Natacha Guiraud Saint Ciers d'Abzac

Natacha Guiraud Saint Ciers d'Abzac Psychanalyse/Hypnothérapeute/Sexologue. spécialiste des troubles cognitifs, comportementaux,dépression, stress..

06/08/2026

UNE PERSONNE QUE VOUS AIMEZ A ÉTÉ AGRESSÉE : COMMENT L’ACCOMPAGNER SANS L’ENVAHIR ?

Lorsqu’une femme, un homme, une adolescente ou un adolescent révèle avoir été agressé, les proches peuvent se sentir totalement démunis.

Un conjoint peut ressentir une colère immense.
Un parent peut être envahi par la culpabilité.
Un proche peut vouloir obtenir immédiatement tous les détails, confronter l’agresseur ou pousser la victime à porter plainte.

Ces réactions sont humaines. Pourtant, dans les premiers instants, la priorité n’est pas de comprendre toute l’histoire ni de décider immédiatement de la marche à suivre.

La priorité est d’accueillir la parole.

« JE TE CROIS »

Ces trois mots sont fondamentaux.

Une personne agressée peut avoir gardé le silence pendant quelques heures, plusieurs mois ou même de nombreuses années. Elle peut avoir peur de ne pas être crue, se sentir coupable, minimiser ce qu’elle a vécu ou douter elle-même de la légitimité de sa souffrance.

Elle peut également raconter les faits de manière fragmentée, confuse ou apparemment contradictoire.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle ment.

Face à un événement traumatique, la mémoire ne fonctionne pas toujours comme un récit parfaitement organisé. Certaines sensations peuvent rester très présentes, tandis que d’autres éléments demeurent flous ou semblent avoir disparu.

Il est donc essentiel de ne pas transformer la confidence en interrogatoire.

Évitez les phrases telles que :

« Pourquoi n’as-tu pas crié ? »
« Pourquoi ne t’es-tu pas défendue ? »
« Pourquoi étais-tu à cet endroit ? »
« Pourquoi ne me l’as-tu pas dit avant ? »
« Es-tu vraiment certaine de ce qui s’est passé ? »

Le silence, la sidération, l’impossibilité de réagir, le fait de céder ou de continuer à fréquenter l’agresseur ne signifient jamais que la personne était consentante.

L’agression reste toujours de la responsabilité de l’agresseur.

REDONNER DU CONTRÔLE À LA PERSONNE

Une agression constitue une effraction profonde : les limites, le corps, la sécurité et parfois l’intimité de la personne ont été bafoués.

Vouloir tout décider à sa place, même avec de bonnes intentions, peut involontairement lui faire vivre une nouvelle perte de contrôle.

Lorsqu’il s’agit d’une personne adulte, il est préférable de demander :

« De quoi as-tu besoin maintenant ? »

« Souhaites-tu que je reste avec toi ? »

« Veux-tu que je t’accompagne chez un médecin, dans une association ou auprès des forces de l’ordre ? »

« Souhaites-tu en parler ou préfères-tu que nous restions simplement ensemble ? »

Accompagner ne signifie pas abandonner la personne à elle-même.

Cela signifie lui présenter les possibilités, l’aider à se protéger et avancer à ses côtés, sans s’approprier son histoire.

Lorsqu’un enfant ou un adolescent est concerné, sa protection doit en revanche passer avant tout. Il est important de ne pas confronter soi-même l’agresseur et de solliciter rapidement les professionnels et services compétents.

LE REGARD PSYCHANALYTIQUE : RETROUVER UNE PAROLE QUI APPARTIENT À SOI

Après une agression, la victime peut avoir l’impression que son histoire ne lui appartient plus.

Elle peut se sentir réduite à ce qui lui est arrivé, enfermée dans la honte, la peur ou le silence.

Le travail thérapeutique ne consiste pas à lui faire répéter les faits jusqu’à obtenir un récit parfaitement détaillé. Il s’agit de lui offrir un espace dans lequel elle pourra progressivement mettre des mots sur ce qu’elle a vécu, sur ce qu’elle ressent aujourd’hui et sur les conséquences que l’événement a laissées dans sa vie.

