Association Tisser la Santé

Association Tisser la Santé Actions de santé au Mali (Koyo, Boni)

Les objectifs d'ATS :

Mettre en place des projets de développement concernant la santé en respectant et préservant l'équilibre entre les personnes, leur environnement et leur culture. Viser l'autonomisation progressive (lien avec les autorités sanitaires du pays; utilisation en priorité des ressources locales tant humaines que matérielles)

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07/05/2019

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En 2016, Tisser la Santé s’est donné pour objectif d’infléchir la mortalité maternelle de la commune de Boni par la sensibilisation puis la construction d’une « Maison des Mamans ». En savoir plus →

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20/04/2018

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20/04/2018

La Maison des mamans est ouverte depuis le 13 avril !

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24/10/2016
21/09/2012

Chers Amis,

Il est temps que nous vous fassions parvenir quelques nouvelles du Mali, ce d'autant que l'information diffusée hier sur "le 20h" de France 2 était très inquiétante. On ne peut effectivement qu'être profondement heurté par les images diffusées montrant l'application de la Charia, version moyen-âgeuse, dans les villes de Tombouctou, Gao, Kidal et bientôt Douentza.
Douentza est la dernière ville à être tombée sous la coupe des rebelles islamistes intégristes du Mujao (Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest) tout début septembre.
Il faut rappeler que cela fait maintenant 6 mois que les rebelles ont envahi la partie nord du Mali (soit 2/3 du territoire). Ils s'agissait au début d'un mouvement initié par les autonomistes Touareg du MNLA, alliés pour la circonstance aux islamistes intégristes du mouvement Ançar Eddine (essentiellement d'origine Touareg) et du Mujao (surtout composé de rebelles d'origine Arabe mais aussi de quelques Touareg et Songhaï, ainsi que d'éléments de la secte nigériane Boko Haram dont on connaît la violence). Ces 2 mouvements intégristes ont des liens avec AQMI (Al Quaïda au Magreb Islamique). Supérieurement armés et poursuivant un autre but que le MNLA (imposer la Charia à tout le Mali et non revendiquer un territoire autonome), Ançar Eddine et le Mujao ont éjecté les autonomistes Touareg en juillet dernier, les estimant sans doute trop laïques.
Désormais, à Tombouctou, Gao, Kidal, les femmes doivent porter le voile, ci******es et alcool sont interdits, les couples non mariés ne peuvent s'afficher publiquement, les voleurs sont châtiés par cette méthode ignoble qui consiste à couper mains et pieds, des lieux saints séculaires sont détruits. A Douentza, ces gentlemen du Mujao ont généreusement donné 3 mois à la population pour se mettre au pas des règles de la Charia...
A Bamako, le gouvernement malien a peiné pour retrouver une certaine légitimité. Cependant, à la suite de la prise de Douentza (et peut-être des déclarations du Mujao claironant qu'ils pouvaient être à Bamako en 2 jours), le Président Dioncounda Traoré vient officiellement de faire appel à la CEDEAO et au Conseil de sécurité des Nations Unies pour aider le Mali à recouvrer son intégrité. La guerre civile s'annonce donc avec ses conséquences désastreuses inévitables...

Voilà un aperçu de la situation générale, mais comme souvent, localement et quotidiennement, les choses se vivent différemment.

Douentza est la ville la plus proche de la commune de Boni (100km). C'est l'équivalent de la préfecture, et c'est dans cette ville que se trouve le Centre de Santé de Référence (CSREF) dont dépend le Centre de Santé Communautaire (CSCOM) de Boni. le Dr Youssouf Coulibaly est le médecin-chef du CSREF et c'est en partenariat avec lui que nous avons pu faire installer le Dr Souleymane Diarra à Boni. (C'est également lui qui a officialisé la formation d'agent de santé d'Alabouri du village de Koyo).
Aujourd'hui même, nous avons reçu un mail du Dr Coulibaly. Voici ce qu'il écrit :
"Merci pour les encouragementts. Tout va bien ici d'ailleurs j'étais à Douentza depuis mardi et je viens de rentrer à Sevaré, c'est pourquoi j'ai tardé dans la réponse. Nous essayons de faire bouger les choses de notre façon sur le plan santé car ces occupants ont donné la garantie de ne pas nuire aux activtés des agents de santé mais il y a toujours un peu d'insécurité due aux bandits. Je vous informe que le Dr Diarra est l'un des premiers agents à être retourné à son poste à Boni. Il y est jusqu'à present et travaille bien. Sur les 18 centres, 10 sont en train de fonctionner. Il y a seulement des insuffisances dans le fonctionnement comme d'habitude par manque de carburant. Nous aussi au niveau de Douentza avons des difficultés pour la coordination et le suivi des activités à distance. Ce qui fait qu'on ne maitrise pas les activités menées sur le terrain. Dans tous les cas il y a une amélioration. La circulation est normale de même que les transports en commun entre Bamako et Gao
Merci pour votre soutien et je reste disponible pour d'autres informations"

