09/08/2024
Le chanvre, élément indispensable du ballon géant qui s’éleva des Tuileries en 1878 !
A l'occasion de l’Exposition universelle de 1878, l’inventeur français Henri Giffard mis en place, au-dessus des Tuileries, un ballon de 36 mètres de diamètre, rempli de 25 000 mètres cubes d’hydrogène, pouvant emporter 40 passagers pour une dizaine d’allers retours par jours. L'ensemble ballon et nacelle avait la même taille que l'Arc de Triomphe et pesait 24 tonnes. Le câble était en chanvre et la tension était telle qu'il s'allongeait de 60 mètres pour atteindre l'altitude incroyable de 660 mètres. Lorsqu'il y avait du vent, les passagers se retrouvaient au-dessus de la rue du Bac ! Bien que le ballon fut gonflé à l'hydrogène, il n'y eut pas le moindre incident en trois mois, 35 000 personnes montèrent dans la nacelle.
« Le câble du ballon captif : M. Henry Giffard en a confié la fabrication à l'une des premières corderies de France, celle d'Angers, que dirigent MM. E. Besnard, Genest père et fils et Bessonneau. Le chanvre qui le constitue est d’une qualité extra, et lui donne une étonnante solidité. » (Science progrès découverte, Volume 2, p. 46, 1878 ).
« Le réseau du filet comprend 24.000 mailles ; il a été confectionné en chanvre d'Italie de qualité supérieure, préparé au moyen d'un enduit spécial qui le rend imputrescible. On construit le filet très-solidement en corde de chanvre, en faisant les mailles de la partie supérieure assez petites, et en les agrandissant à mesure qu’on s’en éloigne. Cette disposition a pour but d’augmenter la résistance de l’enveloppe dans les points où elle est soumise à la plus grande pression de la part du gaz. Le filet doit envelopper totalement le ballon dont il embrasse exactement la surface jusqu’au milieu. À partir de là, les différentes cordes, dont il est formé, convergent vers un même cercle de bois, ou d’osier, auquel on suspend la nacelle.»
« Emploi de cordeaux ayant 1 1 millimètres de diamètre et fait avec d'excellent fil de chanvre de Naples. » (Louis Figuier, Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes, p. 577, Jouvet et Cie, 1868).
Le ballon seul avec ses deux soupapes pesaient 5 tonnes, le filet et les cordes 4,5 tonnes, la nacelle et son arrimage 1,6 tonnes, les cercles de l’aérostat, le peson et les tendeurs de caoutchouc inférieurs, 750 kg. Le poids total du matériel fixe était donc de 11,850 tonnes, auquel il fallait ajouter le câble de 650 mètres qui pesait 3 tonnes.
Comme l'expliquait Giffard : « Ce câble est légèrement conique, et tandis qu'il mesure 0 m,085 de diamètre à sa partie supérieure, il n'a plus que 0m,065 de diamètre à sa partie inférieure qui reste fixée à terre. Le câble a 600 mètres de longueur ; il s'allongera peu à peu pendant le service jusqu'à atteindre environ 660 mètres (60 mètres du treuil à la poulie). »
Le ballon-vasque des jeux olympiques 2024 à Paris, digne représentant de la technologique française, exposé comme il y a 146 ans au Tuileries.
Alexis Chanebau.