Parler peut permettre de remettre de la continuité là où l’agression a créé une rupture.

Mais cette parole doit rester libre.

Il ne faut ni l’arracher, ni la précipiter, ni l’imposer.

Certaines personnes auront besoin de beaucoup parler. D’autres commenceront par évoquer leur sommeil, leurs peurs, leurs relations ou leurs sensations corporelles avant de pouvoir nommer directement l’agression.

Chaque chemin est différent.

L’HYPNOTHÉRAPIE : RETROUVER UN SENTIMENT DE SÉCURITÉ

L’hypnothérapie peut être envisagée dans un accompagnement thérapeutique adapté, lorsque la personne le souhaite et se sent suffisamment en sécurité.

Elle ne doit pas servir à forcer la récupération de souvenirs, à rechercher des détails prétendument oubliés ou à imposer une confrontation avec l’événement.

Le travail peut plutôt porter progressivement sur :

– le sentiment de sécurité intérieure ;
– l’apaisement de certaines réactions anxieuses ;
– la reconnexion au corps sans contrainte ;
– la restauration des limites personnelles ;
– la diminution de certains déclencheurs ;
– la capacité à retrouver des ressources et du contrôle.

La personne doit pouvoir interrompre la séance, ouvrir les yeux, changer de sujet ou refuser un exercice à tout moment.

Dans tout accompagnement du traumatisme, le consentement reste central.

LE REGARD DE LA SEXOLOGIE : LE CORPS ET L’INTIMITÉ PEUVENT ÊTRE BOULEVERSÉS

Après une agression sexuelle, mais également après certaines violences physiques ou conjugales, la relation au corps et à l’intimité peut être profondément modifiée.

La personne peut ressentir :

– une peur d’être touchée
– une baisse ou une disparition du désir
– un dégoût de son corps
– une difficulté à se déshabiller
– des douleurs pendant les rapports
– une hypervigilance
– un besoin de contrôler chaque geste
– une impossibilité temporaire de supporter certaines caresses
– ou, au contraire, des comportements sexuels inhabituels qui peuvent constituer une manière de tenter de reprendre le contrôle.

Il n’existe pas une seule réaction « normale ».

Le conjoint ou la conjointe ne doit pas prendre personnellement un refus de contact, une absence de désir ou un changement dans la sexualité.

Il est essentiel de demander l’accord avant tout contact, même dans une relation ancienne :

« Est-ce que je peux te prendre dans mes bras ? »

« Souhaites-tu que je te touche ? »

« Dis-moi si tu veux que j’arrête. »

La tendresse ne doit jamais devenir une obligation thérapeutique. La sexualité ne doit pas être utilisée pour vérifier si la personne « va mieux ».

La reconstruction de l’intimité se fait progressivement, dans le respect du corps, des limites et du rythme de chacun.

LE PROCHE A AUSSI BESOIN D’ÊTRE SOUTENU

Apprendre qu’une personne que l’on aime a été agressée peut provoquer un véritable bouleversement.

Le proche peut ressentir de la colère, de l’impuissance, de la tristesse, des images envahissantes ou une culpabilité intense :

« J’aurais dû le voir. »

« J’aurais dû la protéger. »

« J’aurais dû comprendre plus tôt. »

Il a lui aussi le droit d’être accompagné.

Mais il est important qu’il cherche ce soutien auprès d’un professionnel ou d’une personne de confiance, afin que la victime n’ait pas à consoler son entourage ou à gérer sa colère.

Sa douleur mérite d’être entendue, sans prendre toute la place.

ACCOMPAGNER, C’EST AUSSI RESTER PRÉSENT DANS LE TEMPS

Les conséquences d’une agression ne s’arrêtent pas au moment où les faits prennent fin.