A Boni, nous avons effectivement eu des nouvelles directement par le Dr Souleymane Diarra. Il nous a rassuré sur le calme qui règne dans la commune, le déroulement normal des "activités" et un stock suffisant de médicaments. Il a même pu se rendre quelques jours à Mopti (300km) pour une formation sur la malnutrition. Il y a quelque chose d'encourageant à constater que la société civile, même quand les instances gouvernementales ne sont plus dans la course, continue à s'organiser.

A Koyo, les nouvelles sont bonnes également. Début juillet nous vous écrivions que le village ne disposait plus d'anti-paludéens alors que la "saison" du paludisme commençait (à cette époque le CSCOM de Boni était quasiment fermé).
Et bien notre réseau à fonctionné ! C'est Bouba Traoré, dont nous avons déjà parlé et avec lequel nous avons débuté le projet à Boni et Koyo, maintenant chef de poste dans une ville située à plus de 700km, qui a fait le chemin jusqu'à Koyo pour apporter une quantité importante et suffisante d'antipaludéens que nous avons financée à distance. Bouba a passé la nuit sur la falaise sous les étoiles de Koyo, à palabrer sans fin avec son vieil ami Alabouri...
Alabouri, je l'ai eu ce soir au téléphone. Cela faisait presque 3 semaines que nous n'avions pas pu nous joindre. Il a été immobilisé par un sérieux mal de dos (et pour qu'un Dogon ne marche pas...), paracetamol, diclofénac rien n'y a fait. Finalement il a eu recours à un "médicament dogon", dont je n'ai pas vraiment saisi la composition, qui l'a remis sur pied ! Au téléphone, c'était comme si "j'entendais" ses yeux malicieux me dire "nous aussi les Dogon, on sait des choses..." Quel bonheur d'entendre cela, car pour "Tisser la Santé" c'est justement cela le tissage : acquérir de nouveaux outils sans se défaire des plus anciens.
Donc, Alabouri va mieux ! Le village va bien dans son ensemble, Ils ont terminé, depuis quelques semaines, les réserves de mil que nous avions financé mais ils ont récolté un peu de "jeune mil" (pas encore arrivé à maturité complète) pour faire la "soudure". Et puis les jardins fournissent du maïs, des gombos, des comcombres, des aubergines, du piment, de l'oseille et des feuilles de baobab (pour la sauce !). Ils sont donc sortis de la période à risque de malnutrition sévère. Les récoltent vont commencer le mois prochain.
Il reste à espérer que la guerre ne se déclanche pas avant les récoltes, et que les criquets-pélerins, annoncés plus au nord du fait de l'absence de lutte anti-acridienne en Lybie et qui migrent actuellement en nuages vers le Mali et la Mauritanie, n'arrivent pas trop vite...

Merci pour votre patience et vos soutiens nombreux, et comme à l'accoutumé recevez, de la part d'Alabouri, les salutations de tout le village de Koyo.

Très amicalement
Dr Pierre Lamache

www.cridecoeur.org
09/07/2012

www.cridecoeur.org

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14/05/2012

33 218 briques ont été récoltées grâce à vos dons. Merci à tous pour votre soutien !
www.tisserlasante.fr

14/05/2012

Chers amis,

Nous continuons à être régulièrement en contact avec nos amis de Koyo, en particulier Alabouri et Hamidou. Nous avons également pu avoir aujourd'hui le Maire de Boni, Hamadoun Dicko, au téléphone.
Tous nous confirment que la situation reste calme à Boni et dans les environs. Les hommes et les marchandises circulent quasiment normalement et, bonne nouvelle, le prix du mil commence à amorcer une petite baisse puis qu'on peut trouver le sac de 100kg autour de 28000 FCFA au lieu de 30000 (rappelons que le prix habituel à cette période est autour de 15000).

