07/07/2026
À vous, mes jolies forêts drômoises.
Vous qui m’avez appris à voir dans la nature autre chose qu’un simple terrain de jeu.
Vous qui avez éveillé mon âme sauvage.
Vous qui avez su préserver mon âme d’enfant.
Je vous dois tellement…
Vous m’avez aidé à renaître quand je suis arrivé au lycée Sport Nature de Die, à 16 ans à peine.
Sous vos arbres, il y a eu mes premiers baisers.
Sous d’autres, mes premières promesses de voyage.
Mes premières siestes sur la mousse.
Mes premières larmes en haut d’un sommet. Mes chagrins que vous avez accueillis sans condition.
Mes joies irrationnelles devant une lumière, une branche, un animal aperçu, une présence invisible.
Je me suis senti vivant parmi les vivants.
Parmi les arbres, les animaux, les insectes, les pierres magnifiques.
À vous, mes jolies forêts drômoises.
En ce moment même, je vous regarde partir en fumée depuis chez moi.
Mon cœur pleure.
J’aimerais que toutes ces larmes puissent venir éteindre le feu qui vous embrase.
Que toutes les larmes des habitants de la Drôme, si touchés par ces incendies, puissent devenir pluie.
Et à défaut, j’aimerais que votre feu nous réveille.
Qu’il nous fasse enfin tenir debout comme des adultes.
Qu’on se réveille sur l’importance absolue de vous protéger, de faire de vous une priorité.
Qu’on se réveille sur ce lien immense qui nous unit à vous.
Et qu’au milieu des cendres, quelque chose de plus juste se relève.
Notre conscience, notre humilité, notre interdépendance.
Car ce n’est pas seulement que nous avons besoin de la forêt.
Nous sommes la forêt.
Pensées à toutes celles et ceux qui sont en ce moment même proche du feu, qui doivent peut être être évacués, pensées à tous les êtres vivants qui victimes de ces incendies.
Merci à tous les pompiers et à toutes les personnes mobilisées pour lutter contre les flammes 🙏