Des difficultés peuvent apparaître ou persister :

– cauchemars
– anxiété
– flashbacks
– irritabilité
– honte ou culpabilité
– isolement
– troubles du sommeil
– peur de certains lieux ou de certaines personnes
– difficulté à faire confiance
– modification du rapport au corps et à la sexualité.

Évitez de demander :

« Quand vas-tu enfin passer à autre chose ? »

« Pourquoi cela te fait-il encore souffrir ? »

La reconstruction n’est pas linéaire. Une personne peut aller mieux pendant plusieurs semaines, puis être bouleversée par une date, une odeur, un lieu, une information ou un contact inattendu.

Rester présent ne signifie pas surveiller constamment.

Cela peut simplement consister à dire :

« Je suis toujours là. »

« Tu n’es pas obligée ou obligé de m’en parler, mais tu peux le faire quand tu le souhaites. »

Vous ne pourrez peut-être pas effacer ce qui s’est passé.

Mais vous pouvez empêcher qu’une personne reste seule avec ce qu’elle a vécu.

Croyez-la.
Déculpabilisez-la.
Protégez-la.
Respectez son rythme.
Aidez-la à retrouver du pouvoir sur son corps et sur sa vie.

NUMÉROS UTILES EN FRANCE

• Danger immédiat : 17 ou 112
• Urgence médicale : 15
• Urgence par SMS, notamment lorsqu’il est impossible de parler : 114
• Violences Femmes Info : 3919
• Aide aux victimes et à leurs proches : 116 006
• Enfance en danger : 119

⚠️ Cet article fournit des repères généraux. Il ne remplace pas une prise en charge médicale, psychologique, associative ou judiciaire adaptée à chaque situation.

Natacha Guiraud
Psychanalyste, hypnothérapeute, Sexologue

📍Saint-Ciers-d’Abzac
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03/08/2026

SINISTRÉS ET ÉVACUÉS DES INCENDIES : DEUX TRAUMATISMES, DEUX CHEMINS VERS LA GUÉRISON.

1. Ceux qui ont tout perdu (La perte matérielle totale et le deuil de l'ancrage).

​LE TRAUMATISME

​On parle ici d'une effraction traumatique majeure doublée d'un deuil complexe. La destruction de la maison ne représente pas seulement la perte de murs, mais la disparition brutale de ce que la psychanalyse nomme le Moi-peau ou l'enveloppe contenante. Le chez-soi est le prolongement de la psyché : il abrite la mémoire, l'intimité, les objets de transmission et les repères sécurisants.

​CE QUI SE JOUE PSYCHOLOGIQUEMENT.

• ​Sentiment d'amputation et de nudité psychique : Effondrement des fondations sécuritaires. La personne n'a plus d'espace de repli pour se régénérer.

• ​Sidération et désorientation spatio-temporelle : Perte de la continuité d'existence (le « passé » tangible a été brûlé, le « présent » est un chaos logistique, le « futur » est incertain).

• Deuil impossible à symboliser dans l'immédiat : Les objets perdus (photos, souvenirs) ne sont pas remplaçables, créant un vide affectif béant.

​LES SOLUTIONS COMPLÉMENTAIRES.
L'APPROCHE PAR L'HYPNOSE :

◦ Apaiser l'urgence physiologique : Réduire la crise d'angoisse aiguë et l'état de choc initial.

◦ Créer un « lieu de sécurité interne » : Permettre à la personne de retrouver mentalement un espace d'ancrage et de calme absolu, indispensable quand le lieu physique n'existe plus.

◦ Travailler sur les cauchemars et le sommeil : Permettre au corps de retrouver un repos biologique.

L'APPROCHE PSYCHANALYTIQUE :

◦ ​Traverser le deuil : Offrir un espace au long cours pour nommer et pleurer la perte des objets symboliques.

◦ ​Reconstruire l'histoire : Aider la personne à intégrer cette rupture brutale dans le fil de son histoire personnelle sans que l'identité ne reste "calcinée" avec les murs.