Cependant la situation politique n'est absoluement pas réglée. Le gouvernement, à Bamako, peine à trouver ses marques et doit déjà faire face aux contestations sur sa légitimité. Contestation qui est allée il y a 15 jours jusqu'à une tentative de "contre-push" à l'initiative de parachutistes (les "bérets rouges") restés fidèles à l'ancien Président. Cette tentative a avorté non sans faire plusieurs dizaines de morts, rajoutant de l'insécurité et de la confusion à la situation actuelle. Nul doute qu'en attendant, les rebelles du Nord (MNLA, Ansar Eddine, AQMI et autres groupes islamistes) se frottent les mains et en profitent pour renforcer leurs positions. Dans des villes comme Tombouctou, Gao, Kidal, selon les témoignages recueillis (y compris par Human Rights Watch), le radicalisme islamique s'installe brutalement.

A Boni, rien de tel, mais les rebelles et en particulier Ansar Eddine, commencent à organiser des réunions avec les habitants, nommant des personnes pour "garder" le centre de santé ou l'école, et disent s'opposer à tout brigandage (qui seraient plutôt le fait de membres du MNLA, les autonomistes Touareg, ou se réclamant comme tels.) Essaient-ils de gagner les habitants à leur cause dans une zone qui servira sûrement de "tampon" en cas de conflit armé ? Pas impossible, ceux-ci demandant avant tout suffisament de tranquilité pour travailler leurs champs et trouver de la nourriture.

A ce propos et selon Alabouri, qui donne un coup de main au centre de santé quand il descend de Koyo, les cas de malnutrition sont de plus en plus nombreux à Boni et dans les 32 villages avoisinants. Seul le village de Koyo ne se débrouille pas trop mal, à la fois grâce à Alabouri qui surveille de près l'état de santé des enfants, et de l'appui que nous pouvons leur apporter.
Alors qu'ils avaient réduit leur alimentation à un repas par jour, ils peuvent à nouveau en faire deux (situation très habituelle). Pour ne pas consommer trop de mil, ils le mélangent aux feuilles séchées, probablement riches en protéines, d'un arbre qu'ils nomment "l'arbre du chef" (c'est un très bel arbre qui jouxte le quartier du chef de village).
La banque de Douentza étant toujours fermée, Hamidou est allé mercredi dernier à Mopti (300km) car, d'après nos renseignements, il devrait pouvoir retirer l'argent que nous avons envoyé pour le village, dans cette agence. Manque de chance la banque est fermée jusqu'à mardi prochain. Il est donc revenu car les travaux des champs ont repris et l'on a besoin de tous les bras à Koyo. Il va refaire le voyage mardi prochain...

Merci encore pour vos nombreux soutiens et messages de solidarité.

Très amicalement
Dr Pierre Lamache

27/04/2012

Chers amis,

Alors que le processus "démocratique" reprend à Bamako, avec cette semaine la nomination d'un nouveau premier ministre et d'un gouvernement, le Nord du pays est toujours occupé par les rebelles Touareg du MNLA (autonomistes), les islamistes radicaux d'Ançar Eddine (qui veulent imposer la Charia), et des groupes armés affiliés à AQMI (Al Quaida au Maghreb Islamique). Les prochains jours vont être déterminants pour savoir si l'on s'achemine vers une solution négociée ou une guerre déclarée...

A Boni, les troupes rebelles passent régulièrement pour rappeler à la population qu'ils sont bien présents. Le Centre de Santé et l'école sont toujours épargnés, ce qui ne serait pas le cas dans d'autres localités selon un responsable de la Mairie de Boni. Seule la gendarmerie de Boni, désertée depuis le début, a été vandalisée pour y prendre 3 armes vétustes et une moto. Nous avons eu des nouvelles de Souleymane, le médecin du Centre de Santé, il est toujours dans sa famille à Bamako et nous a assuré vouloir retourner à Boni lorsque la situation sera "stabilisée"...
Le marché du jeudi n'a pas repris son activité habituelle. La semaine dernière, des marchands de Mondoro (60 km au sud de Boni) sont venus vendre du mil avec des charettes tirées par des ânes, mais ils ont été détroussés du produit de leurs ventes par des rebelles. Ces marchands, qui vendent un mil un peu moins cher car il y a peu de frais de transport, ne sont évidemment pas revenus aujourd'hui...

