21/08/2026
Antiopé mourra en combattant contre ses sœurs, les Amazones. Est-ce à dire que le déplacement d’un culte conduit à l’autodestruction ? Que l’embrassement d’une civilisation inconnue exige le sacrifice de nos appartenances tribales ? De mon point de vue, c’est la névrose de classe qui se dit ici : ce grand écart entre le soi tribal du clan familial, qui se construit sur le carré Bélier-Cancer, et la version relationnelle qui pousse Antiopé vers une union morganatique, figurée par le carré Cancer-Balance. Dans une lecture plus jungienne, l’Amazone Molpadia – dont le nom renvoie probablement à la molpê, le chant rituel, et que certains interprètent symboliquement comme un « chant de mort » – peut être comprise comme la figure de cet agent d’exécution qui anéantit ce qui menace l’identité d’un collectif, autrement dit son propre Moi-Totem. Sa flèche ne tue pas seulement Antiopé ; elle sanctionne symboliquement le déplacement d’une appartenance et rappelle la puissance des fidélités anciennes face à toute tentative de transformation.
Était-ce à dire que l’union d’Antiopé et de Thésée était condamnée ? Rien n’est moins sûr. À mon sens, Thésée échouera bien davantage après la mort d’Antiopé, lorsqu’il épousera Phèdre puis cherchera à enlever Perséphone. Car, avec la disparition de l’Amazone, c’est aussi la possibilité d’une médiation qui s’éteint. Le deuil ne sera pas traversé ; il sera contourné. Une fois encore, le Moi-Totem reprendra ses droits, préférant la répétition à la transformation.