​2. CEUX QUI ONT ÉTÉ ÉVACUÉS PAR PRÉCAUTION (L'ATTENTE, L'IMPUISSANCE ET LA MENACE)
​LE TRAUMATISME

​Il s'agit principalement d'un traumatisme d'hypervigilance et de sidération, lié à la menace de mort ou de destruction subie dans l'impuissance. Même si le logement reste intact au retour, le sentiment de sécurité fondamentale a été violé.
​CE QUI SE JOUE PSYCHOLOGIQUEMENT.

• ​L'état d'alerte permanent (Syndrome de Stress Post-Traumatique - ESPT) : Le système nerveux est resté bloqué en mode "survie" ou "fuite".

• ​L'« inquiétante étrangeté » (Das Unheimliche) : Retrouver sa maison entourée d'un paysage calciné ou sentir l'odeur de brûlé tenace transforme un lieu familier en un décor menaçant.

• Culpabilité du survivant : Sentiment de culpabilité face à ceux qui ont tout perdu, ce qui empêche parfois de s'autoriser à exprimer sa propre souffrance.
• ​Peur de la récidive : La moindre fumée, le vent fort ou la chaleur réactivent immédiatement la panique.

​LES SOLUTIONS COMPLÉMENTAIRES
​L'APPROCHE PAR L'HYPNOSE :

◦ ​Désactiver les déclencheurs (triggers) : Déconnecter la réaction de panique corporelle associée aux stimuli sensoriels (odeur de fumée, sirènes, son du vent, couleur du ciel).

◦ ​Réancrer la sécurité au présent : Faire intégrer au cerveau reptilien que la menace immédiate est terminée et que le corps peut baisser la garde.

​L'APPROCHE PSYCHANALYTIQUE :

◦ ​Mettre des mots sur l'impuissance : Verbaliser la peur d'avoir failli tout perdre et le sentiment d'abandon ou de vulnérabilité éprouvé lors du départ précipité.

◦ ​Dénouer la culpabilité : Permettre de légitimer son propre traumatisme sans le comparer à celui des autres.

CONCLUSION

​L'alliance de l'hypnose pour apaiser l'empreinte sensorielle du corps et de la psychanalyse pour redonner du sens à l'événement offre un chemin complet pour sortir du choc et se reconstruire.

Merci de partager cet article pour mieux comprendre

Natacha Guiraud
Psychanalyse, Hypnothérapeute, Sexologue
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PYROMANES : QUE SE PASSE-T-IL DANS LEUR ESPRIT ?À chaque incendie volontaire, une question revient : pourquoi une person...
30/07/2026

PYROMANES : QUE SE PASSE-T-IL DANS LEUR ESPRIT ?

À chaque incendie volontaire, une question revient : pourquoi une personne décide-t-elle de mettre le feu, parfois au risque de détruire des hectares, des maisons, des animaux ou même des vies humaines ?

La réponse est complexe, car tous les auteurs d’incendies ne sont pas réellement pyromanes. Derrière un même geste peuvent se cacher des motivations psychologiques très différentes.

UN INCENDIAIRE N’EST PAS FORCÉMENT UN PYROMANE

Dans le langage courant, on appelle souvent « pyromane » toute personne qui provoque volontairement un incendie. Pourtant, en psychologie et en psychiatrie, la pyromanie correspond à un trouble bien particulier.

Le véritable pyromane ne met généralement pas le feu pour gagner de l’argent, se venger, cacher un crime ou défendre une idéologie. Il ressent plutôt une attirance intense pour le feu, accompagnée d’une tension intérieure qui augmente avant le passage à l’acte.

Lorsque l’incendie démarre, cette tension peut laisser place à une sensation de soulagement, d’excitation ou de plaisir. Le feu devient alors une manière de décharger une émotion difficile à contenir autrement.

LE FEU COMME MOYEN DE REPRENDRE LE CONTRÔLE

Certaines personnes vivent avec un profond sentiment d’impuissance. Elles peuvent se sentir invisibles, humiliées, rejetées ou incapables d’agir sur leur propre existence.

