19/11/2024
Aujourd’hui je voulais remercier Mme. M, ma patiente du lundi. Elle a fait preuve de beaucoup de courage: atteinte de la maladie d’Alzheimer, en quelques jours son état s’est dégradé. D’habitude libre de ses mouvements et fonctions, hier malheureusement lorsque j’arrive elle est en fauteuil, très limitée dans ses mouvements et voûtée dans son siège.
J’ai mis une bonne vingtaine de minutes à tenter d’arrêter ses pleurs et son angoisse. Respiration accélérée, larmes, pleurs et visage crispé.
Mais il s’est passé quelque chose de magique lors de cette séance.
J’imagine que l’angoisse paralyse, que la maladie rogne toute les parties de cognition qu’il reste.
Mais croyez moi quand je vous dit que la patience, la douceur, la gentillesse et ici Richard Strauss ont des vertues thérapeutiques quasi immédiates.
J’ai trouvé à 17h une dame voûtée, le visage crispé, les yeux fermés et j’ai quitté à 17h50 une dame réveillée, le corps se redressant à l’écoute de Richard Strauss. Les pleurs ont cessé, elle a même ri. Bien sûr cela ne s’est pas fait en un claquement de doigt, et ce n’est pas uniquement le fait de Strauss; j’ai d’abord dû rétablir nos principes de communication -non aidée par le verbal - que nous mettons en place depuis plus d’ un an.
Aujourd’hui je suis fière, je n’ai pas eu recours à l’aide chimique, que de la musique, du chant, du rythme, pas d’anxiolytique pour calmer l’angoisse, cette fois le Beau Danube Bleu a fait son œuvre.