Ce soir, au téléphone, Alabouri du village de Koyo, comme à l'accoutumée, a une voix rassurante pour me dire que "le village va bien". Mais au fil de la conversation je comprends à quel point il est préoccupé par les difficultés d'approvisionnement alimentaire. La spéculation sur le prix du mil atteint des sommets puisque en comparaison avec avril 2011 le prix a doublé. Le sac de 100 kgs qui était à 15000 FCFA en 2011 est aujourd'hui vendu à Boni 35000 FCFA. Alabouri a pu le trouver à 30000 en se déplaçant de 40 km...
Le Mali est dans sa période la plus chaude de l'année, rien ne pousse dans la zone sahélienne du Nord, et les cultures maraîchères qui pourraient apporter un complément alimentaire, ne donneront pas de légumes avant au moins 2 mois.
Résultat, les adultes du village (450 habitants avec les enfants) ne font qu'un seul repas par jour depuis déjà plusieurs semaines, la fatigue commence à s'installer. Alabouri, qui est l'agent de santé du village, m'assure que pour le moment les enfants ne souffrent pas de malnutrition.
Jusqu'ici le système bancaire était bloqué, impossible de faire parvenir de l'argent sur le compte du village situé à Douentza (100 km). Cependant mercredi la tentative de virement semble avoir réussie. Evidemment cela ne signifie pas encore qu'ils pourront retirer l'argent...Grâce à vos dons, nous avons envoyé 3000 euros soit environ 2 millions de FCFA. Cela correspond à 6,5 tonnes de mil. Le village a estimé qu'il pourrait tenir cette période de "soudure" avec environ 10 tonnes.

Ce soir Alabouri était réconforté par cette nouvelle, il m'a demandé, au nom du village, de transmettre ses salutations à tous ceux qui pensent à eux. Voilà chose faite !

Très amicalement
Dr Pierre Lamache

13/04/2012

Chers amis,

Il y a quelques jours nous avons pu parler au téléphone avec Hamadoun Dicko, le Maire de Boni. Il nous a raconté les deux nuits d'angoisses émaillées de tirs d'intimidation des troupes rebelles passant par Boni, mais sans aucun blessé et sans pillage. Il est possible que Boni ait été épargnée car elle a toujours été une terre d'accueil pour les familles Touareg désirant s'y sédentariser. Boni est d'ailleurs réputé jusqu'en Mauritanie et au Niger pour son marché aux bestiaux et l'on vient de loin pour y acheter des chameaux.

Aujourd'hui jeudi, jour de ce fameux marché hebdomadaire, nous avons pu joindre Alabouri de Koyo. Le calme est revenu et, bonne nouvelle, un marché réduit a pu se tenir, quelques marchands ayant fait le déplacement avec des charettes. Habituellement ce sont des camions qui arrivent par la piste, chargés de mil, de riz, autres denrées et animaux. C'est tout de même bon signe et l'on peut espérer que la circulation des hommes et des marchandises reprennent suffisament pour assurer le ravitaillement des 26000 habitants de la commune. Evidemment cela reste fragile, en particulier si les forces armées entrent en "guerre totale" avec les rebelles comme la laissé entendre aujourd'hui le Président par intérim Dioncounda Traoré.

Par ailleurs, le système bancaire de Douentza est toujours bloqué et les fonctionnaires affectés à Boni n'ont pas fait leur réapparition. Souleymane Diarra, le médecin du centre de santé est toujours à Bamako dans sa famille. Les possibilités de soins sont donc réduites.

Hamadoun Dicko nous a dit être touché par le soutien moral que nous leurs manifestons.

