25/08/2026
Réussir son couple quand on a été victime d’abus sexuels ?
Une enquête menée en Belgique entre 2010 et 2013 indique que plus de 75 % des patients rencontrés ont été victimes d’abus intrafamiliaux durant leur enfance. Il est également très significatif de noter que près de 60 % des personnes interrogées vivent seules et n’ont pas non plus de partenaire.
Parmi ces personnes, 20 % rapportent qu’elles n’ont jamais pu s’inscrire dans une relation durable ou, pour 8 % d’entre elles, n’en ont jamais connue.
Les personnes victimes de l’inceste souffrent de grandes difficultés à former et à maintenir des relations intimes jugées satisfaisantes . Le trauma d’abus vécu durant l’enfance a créé un sentiment de honte et de méfiance qui les empêche de se sentir dignes d’être aimés ou de parvenir à faire confiance à leur partenaire.
En finir avec les relations toxiques
Même si 40 % des patients suivis déclarent être en couple au moment de l’enquête, cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient tous heureux. En effet, si quelques-uns ont rencontré des partenaires bienveillants (ce qui constitue une réelle ressource), la grande majorité rapportent être sous l’emprise de relations de couple toxiques, dont ils ont du mal à se sortir.
Les groupes de parole que nous animons avec des personnes victimes d’inceste ou de violences sexuelles pendant l’enfance ou l’adolescence font état de symptômes que l’on retrouve chez bon nombre de nos patients borderline.
1. Difficultés à faire confiance à l’autre, à avoir confiance en soi et en ses ressentis.
2. Sentiments ambivalents d’amour et de haine, de désir et de dégoût.
3. Peur intense d’être à nouveau trahi, manipulé par l’autre.
4. Difficultés à repérer ses propres besoins et à y répondre.
5. Immaturité émotionnelle.
6. Hypersensibilité souvent handicapante ou source de conflits.
7. Comportements sexuels à risque, etc.
8. Difficultés à dire non, à poser des limites (addictions nombreuses)
9. Dépendance affective, peur de l’abandon (attachement insécure).
10. Pauvre image de soi (bases narcissiques fragiles).
Oui, le bonheur est possible
Les 2 questions que posent fréquemment les patients victime d’abus sexuel dans l’enfance sont les suivantes
1. Vais-je pouvoir me mettre en couple et y rester ?
2. Vers quel type d’objet d’amour vais-je me tourner ?
Force est de constater qu’il est malheureusement fréquent qu’une les ancienne victime d’abus sexuel se tourne inconsciemment vers un partenaire qui reproduira les mêmes messages « toxiques » que ceux hérités de l’environnement familial dysfonctionnel, dans une forme d’ancrage inconscient.
La thérapie des schémas associée à des outils thérapeutiques tels que l’EMDR et/ou l’hypnose s’avère être très efficace avec les victimes d’abus sexuel. Elle permet d’installer de nouveaux messages, « détoxifiés ». Ces nouveaux messages leur permettront de commencer une nouvelle vie, avec des bases plus saines et plus solides, qui les amèneront à modifier petit à petit leurs choix d’objet d’amour et à offrir à leurs enfants les outils (pensées et comportements) pour avancer dans la vie et avoir confiance en eux, en leurs potentialités et se sentir libres et autonomes.
Pierre NANTAS, psychothérapeute spécialiste des situations de stress post traumatiques propose des groupes de parole et des psychothérapies adaptées aux personnes qui ont subi des agressions sexuelles dans l’enfance, à l’adolescence et à l’âge adulte.