche a été largement abandonnée en raison d'échecs fréquents à moyen terme, la cause profonde n'étant pas traitée par ce geste.
"La rééducation périnéale va améliorer mon érection ou ret**der mon éjaculation" — elle n'agit ni sur le mécanisme vasculaire de l'érection, ni sur le réflexe éjaculatoire ; elle ne fait, au mieux, qu'ajouter une rigidité artificielle non indispensable, et peut même nuire au ressenti érotique.

En conclusion
La dysfonction érectile est très souvent un signal d'alerte cardiovasculaire avant d'être un problème local. Un homme qui développe des troubles de l'érection après 50 ans devrait bénéficier d'un bilan vasculaire général, car l'insuffisance artérielle des corps caverneux peut précéder de plusieurs années une maladie coronarienne symptomatique. C'est un message de santé publique important, bien plus utile que la traque d'une hypothétique "fuite" à réparer chirurgicalement ou l'espoir illusoire d'une solution par simple musculation périnéale.
, ,

Dr Patrice Cudicio, Mme Jasmine Saunier sexologue, hypnothérapeute, Paris

 # À QUOI SERT LE SEXE, SI CE N'EST PAS POUR FAIRE DES ENFANTS?Quand on y réfléchit, c'est une drôle d'énigme biologique...
26/07/2026

# À QUOI SERT LE SEXE, SI CE N'EST PAS POUR FAIRE DES ENFANTS?
Quand on y réfléchit, c'est une drôle d'énigme biologique : contrairement à la plupart des espèces animales, dont la sexualité est étroitement liée aux périodes de fertilité, les humains font l'amour toute l'année, bien au-delà de tout objectif reproductif. Cette particularité invite à s'interroger : à quoi sert vraiment le rapport sexuel, une fois écartée la question de la procréation ?
Le plaisir, mais ce n'est pas si simple!

La première réponse qui vient à l'esprit est évidemment le plaisir. Et c'est vrai : le plaisir sexuel joue un rôle central, y compris d'un point de vue évolutif, puisqu'il facilite et encourage le rapprochement des corps nécessaire à la reproduction.

Mais les choses sont plus complexes qu'il n'y paraît. Si le plaisir masculin est relativement fréquent et prévisible, il n'en va pas de même pour de nombreuses femmes. Un fait, en particulier, mérite d'être connu du grand public : chez une partie non négligeable des femmes, le vagin n'est pas bien "intégré" dans la représentation que le cerveau se fait du corps — ce qu'on appelle le schéma corporel. Cette intégration incomplète peut déclencher, au moment de la pénétration, un **réflexe de défense involontaire** : une contraction des muscles périnéaux (releveurs de l'anus, constricteurs de la vulve), que la volonté ne contrôle pas.

Ce réflexe est d'ailleurs responsable, dans bien des cas, de la douleur ressentie lors du premier rapport sexuel — et non, contrairement à une idée reçue très répandue, la déchirure de l'hymen, une structure en réalité très peu innervée. Autrement dit : une femme peut être très excitée, très désirante, et pourtant ressentir une douleur importante à la pénétration, simplement parce que le corps réagit par un réflexe archaïque de défense plutôt que d'ouverture. Ce phénomène, quand il perdure, peut conduire à un trouble bien identifié en sexologie : le vaginisme, parfois responsable d'unions non consommées pendant des années.

Ce simple fait illustre à quel point le plaisir sexuel n'est pas qu'une affaire de stimulation physique : il dépend profondément de la sécurité psychique, de la représentation que l'on a de son propre corps, et du contexte relationnel.

Bien plus qu'une décharge de tension

On a longtemps expliqué le désir sexuel, notamment sous l'influence de la psychanalyse, comme une sorte de pression interne, une "pulsion" cherchant à tout prix une décharge — un peu à l'image d'une soupape qu'il faudrait périodiquement ouvrir. Cette idée, très marquée par la physique du XIXe siècle, est aujourd'hui largement dépassée.

Les neurosciences actuelles montrent que le désir sexuel fonctionne davantage comme un **système motivationnel**, semblable à d'autres circuits de récompense du cerveau, mais hautement sensible au contexte, à l'apprentissage, à la sécurité affective et à la qualité de la relation. Rien à voir, donc, avec un besoin physiologique brut comme la faim ou la soif : on ne meurt pas de l'absence de sexualité, et le désir peut être profondément modulé — voire inhibé — par le stress, l'anxiété ou une mauvaise représentation de son propre corps, comme le montre justement l'exemple du vaginisme.

