25/08/2026
Naufrage collectif
Dernière baignade avant de rentrer en France. Il y a du monde sur la plage cette fois.
Je m’assoupis. Je suis brusquement réveillée par le bruit régulier d’une peau qu’on claque.
Juste à côté de moi, une femme imposante, en maillot de bain, hurle, haineuse, dans une langue qui n’est pas la mienne, tout en frappant son petit garçon d’environ 4 ans. Il est tout nu.
Sous les aboiements, il se recroqueville sur sa petite chaise, gémit en silence. Sa petite sœur à côté ne réagit pas. Son père à côté ne réagit pas.
Ils doivent avoir l’habitude...
Je crie en anglais ! Je lui demande d’arrêter ! Elle continue.
Personne ne réagit autour de moi. Tous ces hommes baraqués, toutes ces femmes huilées autour de moi ne servent à rien.
Tout le monde les regarde, tout le monde me regarde mais personne ne bouge.Personne.
Elle s’est arrêtée et réinstallée en position de bronzage.
Ma famille me rejoint. Je suis choquée.
Le petit remue timidement à nouveau, elle se remet à le tabasser. Je hurle cette fois !
Mais à nouveau aucune réaction. RIEN. RIEN !!!!!!
Mes enfants assistent à la scène. Nous plions bagages. Ma fille me supplie du regard d’intervenir à nouveau.
Nous ne pourrons pas sauver cet enfant ( ça nous tue ) mais nous pouvons au moins dire quelque chose, lui faire sentir que tout cela n’est pas normal.
Le calme est revenu sous leur parasol. Je m’accroupis près du père. Je lui dis, toujours en anglais, d’un ton ferme et posé, qu’on ne peut pas frapper un enfant, qu’on peut lui expliquer, poser des limites, mais que, même s’il avait fait quelque chose qu’ils n’approuvaient pas, le tabasser, c’est non. Ça détruit. C’est interdit !
Il ne me regarde pas, mange ses cacahuètes. Elle, à côté, est hilare.
Oui Juliette Méadel la protection de l’enfance est une priorité absolue.