10/08/2026
De l’affect à la désidentification en Dynamique émotionnelle
Nous avons souvent tendance à nous identifier à ce que nous ressentons : je suis en colère, je suis anxieux, je suis triste.
Pourtant, un affect n’est pas une identité.
Il est une expérience psychique qui apparaît, évolue et peut se transformer.
La Dynamique Émotionnelle propose de travailler directement à partir de cette expérience.
Plutôt que de chercher d’abord à comprendre intellectuellement pourquoi nous réagissons comme nous le faisons, il s’agit de prendre contact avec l’affect, de l’éprouver, de l’exprimer et de le laisser se déployer.
Une colère actuelle peut ainsi conduire à une autre colère, puis à de la tristesse, à une peur, à un sentiment d’abandon ou à des expériences anciennes.
Au fil de ce déroulement affectif, des liens se révèlent et permettent de mieux saisir ce qui, dans notre histoire, continue d’organiser nos réactions présentes.
Ce travail ne vise pas à supprimer les affects. Ils constituent une part essentielle de notre vie psychique. Il s’agit plutôt de ne plus être entièrement pris dans leur emprise et de pouvoir les vivre sans s’y réduire.
La désidentification permet alors un déplacement essentiel :«Je ressens de la colère, mais je ne suis pas ma colère.
Je ressens de la tristesse, mais je ne suis pas ma tristesse.
Une pensée apparaît, mais elle ne définit pas qui je suis.»
À mesure que les identifications se desserrent, de nouvelles modalités d’être et de relation peuvent devenir possibles.
Nous pouvons répondre autrement, percevoir autrement, entrer en relation autrement.
La personne ne cherche plus à devenir quelqu’un d’autre.
Elle se dégage progressivement de ce qui, dans son histoire, la contraint à se vivre et à agir toujours de la même manière.
Cette démarche rejoint une intuition philosophique qui traverse notamment la pensée de Spinoza : nous ne sommes pas des réalités isolées, mais des formes particulières d’une réalité qui nous englobe et dont nous faisons partie.
Dans cette perspective, la thérapie ne consiste pas à construire une nouvelle identité, mais à desserrer les identifications qui limitent notre expérience de nous-mêmes et de notre relation au monde.
Le travail émotionnel permet ainsi de passer d’un vécu où l’on se confond avec ce qui nous traverse à une expérience plus libre de soi : ressentir pleinement, sans être entièrement défini par ce que l’on ressent.
C’est dans cet espace que peuvent apparaître davantage de liberté intérieure, de souplesse relationnelle et de présence à soi et au monde.
Découvrez l'accompagnement de Lucie Arnulf, thérapeute en Dynamique Émotionnelle Exprimée à Paris 16e et en visio.