Alors, à quoi sert vraiment la sexualité ?

Écartons donc l'idée d'une simple pulsion à évacuer, et regardons plutôt les fonctions réelles que remplit la sexualité humaine, indépendamment de la reproduction :

**Un langage du corps.** La sexualité permet d'exprimer, par le geste et le contact, des émotions parfois difficiles à formuler avec des mots : tendresse, besoin de fusion, désir de réassurance, abandon de confiance.

**Un ciment relationnel.** Chez de nombreuses espèces sociales — les bonobos en sont l'exemple le plus frappant — la sexualité sert à apaiser les tensions, réconcilier, consolider les liens du groupe. Chez l'humain, elle joue un rôle comparable au sein du couple, renforçant la complicité et l'attachement mutuel.

**Une confirmation de soi.** Se sentir désiré, désirable, capable de donner et de recevoir du plaisir touche à l'estime de soi et à l'identité profonde de chacun.

**Une fonction apaisante.** En sollicitant les circuits cérébraux de la récompense, une sexualité épanouie contribue à réguler le stress et les tensions émotionnelles du quotidien.

**Un lien durable, utile à la parentalité.** Le fait que la sexualité humaine soit permanente, détachée des cycles de fertilité, suggère une fonction évolutive précise : consolider le couple sur la durée, condition nécessaire à l'investissement parental prolongé qu'exige un enfant humain, dont le développement est particulièrement long comparé aux autres espèces.

En somme

Loin de se réduire à un instinct reproductif ou à une simple pulsion à satisfaire, la sexualité humaine remplit des fonctions psychiques et relationnelles profondes : communication intime, régulation émotionnelle, consolidation du lien affectif, construction de l'identité. Et elle nous rappelle, à travers des phénomènes comme le vaginisme, que le corps et l'esprit sont indissociables : on ne peut parler de plaisir sans parler, aussi, de sécurité, de représentation de soi, et de relation à l'autre.
, ,

Dr Patrice Cudicio, Mme Jasmine Saunier, sexologue, hypnothérapeute

LA SECHERESSE VAGINALEComme une fleur a besoin de rosée pour rester souple et vivante, le vagin a besoin de son humidité...
19/07/2026

LA SECHERESSE VAGINALE

Comme une fleur a besoin de rosée pour rester souple et vivante, le vagin a besoin de son humidité naturelle pour préserver souplesse et confort. Lorsque cette rosée intime vient à manquer, la fleur se fane un peu — mais avec les bons soins, elle peut toujours refleurir.

Comprendre la lubrification vaginale
La lubrification naturelle du vagin lui confère une texture douce et élastique. Contrairement à une idée reçue, cette humidification n'est pas principalement produite par des glandes : elle résulte essentiellement d'un phénomène de transsudation, c'est-à-dire un passage de liquide à travers la paroi vaginale elle-même, favorisé par l'afflux sanguin lié à l'excitation. Seules les glandes de Bartholin, situées à l'entrée de la vulve, sécrètent réellement un liquide lubrifiant, mais leur rôle se limite à humidifier l'entrée du vagin.
Cet équilibre est régulé par des facteurs hormonaux, génétiques, médicamenteux ou psychologiques, et peut donc être perturbé à tout moment de la vie d'une femme.
Lors de l'excitation sexuelle, cette transsudation se manifeste par un écoulement transparent, plus ou moins abondant, qui tapisse la paroi vaginale et la fente vulvaire. Ce phénomène est indispensable pour permettre la pénétration et faciliter les mouvements du pénis : il joue à la fois un rôle de protection et d'activateur de plaisir.
Lorsque la paroi vaginale ne s'humidifie pas suffisamment, on parle de sécheresse vaginale. Elle peut provoquer des douleurs lors de la pénétration, voire rendre les rapports impossibles. Des brûlures et démangeaisons peuvent apparaître, entraînant de minuscules lésions de la muqueuse dues aux frottements. Ce vécu douloureux peut retentir sur le psychisme et perturber la dynamique du couple : peur des rapports, perte de plaisir, baisse de la libido, voire refus systématique de toute intimité.
Un trouble fréquent mais sous-estimé
Beaucoup de femmes en souffrent, de façon passagère ou durable, au cours de leur vie sexuelle. Certaines en parlent à leur gynécologue ou à leur partenaire, mais peu recourent aux solutions simples et efficaces qui existent, pensant qu'il s'agit d'un trouble bénin ou transitoire, ou qu'elles ne sont plus concernées par la sexualité.
De plus, ces femmes ignorent souvent l'origine de leur sécheresse vaginale, sauf lorsqu'elles sont ménopausées. Pourtant, ménopause ou pas, il est essentiel de connaître les multiples facteurs pouvant déséquilibrer la lubrification naturelle. Cela permet de se libérer d'un sentiment de culpabilité injustifié envers le partenaire, et de consulter pour se soigner efficacement.
Les différentes causes de la sécheresse vaginale
Les causes sont multiples et peuvent se cumuler, aggravant alors leurs effets négatifs.