Allumer un incendie leur donne alors, pendant quelques instants, l’impression de reprendre le pouvoir. Une simple flamme peut provoquer l’arrivée des pompiers, des policiers, des journalistes et mobiliser toute une population.

La personne, qui se sentait jusque-là insignifiante, devient secrètement à l’origine d’un événement considérable. Elle peut éprouver une sensation de puissance en observant les conséquences de son geste.

Ce pouvoir reste pourtant destructeur et illusoire. Il ne répare pas le mal-être initial : il le déplace sur les autres.

UNE RECHERCHE D’EXCITATION

Chez certains auteurs, le feu procure une stimulation intense. Les flammes, le danger, les sirènes, les interventions des secours et l’agitation qui suit l’incendie peuvent créer une véritable montée d’adrénaline.

Certaines personnes reviennent d’ailleurs sur les lieux, observent les pompiers ou cherchent à suivre l’évolution du sinistre. Il arrive même que l’auteur donne l’alerte ou propose son aide, afin de rester au plus près de l’événement qu’il a lui-même déclenché.

Le quotidien peut lui sembler vide, monotone ou émotionnellement plat. L’incendie devient alors une façon extrême de ressentir quelque chose.

UNE MANIÈRE D’EXPRIMER UNE COLÈRE IMPOSSIBLE À DIRE

Le feu peut également devenir un langage.

Lorsqu’une personne ne sait pas exprimer sa colère, sa frustration, sa jalousie ou son sentiment d’injustice, elle peut passer par un acte destructeur. L’incendie représente alors symboliquement ce qu’elle ressent intérieurement : une rage qui brûle, envahit et détruit tout.

Dans ce cas, le geste peut viser un lieu précis : une entreprise, une habitation, un véhicule, une forêt ou un endroit associé à une personne ou à une institution.

Il ne s’agit plus forcément de pyromanie au sens clinique, mais d’un incendie volontaire motivé par la vengeance, le ressentiment ou le désir de nuire.

LE BESOIN D’ÊTRE RECONNU

Certains incendiaires souffrent d’un profond manque de reconnaissance. Ils peuvent avoir l’impression que personne ne les écoute, ne les remarque ou ne mesure leur souffrance.

Le sinistre leur permet alors d’exister dans le regard des autres, même sans être identifiés. Ils savent qu’un événement qu’ils ont provoqué occupe les conversations, inquiète la population et mobilise des moyens importants.

Chez certaines personnalités fragiles, ce besoin d’attention peut aller jusqu’à rechercher ensuite le rôle du sauveur. La personne déclenche le feu, puis alerte les secours ou participe à l’évacuation afin d’être valorisée.

Elle crée elle-même le danger qui lui permettra ensuite d’être remarquée.

DES TRAUMATISMES ET DES FRAGILITÉS PSYCHOLOGIQUES

Certains auteurs d’incendies ont connu des parcours marqués par la violence, la négligence, les humiliations, l’isolement ou des traumatismes précoces.

Cela ne signifie évidemment pas que les personnes traumatisées deviennent pyromanes. La très grande majorité ne commettra jamais d’incendie. Mais chez certains individus particulièrement vulnérables, l’accumulation de blessures psychologiques peut favoriser des comportements impulsifs ou destructeurs.

Des difficultés à gérer les émotions, une faible estime de soi, une impulsivité importante ou certains troubles de la personnalité peuvent également être présents.

L’alcool et les drogues peuvent aggraver le risque de passage à l’acte en diminuant le contrôle des impulsions et la perception des conséquences.

UNE FASCINATION QUI PEUT COMMENCER TRÈS JEUNE

La curiosité des enfants pour le feu est fréquente et ne signifie pas qu’ils deviendront pyromanes. Cependant, lorsque les mises à feu sont répétées, préparées, cachées et associées à une fascination persistante, elles doivent être prises au sérieux.

Chez un enfant ou un adolescent, provoquer un feu peut traduire une détresse, une colère familiale, un besoin d’attention, une recherche de limites ou une difficulté à exprimer ce qu’il ressent.