Vous pouvez retrouver toutes ces nouvelles sur la page d'accueil de notre site www.tisserlasanté.fr

Nous profitons aussi de ce mot pour vous informer que Foued Berahou, courageux marathonien de 58 ans, participe actuellement au 27 ème Marathon des Sables qui se déroule dans le désert marocain (1 marathon par jour pendant 1 semaine dans de rudes conditions !). Il s'agit de son 5ème Marathon des Sables et il a décidé cette année de le courir "pour" Tisser la Santé. Vous pouvez suivre sa course sur le site du Marathon des Sables www.darbaroud.com

Merci encore pour vos nombreux soutiens !
Dr Pierre Lamache

06/04/2012

Tout d'abord merci pour les nombreux messages de solidarité que vous nous avons reçu et que nous allons essayer de retransmettre là bas.
Aujourd'hui nous avons pu joindre au téléphone Alabouri et Hamidou. Alabouri est l'agent de santé de Koyo que nous avons formé et qui fait un travail remarquable depuis des années, c'est aussi l'un des conseillers les plus écoutés du village. Hamidou, également du village de Koyo, est notre "logisticien" lorsque nous sommes sur place, infatigable il semble fait de la même matière que la roche solide de la falaise.
"le village va bien" ont été leurs premières paroles ! Il est vrai que la falaise constitue la meilleur forteresse naturelle que l'on puisse imaginer et ils sont donc parfaitement à l'abri dans le village qui est invisible de la vallée.
A Boni, le calme est revenu car les rebelles n'ont fait que passer, non sans laisser planer la menace d'un éventuel retour... Alabouri, qui est descendu à Boni prudemment dans l'après-midi, a confirmé qu'il n'y a eu aucun blessé. Par contre les gens sont terrorisés. Le poste de gendarmerie est déserté. Le Sous-Prefet qui vit à Boni est également parti, de même que les professeurs de l'école. Le Maire par contre est toujours en place (nous n'avons pas encore pu le joindre). Alabouri a rejoint Kader, un autre aide-soignant et Mariama,une matrone, au Centre de santé pour apporter des soins à quelques personnes.
Bien évidemment, le marché hebdomadaire, qui a lieu le jeudi, ne s'est pas tenu. Ce marché est la source essentielle de ravitaillement pour les 32 villages de la commune. Il ne faut donc pas que cette situation se prolonge trop longtemps...
Enfin, les banques de Douentza, où Boni et Koyo ont leurs comptes, sont fermées et il est impossible d'effectuer des virements pour l'instant.

Merci encore de prendre le temps de nous lire, vous transmettre ces nouvelles adoucit un peu ce sentiment d'impuissance que vous êtes nombreux à partager.

Bien amicalement
Drs Pierre Lamache et Philippe Otmesguine

05/04/2012

Chers Amis,

Vous êtes nombreux à vous inquiéter du sort des habitants de Boni et Koyo.
Les nouvelles ne sont vraiment pas bonnes.
Dans la nuit du 3 au 4 avril, les rebelles Touareg ont pénétré dans Boni en tirant des coups de feu en l'air, terrorisant la population. Beaucoup de gens ont commencé à s'enfuir, en particulier les fonctionnaires. Par ailleurs, les familles Touareg, parfaitement pacifiques, et sédentarisées depuis des décennies dans la commune sont parties se réfugier au Burkina Faso depuis déjà 3 semaines. Cela représente environ 200 familles, hors les Touareg tenaient la plupart des commerces de Boni.
La commune est donc paralysée et totalement désorganisée. Souleymane Diarra le médecin du centre de santé avait rejoint sa famille à Bamako depuis quelques jours. Nous pensons que le Centre de Santé n'a plus les moyens de fonctionner pour l'instant. A Douentza, qui est la ville la plus plus importante à 90km plus à l'Ouest, les rebelles sont également arrivés. Le Médecin-Chef du Centre de référence nous dit que là aussi tout est désorganisé et paralysé.
Pour l'instant nous n'arrivons pas à avoir de nouvelles des habitants de Koyo, qui eux sont protégés par leur falaise.
Il est à redouter que la crise alimentaire, présente depuis quelques mois, ne s'intensifie mettant gravement en danger la santé des habitants et en particulier des enfants les plus fragiles.
Il est important de garder le contact avec nos amis maliens qui sont très touchés que nous prenions de leur nouvelles.

Nous vous tiendrons au courant dès que nous disposerons d'autres informations.

Bien amicalement
Dr Pierre Lamache

Adresse

5-15, Rue Olivier Noyer
Paris
75014

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