12/08/2026
Pour refaire le point sur "Le sens du mouvement" 🙂
Et comprendre pourquoi j'ai choisi cette baseline 😉 LHumen, le sens du mouvement en tant que praticienne de la méthode Feldenkrais...
Si vous souhaitez (re) découvrir l'origine de Lhumen, rendez-vous sur mon site Internet. 🔗https://lhumen.care/a-propos
A très vite pour explorer, encore et encore, les sensations du corps en mouvement !
Stéphanie
☺️🧡✨
J'ai eu la chance, il y a quelques années, de travailler sous la direction d'Alain Berthoz — c'est donc avec un plaisir particulier que je partage ici certaines de ses idées, qui résonnent toujours bien avec le Feldenkrais.
Dans Le Sens du mouvement (1997), le neurophysiologiste Alain Berthoz (Collège de France) part d'un constat : on compte cinq sens depuis Aristote, et on en oublie un sixième — la kinesthésie, ou sens du mouvement. On l'oublie parce qu'il n'a pas d'organe unique et visible : ses capteurs sont dispersés dans les muscles, les tendons, les articulations, l'oreille interne. Et pourtant, comme l'écrit Berthoz, il existe un plaisir du mouvement — exécuté ou simplement perçu — au même titre qu'il existe un plaisir de la couleur ou du son.
Le titre du premier chapitre donne le ton : « La perception est une action simulée ». Pour Berthoz, le cerveau ne fonctionne pas comme un ordinateur qui recevrait des informations sensorielles et les traiterait passivement. C'est, selon ses propres mots, « un simulateur qui fait des hypothèses » — un système qui anticipe en permanence, avant même que l'information sensorielle ne soit complètement arrivée.
Cette intuition rejoint ce que la neuroscience appelle le codage prédictif de l'action (predictive coding) : l'idée que le cerveau ne part jamais d'une page blanche pour percevoir, mais qu'il émet en permanence des prédictions sur ce qu'il devrait ressentir, et ne traite activement que l'écart entre ce qui était prévu et ce qui arrive réellement. Percevoir, dans ce cadre, c'est moins « recevoir » de l'information que la confirmer ou la corriger.
Ce qui ramène directement au sixième sens dont parle Berthoz. Si le cerveau fonctionne par prédiction et correction, la kinesthésie est précisément le canal qui l'alimente en continu sur ce qui se passe dans le corps en mouvement — le flux qui permet à l'hypothèse d'être vérifiée, geste après geste.
Référence : Berthoz, A. (1997). Le Sens du mouvement. Paris : Odile Jacob.