Punir sans chercher à comprendre le sens du comportement risque de ne pas suffire. Une évaluation psychologique peut permettre d’identifier ce qui se cache derrière le geste et d’éviter une escalade.

CERTAINS INCENDIES RÉPONDENT À DES INTÉRÊTS TRÈS CONCRETS

Tous les incendies volontaires ne sont pas liés à un trouble psychologique. Certains sont provoqués pour toucher une assurance, effacer des preuves, se venger, intimider quelqu’un, créer un avantage matériel ou répondre à une motivation idéologique.

D’autres peuvent être commis par imprudence, puis volontairement dissimulés.

Il est donc essentiel de ne pas poser trop rapidement une étiquette psychiatrique sur chaque auteur d’incendie. Un acte destructeur peut être prémédité, intéressé et parfaitement conscient, sans relever de la pyromanie.

COMPRENDRE NE SIGNIFIE PAS EXCUSER

Étudier les mécanismes psychologiques d’un incendiaire ne revient jamais à minimiser les conséquences de son acte.

Un feu volontaire peut tuer, blesser, traumatiser des familles, détruire des habitations et anéantir des écosystèmes entiers. Les victimes peuvent conserver pendant des années un sentiment d’insécurité, de colère et d’injustice.

Mais comprendre les motivations permet de mieux prévenir la récidive. Une prise en charge adaptée peut travailler sur la gestion des émotions, l’impulsivité, les traumatismes, les addictions, le rapport au pouvoir et les pensées qui précèdent le passage à l’acte.

DERRIÈRE LES FLAMMES, UN FONCTIONNEMENT PSYCHOLOGIQUE COMPLEXE

Le feu peut représenter la puissance, la destruction, la purification, la colère ou la renaissance. Chez l’incendiaire, il peut devenir un moyen d’exprimer ce qui ne parvient pas à être formulé autrement.

Certains cherchent le contrôle. D’autres veulent se venger, attirer l’attention, ressentir de l’excitation ou soulager une tension intérieure devenue insupportable.

Il n’existe donc pas un profil unique du pyromane.

Derrière chaque incendie volontaire, il faut distinguer le trouble psychiatrique, la souffrance psychologique, l’impulsivité et la volonté consciente de nuire. Comprendre cette différence est indispensable, aussi bien pour la justice que pour la prévention et la protection de la population.

J’ai fait le choix d’une image générée par IA plutôt que d’une photo existante, par respect pour les victimes d’incendie et afin de ne pas exposer de scènes réelles.

Tout mon soutien aux victimes, à leurs proches, aux intervenants ainsi qu’à toutes les personnes touchées par ces incendies.

Natacha Guiraud
Psychanalyste, Hypnothérapeute, Sexologue

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POMPIERS : QUAND CEUX QUI NOUS SAUVENT ONT, EUX AUSSI, BESOIN D’ÊTRE ACCOMPAGNÉS.Lorsqu’un incendie, un accident ou un d...
27/07/2026

POMPIERS : QUAND CEUX QUI NOUS SAUVENT ONT, EUX AUSSI, BESOIN D’ÊTRE ACCOMPAGNÉS.

Lorsqu’un incendie, un accident ou un drame survient, les pompiers arrivent souvent parmi les premiers. Ils interviennent dans l’urgence, portent secours, rassurent les victimes et affrontent parfois des scènes extrêmement difficiles.

Leur uniforme peut donner une impression de force et d’invulnérabilité. Pourtant, derrière celui-ci se trouve un être humain, avec ses émotions, son histoire et ses propres limites.

UNE EXPOSITION RÉPÉTÉES À LA SOUFFRANCE.

Les pompiers peuvent être confrontés à des incendies mortels, des accidents graves, des suicides, des violences, des corps mutilés ou encore au décès d’enfants. À cela s’ajoutent le danger, la fatigue, les gardes, le manque de sommeil et la nécessité de prendre des décisions en quelques secondes.