Les causes hormonales
1. En première ligne, la carence en œstrogènes survenant au moment de la ménopause
2. Les changements dans l'équilibre hormonal, par exemple pendant l'allaitement
3. La grossesse, surtout au premier trimestre — ensuite, l'engorgement sanguin de la région pelvienne rétablit une bonne humidification
4. Les troubles de l'ovaire

Les causes médicamenteuses
Certaines pilules contraceptives, les antihistaminiques, les vasoconstricteurs, certains antidépresseurs, certains traitements contre l'acné, les effets secondaires de certaines chimiothérapies, les traitements antihormonaux du cancer du sein…
Les causes infectieuses
Les infections vaginales (notamment mycosiques) qui, en plus de la sécheresse, s'accompagnent souvent de prurit, de pertes malodorantes ou de pertes anormales en couleur et en consistance.
Une mauvaise hygiène de vie
• Le tabac, par l'action vasoconstrictrice de la ni****ne
• L'alcool, qui provoque une déshydratation
• Le stress et la fatigue
• Une hygiène intime excessive
Des origines psychologiques
Souvent liées au comportement sexuel du couple : préliminaires trop brefs ou absents, rapports peu fréquents, absence de désir, peur des rapports, mésentente conjugale… L'inhibition sexuelle et la méconnaissance de son propre corps peuvent également jouer un rôle.

Prévenir ou traiter la sécheresse vaginale
1. Avoir une activité sexuelle régulière (en couple ou en solo) pour améliorer le flux sanguin des organes génitaux, prévenir leur atrophie et donc limiter la sécheresse vaginale.
2. Prolonger les préliminaires avant les rapports sexuels.
3. Pratiquer régulièrement les exercices de Kegel, qui consistent à contracter puis relâcher les muscles du plancher pelvien. Cette alternance renforce le périnée, peut améliorer la fonction sexuelle et réduire les fuites urinaires.
4. Utiliser des lubrifiants ou hydratants vendus librement en pharmacie (éviter la vaseline ou les lubrifiants à base d'huile, qui rendent les préservatifs poreux et donc inefficaces, et peuvent être irritants).
5. Réduire le stress au quotidien.
6. Adopter une hygiène de vie saine en diminuant ou arrêtant le tabac et l'alcool.
7. Pratiquer une toilette intime douce, avec un savon au pH neutre, une à deux fois par jour maximum, sans do**he vaginale.
8. Consulter un professionnel de santé pour bénéficier de conseils adaptés.
9. En cas de ménopause, discuter avec son médecin des options possibles :
o L'hormonothérapie substitutive, souvent la solution la plus efficace
o Les thérapies non hormonales (crèmes à base de vitamine E)
o Les thérapies à base de plantes médicinales (phytoestrogènes)

En conclusion
Parler de la sécheresse vaginale, c'est reconnaître que le désir n'est pas mort, que la sexualité perdure et que le plaisir reste possible grâce à une prise en charge adaptée. Une fleur qui se fane n'est jamais condamnée : avec un peu d'eau et d'attention, elle retrouve toute sa vigueur.


