21/07/2026
Aujourd’hui, je ne vais pas vous partager l’histoire d’une cliente.
Aujourd’hui, je vais vous partager une partie de ma vie. Une histoire qui m’a profondément transformée et qui est, sans aucun doute, à l’origine de la praticienne que je suis aujourd’hui.
Cette histoire, c’est celle de Mayllie.
Mayllie était une American Staff que j’ai accueillie alors qu’elle n’avait que 4 ou 5 mois. Une petite crevette, toute apeurée, qui s’est très vite adaptée à mon mode de vie. À cette époque, j’étais monitrice d’équitation. Elle a grandi dans les écuries, entourée de chevaux, de nature et de liberté.
Elle a grandi aux côtés de ma fille. Toutes les deux étaient comme des sœurs. Elles ne se quittaient jamais. Et partout où j’allais, Mayllie était avec moi.
Je me souviens encore de nos courses en buggy dans les chemins. Elle courait à une vitesse f***e, avec une puissance incroyable et une joie de vivre qui faisait sourire tout le monde.
Puis, à l’âge de deux ans, tout a basculé.
Une grosseur est apparue.
Je l’ai emmenée chez le vétérinaire, persuadée que ce n’était rien de grave.
Le verdict est tombé : cancer de la peau.
Son espérance de vie était estimée à un an.
À cette époque, je commençais tout juste à découvrir cette capacité que j’avais dans les mains. Je ne comprenais pas encore vraiment ce qu’il se passait, mais je ressentais profondément que je pouvais faire quelque chose pour elle.
Quelques mois plus t**d, deux énormes masses sont apparues. Elle a subi une première opération. J’ai cru la perdre ce jour-là.
Le vétérinaire m’a proposé un protocole de chimiothérapie et de radiothérapie. J’ai refusé. En revanche, un traitement médicamenteux m’a été proposé. À ce moment-là, je me reconvertissais comme aide-soignante et j’intégrais l’école d’infirmière. Grâce à mes connaissances, j’ai découvert que la même molécule existait sous une autre forme, beaucoup moins coûteuse : de la cortisone. J’en ai parlé avec son vétérinaire qui a accepté ce changement.
Mais malgré cela, le cancer continuait d’évoluer.
Six mois plus t**d, des mélanomes apparaissaient partout sur son corps. J’ai décidé de la faire opérer une nouvelle fois. Treize mélanomes lui ont été retirés.
Et pourtant…
Elle continuait à se battre.
Jamais elle n’a perdu son envie de vivre.
À cette époque, la communication animale faisait déjà partie de mon quotidien. Je culpabilisais énormément de ne pas réussir à la sauver. Un jour, elle m’a transmis un message qui restera gravé en moi :
« Ta culpabilité nourrit davantage ta souffrance que la mienne. Accepte-moi telle que je suis. Ce cancer fait partie de moi. Vis simplement chaque instant avec moi. »
À partir de ce moment-là, je n’ai plus regardé uniquement sa maladie.
J’ai regardé Mayllie.
Il y avait des périodes où les mélanomes semblaient presque disparaître, puis d’autres où ils revenaient avec une violence impressionnante.
Le plus difficile n’était parfois pas la maladie.
C’était le regard des autres.
Les personnes qui croisaient Mayllie pensaient souvent que je ne faisais rien pour elle. Elles ne voyaient pas tout ce qui se passait à la maison, les heures passées à prendre soin d’elle, à la soulager, à l’accompagner, à lui donner tout ce que j’avais.
Mayllie n’était pas simplement ma chienne.
Elle faisait partie de ma famille.
Elle était aussi importante que ma propre fille.
Les années passaient.
Trois ans…
Quatre ans…
Cinq ans…
Six ans…
Les vétérinaires n’en revenaient pas.
Elle était toujours là.
Toujours présente.
Toujours prête à me suivre.
Ses plus beaux moments étaient à la rivière. Elle plongeait comme un véritable sous-marin. Ceux qui l’ont connue savent exactement de quoi je parle.