Une intervention isolée peut provoquer un véritable choc. Mais il existe également un effet d’accumulation : chaque événement semble avoir été maîtrisé, jusqu’au jour où une situation supplémentaire vient réveiller tout ce qui avait été mis de côté.

Les études menées auprès des professionnels du secours montrent que certaines interventions peuvent produire un impact psychotraumatique important et durable.

LA FORCE DU GROUPE … ET LA DIFFICULTÉ À MONTRER SA VULNÉRABILITÉ.

Chez les pompiers, la cohésion est essentielle. L’humour, parfois très noir, permet de relâcher la pression et de supporter l’insupportable. Le groupe protège, donne un sentiment d’appartenance et permet de ne pas rester seul après une intervention éprouvante.

Cependant, cette culture de la résistance peut aussi devenir un obstacle. Certains pompiers hésitent à exprimer leur souffrance par peur d’être considérés comme faibles, de perdre la confiance de leurs collègues ou de ne plus être jugés aptes à intervenir.

Ils peuvent alors minimiser leurs symptômes :

« C’est le métier. »
« J’en ai vu d’autres. »
« Ça va passer. »

Ce silence ne signifie pas que la personne ne ressent rien. Il peut, au contraire, traduire une tentative de conserver le contrôle.

LES SIGNES D'UNE BLESSURE PSYCHOLOGIQUE.

Les conséquences ne se manifestent pas toujours immédiatement. Elles peuvent apparaître plusieurs jours, plusieurs semaines ou même plusieurs mois après une intervention.

Certains signes doivent attirer l’attention :

- des images ou des souvenirs qui reviennent involontairement
- des cauchemars ou un sommeil très perturbé
- une irritabilité inhabituelle
- un état d’alerte permanent
- une hypersensibilité aux bruits, aux odeurs ou aux sirènes
- un besoin d’éviter certains lieux ou certaines interventions
- une perte de motivation
- une fatigue profonde
- un détachement émotionnel
- des difficultés dans le couple ou la famille
- une augmentation de la consommation d’alcool, de médicaments ou d’autres substances
- un sentiment de culpabilité de ne pas avoir pu sauver une victime.

Ces manifestations ne signifient pas automatiquement qu’un trouble de stress post-traumatique est installé. Après un événement éprouvant, certaines réactions sont normales et peuvent progressivement diminuer.

Elles deviennent préoccupantes lorsqu’elles persistent, s’intensifient ou perturbent la vie personnelle et professionnelle.

LA CULPABILITÉ DE CELUI QUI N’A PAS PU SAUVER.

Le pompier est formé pour agir. Pourtant, certaines situations ne peuvent pas être maîtrisées. Malgré la rapidité de l’intervention, les compétences mobilisées et tous les efforts accomplis, une victime peut mourir.

Le professionnel peut alors rejouer mentalement la scène :

« Aurais-je pu faire autrement ? »
« Ai-je pris la bonne décision ? »
« Est-ce que j’aurais pu arriver plus vite ? »

Cette culpabilité peut être particulièrement forte lorsqu’un enfant décède, lorsqu’une victime ressemble à un proche ou lorsque le pompier connaît personnellement les personnes concernées.

Le travail thérapeutique consiste notamment à différencier la responsabilité réelle du sentiment de responsabilité.

Ne pas avoir réussi à sauver quelqu’un ne signifie pas avoir causé sa mort.

LE TRAUMATISME N’EST PAS LA SEULE SOUFFRANCE POSSIBLE.

Tous les pompiers en difficulté ne présentent pas nécessairement un traumatisme psychique. Ils peuvent également souffrir d’épuisement professionnel, d’anxiété, de dépression, de douleurs chroniques, de troubles du sommeil ou d’une perte de sens.

La souffrance peut aussi provenir de l’organisation du travail : tensions hiérarchiques, conflits dans l’équipe, surcharge, sentiment de ne pas être reconnu ou difficulté à concilier les gardes avec la vie familiale.

Dans une situation d’épuisement professionnel, la prise en charge ne doit donc pas uniquement agir sur les symptômes. Elle doit aussi tenir compte du contexte professionnel ayant contribué à leur apparition.

