17/07/2026
ON NE NÉGOCIE PAS AVEC L’INTÉRÊT SUPÉRIEUR DE L’ENFANT !
Hier, l’Assemblée Nationale a adopté en première lecture 2 mesures majeures du projet de loi intégral sur l’enfance : l’ordonnance de sûreté de l’enfant – créant un « sas de protection juridique » pour les mères protectrices – et l’imprescriptibilité des crimes s3xuels.
Pour beaucoup, c’est un jour historique. Pour FEMEN, qui dénonce le carnage des mères et des enfants face à l'institution judiciaire, c’est un rappel brutal de la lenteur coupable de l'État.
Nous refusons de célébrer des promesses. Face à l'inertie d’un gouvernement qui réagit toujours au rythme du calcul politique plutôt qu’à celui de l'urgence vitale, la prudence s’impose.
Ces 2 avancées ne sont certainement pas un cadeau du pouvoir mais le fruit de décennies de combats acharnés menés par les survivantes et les collectifs féministes. Elles découlent directement de la CIIVISE, et des recommandations de la Commission parlementaire d’enquête sur l’inc3ste. Mais combien d'enfants ont été brisés entre le dépôt de ce rapport et ce premier vote nocturne à l'Assemblée ?
L'inertie gouvernementale est un choix politique. En retardant sans cesse l’application du principe de précaution, l’État s’est rendu complice d'un système qui criminalise les mères protectrices – poursuivies pour « non-représentation d’enfant » lorsqu’elles tentent d’interposer leurs corps entre leur enfant et un agresseur présumé – tout en garantissant une impunité totale aux auteurs de vi@lences s3xuelles.
L’adoption de ces amendements en première lecture ne doit pas masquer les douilles. L'expérience nous a appris à nous méfier des effets d'annonce. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat. Combien de fois avons-nous vu des lois progressistes être vidées de leur substance, rabotées par un conservatisme patriarcal qui refuse de voir la réalité de la péd@criminalité intra-familiale ?
Inscrire l'imprescriptibilité de l'inceste dans le marbre de la loi est un symbole fort. Mais sans une enveloppe budgétaire massive pour former les magistrats, recruter des enquêteurs spécialisés et désencombrer les tribunaux, cette mesure restera une coquille vide. L'imprescriptibilité protège contre l'effacement du temps, mais elle ne règle pas le traitement structurellement défaillant de la parole des victimes par l'institution policière et judiciaire.
Le principe de précaution comme urgence absolue
Ce que nous exigeons, est un changement de paradigme. L'ordonnance de sûreté doit devenir un bouclier inviolable. Le doute doit enfin bénéficier à l’enfant, et non plus à l'agresseur.
Nous appelons à la vigilance la plus absolue. Nous ne laisserons pas ce gouvernement s'acheter une conscience féministe tant que ces lois ne seront pas définitivement adoptées, financées et appliquées sur le terrain, notre colère restera intacte.
L'intérêt supérieur de l'enfant ne se négocie pas dans les antichambres du pouvoir : il s'impose.
📸 Dyn photo