Puis j’ai changé de région et rencontré un vétérinaire qui était également maître Reiki.
Après avoir entendu toute notre histoire, il m’a simplement dit :
« Votre histoire ne m’étonne pas. Vous êtes reliées toutes les deux d’une façon exceptionnelle. Elle reçoit énormément de votre amour et de votre énergie. »
Pour la première fois, je me suis sentie comprise.
Avec son accord, nous avons progressivement arrêté la cortisone qui la rendait immunodéprimée. Les contrôles vétérinaires continuaient, mais son accompagnement reposait essentiellement sur les soins énergétiques.
Au début, une séance par mois suffisait.
Puis une tous les quinze jours.
Puis une chaque semaine lorsque son corps en ressentait le besoin.
On lui donnait un an à vivre.
Elle est restée dix ans à mes côtés.
Chacun est libre d’y voir une coïncidence.
Moi, j’y vois dix années durant lesquelles les soins énergétiques ont occupé une place essentielle dans son accompagnement. C’est ce que j’ai vécu. C’est ce que j’ai observé au fil des années. J’ai vu son énergie revenir après les séances, son regard s’illuminer à nouveau, son envie de sortir, de jouer, de profiter malgré la maladie. Personne ne pourra m’enlever ce que j’ai vu de mes propres yeux. C’est cette expérience qui a donné naissance à la praticienne que je suis devenue aujourd’hui.
À dix ans, son corps commençait à fatiguer.
Les mélanomes étaient devenus immenses. Certains touchaient le sol. Je lui fabriquais des tee-shirts pour soutenir leur poids. Je la portais souvent pour lui éviter de souffrir davantage.
À plusieurs reprises, je lui ai demandé si elle était prête à partir.
À chaque fois, sa réponse était la même.
« Pas maintenant. »
Puis le mois de décembre est arrivé.
Je passais mes journées allongée auprès d’elle. Je pleurais toutes les larmes de mon corps. J’essayais doucement de me préparer.
Mais elle, elle n’était pas prête à me quitter.
Le jour de son départ, elle est descendue une dernière fois de son canapé. Elle s’est tournée vers moi. Nos regards se sont croisés.
Puis son corps a lâché.
Je me suis précipitée vers elle. Je l’ai prise dans mes bras.
Son cœur battait encore.
Son souffle était toujours là.
Elle attendait simplement que mon mari lui promette qu’il continuerait à veiller sur moi.
Lorsqu’il lui a fait cette promesse, il a ouvert la fenêtre.
Et Mayllie a pris son dernier souffle dans mes bras.
Le jour où elle est partie, c’est une partie de moi qui est partie avec elle.
Je ne saurais même pas mettre des mots sur ce que j’ai ressenti.
C’était un vide sidéral.
Comme si quelque chose s’était décroché à l’intérieur de moi.
Un vide impossible à combler.
Les premiers jours ont été d’une douleur indescriptible.
Et pourtant…
Chaque fois que je fermais les yeux, je la sentais près de moi.
J’entendais presque ses mots.
« Ne culpabilise pas. Ne sois pas triste. Garde précieusement tous nos souvenirs. Je suis partie de mon corps, mais je veille toujours sur toi. »
Pendant longtemps, j’ai cherché à comprendre cette sensation étrange que je ressentais dans ma poitrine. Comme si je devais remplir ce vide. Puis j’ai compris.
Ce vide n’était pas fait pour être remplacé.
Il était là pour m’apprendre à me retrouver moi-même, à me respecter, à continuer d’avancer avec tout ce qu’elle m’avait transmis.
Mayllie n’a pas seulement été ma chienne.
Elle a été mon plus grand professeur.
Elle m’a appris que, même lorsque l’on ne peut pas empêcher une maladie d’être là, on peut accompagner un être avec amour, dignité et présence jusqu’à son dernier souffle.
Et c’est sans aucun doute le plus beau cadeau qu’elle m’ait laissé.