Dr Patrice Cudicio, Mme Jasmine Saunier sexologue, hypnothérapeute, Paris

QUAND LA CONSCIENCE PARTICIPE AU RÉEL.À PARAITRE  TRÈS PROCHAINEMENT SUR AMAZONEt si la conscience n’était pas seulement...
18/07/2026

QUAND LA CONSCIENCE PARTICIPE AU RÉEL.
À PARAITRE TRÈS PROCHAINEMENT SUR AMAZON

Et si la conscience n’était pas seulement le produit du cerveau… mais l’une des dimensions fondamentales du réel ?
Depuis plusieurs décennies, les neurosciences ont profondément transformé notre compréhension de l’esprit humain. Pourtant, une question demeure ouverte : comment expliquer l’expérience consciente elle-même ?
Dans cet ouvrage ambitieux et accessible, le Dr Patrice Cudicio propose un changement de perspective audacieux. Plutôt que de considérer la conscience comme un simple effet secondaire de l’activité cérébrale, il explore l’hypothèse qu’elle constitue une dimension active du champ du réel, dont le cerveau serait l’interface d’expression.
À travers l’hypnose, les états modifiés de conscience et l’expérience clinique, l’auteur montre comment l’attention, la relation et l’expérience vécue participent à l’organisation du monde psychique et de la transformation humaine. Ces états deviennent alors de véritables laboratoires permettant d’observer les interactions entre corps, mémoire, perception et sens.
À la croisée des neurosciences, de la philosophie et de la pratique thérapeutique, ce livre ouvre une réflexion essentielle sur notre manière d’habiter le monde.
Car si la conscience participe au réel, alors elle n’est pas seulement un phénomène à expliquer.
Elle devient une responsabilité à incarner.

(Cet ouvrage fait suite à "ENTRE DEUX MONDES
LES ÉTATS MODIFIÉS DE CONSCIENCE (EMC)
AUX FRONTIÈRES DU CORPS, DU SOIN ET DU SENS publié aux Editions SATAS)

L’ORGASME N'EST PAS QU'UNE DÉCHARGE: REDÉCOUVRIR LA JOUISSANCEL’orgasme n’est pas seulement une « décharge » du corps.Po...
05/07/2026

L’ORGASME N'EST PAS QU'UNE DÉCHARGE: REDÉCOUVRIR LA JOUISSANCE

L’orgasme n’est pas seulement une « décharge » du corps.
Pour comprendre vraiment la sexualité, il faut distinguer ce qui relève de la mécanique du sexe et ce qui relève de l’expérience de plaisir, jusque parfois l’extase orgasmique.

1. Quand la sexualité se réduit à la mécanique
Depuis quelques années, la sexologie grand public est largement occupée par ce qu’on pourrait appeler les « mécaniciens du sexe » :
• multiplication de recettes : « comment avoir plus d’orgasmes », « les 10 techniques pour… »
• vision de l’orgasme comme objectif à atteindre, presque comme un résultat sportif
• focalisation sur le fonctionnement local : pénis, vagin, cl****is, prostate, etc., comme si la sexualité se jouait seulement là.
Cette approche n’est pas inutile (elle a permis de corriger des ignorances sur l'anatomie et la physiologie et des tabous), mais elle devient problématique lorsqu’elle réduit la sexualité à :
• des réflexes,
• des chiffres (combien d’orgasmes ? en combien de temps ?),
• des performances.
On se retrouve alors avec des personnes qui « fonctionnent » sexuellement, mais ne se sentent pas vraiment comblées. Elles ont parfois des orgasmes, mais sans sentiment de profondeur, sans transformation intérieure, sans vraie jouissance.

2. Orgasme : mécanique ou expérience ?
Dans le langage courant, on met beaucoup de choses sous le mot « orgasme ». Or on peut distinguer au moins deux niveaux :
1. L’orgasme mécanique
o Il correspond à la réponse physiologique : contractions musculaires involontaires du périnée et des organes génitaux, accélération du rythme cardiaque et respiratoire, libération de la tension sexuelle.
o Il peut être agréable, mais parfois assez limité : sensation locale, courte, sans véritable sentiment de plénitude.
2. L’orgasme vécu comme extase
o La réponse du corps est là, mais elle s’accompagne d’un plaisir central intense, qui envahit la personne.
o Ce n’est plus seulement « quelque chose qui se passe dans le sexe » : c’est tout le corps, tout le psychisme, toute la relation (quand il y a un partenaire) qui sont engagés.
Dans de nombreuses situations cliniques, ce qui pose problème n’est pas la possibilité mécanique de l’orgasme, mais la qualité de l’expérience : certaines personnes ont des « orgasmes » au sens physiologique, mais ne ressentent pas la plénitude, pas vraiment un épanouissement, voire restent insatisfaites.

3. L’extase orgasmique : quand la décharge devient jouissance
Pour rendre cette différence plus claire, on peut introduire un terme : extase orgasmique.
L’extase orgasmique désigne une forme accomplie de l’orgasme :
• la décharge physique est présente (le corps « lâche prise »)
• le plaisir est intense, global, unificateur
• la personne ressent un état de conscience modifié : impression de plénitude, d’abandon, de jouissance profonde
• le vécu émotionnel est clairement positif, parfois proche de ce que certains décrivent comme une expérience quasi mystique ou méditative.
À la différence de la mécanique du sexe, l’extase orgasmique :
• ne se produit pas sur commande,
• ne répond pas à une simple addition de techniques,
• dépend de la disponibilité psychique, de la confiance, de la qualité de la relation, du contexte, de l’histoire personnelle.
Ce n’est donc pas un « super orgasme » au sens quantitatif, mais une autre façon d’exister dans l’orgasme.

4. Plaisir et orgasme : deux dimensions à ne pas confondre
Un point essentiel est souvent mal compris : plaisir et orgasme ne sont pas synonymes.
• On peut avoir beaucoup de plaisir sexuel sans orgasme : caresses, tendresse, sensualité, excitation diffuse, moments de connexion profonde.
• On peut avoir un orgasme mécanique avec un plaisir limité, voire ambigu.
• Et, dans certaines situations pathologiques (dysorgasmie), la décharge orgasmique peut être vécue avec une certaine douleur ou malaise.
Vouloir « absolument » obtenir un orgasme, sans se soucier de la qualité du plaisir, revient à confondre l’indicateur et la finalité.
La sexualité humaine n’a pas pour but unique de produire des orgasmes, mais d’inscrire le corps, le désir, la relation et parfois la reproduction dans une expérience de plaisir et de sens.

5. Sortir du règne des « mécaniciens du sexe »
Pourquoi cette distinction est importante pour le grand public ?
Parce qu’une sexologie centrée uniquement sur la mécanique :
• entretient la pression de la performance (« il faut réussir sexuellement »)
• invisibilise des expériences pourtant fréquentes :
o plaisir sans orgasme
o orgasme sans vraie jouissance
o impossibilité d’atteindre l’orgasme dans des contextes de stress, de peur, de manque de confiance.
À l’inverse, une sexologie clinique et humaniste :
• s’intéresse au vécu de la personne : comment est ressenti le plaisir ? quelle place l’orgasme prend-il dans sa vie ?
• distingue les différentes formes d’expérience : orgasmique, extatique, mécanique, douloureuse
• remet le plaisir central au cœur de la réflexion, en rappelant que l’orgasme n’est pas un simple réflexe local, mais un processus qui implique le cerveau, l’affect, la relation.

6. Ce que chacun peut en retenir pour sa propre vie sexuelle
Pour un lecteur ou une lectrice, la question n’est pas de devenir expert en terminologie, mais de se donner quelques repères :
• Se demander moins : « Est-ce que j’ai des orgasmes ? »
et davantage : « Quel est le plaisir que je ressens ? »
• Ne pas se laisser piéger par une vision technique : le corps compte, mais le mental, l’émotion, la confiance sont tout aussi déterminants.
• Accepter que la sexualité ne se réduit pas à une suite de gestes efficaces, mais qu’elle est aussi un espace de lenteur, de découverte, de relation.
• Comprendre que l’extase orgasmique n’est pas une norme à atteindre à tout prix, mais une manière possible – et précieuse – d’habiter son corps et son désir quand les conditions psychiques et relationnelles sont réunies.
Redonner au plaisir, à la jouissance et à l’extase leur place dans la réflexion sur la sexualité, c’est une façon de sortir du règne des « mécaniciens du sexe » et de retrouver une sexualité qui parle à la personne tout entière, pas seulement à ses organes.
,
Dr Patrice Cudicio, Mme Jasmine Saunier, sexologue, hypnothérapeute, Paris

Adresse

Paris
75016

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Sexologie Magazine publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter La Pratique

Envoyer un message à Sexologie Magazine:

Raccourcis

Partager

Type