UNE PRISE EN CHARGE À PLUSIEURS NIVEAUX.

La prise en charge commence par la prévention. Les pompiers doivent pouvoir recevoir une information claire sur les réactions psychologiques possibles et savoir vers qui se tourner sans craindre d’être jugés.

Après une intervention particulièrement éprouvante, un temps d’échange peut permettre de reprendre les faits, de repérer les personnes les plus touchées et de rappeler les ressources disponibles.

Ce moment ne doit toutefois pas obliger chacun à raconter immédiatement toutes ses émotions. Certaines personnes ont d’abord besoin de repos, de sécurité et de retrouver leurs repères.

Lorsqu’une souffrance persiste, une consultation individuelle un professionnel formé au psychotraumatisme peut être nécessaire.

Selon les symptômes, l’accompagnement peut comprendre :

- une évaluation psychologique et médicale
- un travail sur le sommeil, l’anxiété et les réactions corporelles
- une psychothérapie adaptée au psychotraumatisme
- un accompagnement des difficultés familiales ou professionnelles
- un traitement médicamenteux lorsqu’il est indiqué et prescrit par un médecin
- une préparation progressive au retour opérationnel après un arrêt.

Les Cellules d’urgence médico-psychologique peuvent également intervenir lors d’événements collectifs majeurs. Elles appartiennent au dispositif de l’aide médicale urgente et prennent en charge les urgences médico-psychologiques.

UNE THÉRAPIE RESPECTUEUSE DU RYTHME DU POMPIER.

Accompagner un pompier ne consiste pas à lui demander de raconter brutalement tous les détails de l’intervention.

Il faut d’abord créer un espace sécurisant, confidentiel et sans jugement. La personne doit pouvoir retrouver une sensation de contrôle, comprendre ses réactions et apprendre à réguler l’intensité émotionnelle avant d’aborder certains souvenirs.

Le professionnel explore également les ressources du pompier : son expérience, ses valeurs, son équipe, sa famille, ses capacités d’adaptation et les éléments qui l’ont aidé jusque-là.

La prise en charge doit être personnalisée. Le trouble de stress post-traumatique est l’une des conséquences possibles du psychotraumatisme, mais il peut être accompagné d’anxiété, de dépression, de culpabilité ou de conduites addictives.

Une évaluation complète est donc indispensable.

LE RÔLE ESSENTIEL DES PROCHES.

Les conjoints et les familles sont souvent les premiers à remarquer un changement : irritabilité, silence, isolement, troubles du sommeil ou perte d’intérêt.

Ils peuvent soutenir le pompier sans l’interroger de manière insistante. Dire simplement :

« Je vois que quelque chose a changé. »
« Tu n’es pas obligé de tout me raconter, mais je suis là. »
« Chercher de l’aide ne remet pas en cause ta force ni tes compétences. »

Les proches ne doivent cependant pas devenir les seuls soignants. Ils peuvent eux-mêmes être éprouvés par les changements de comportement, l’inquiétude ou les contraintes du métier.

Un accompagnement familial ou conjugal peut parfois être bénéfique.

DEMANDER DE L’AIDE N’EST PAS UN ÉCHEC.

La solidité psychologique ne consiste pas à ne jamais être touché. Elle consiste aussi à reconnaître qu’une situation a dépassé les capacités habituelles d’adaptation et à accepter un soutien.

Un pompier blessé physiquement reçoit des soins.

Une blessure psychologique mérite la même attention.

Prendre soin de la santé mentale des pompiers, ce n’est pas diminuer leur courage. C’est leur permettre de continuer à exercer leur métier sans être détruits intérieurement par tout ce qu’ils ont vu, entendu et vécu.

Prendre soin de la santé mentale des pompiers, c’est protéger celles et ceux qui passent leur vie à protéger les autres.

Natacha GUIRAUD
Psychanalyste, hypnothérapeute et sexologue
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93 Rue De Gallocher
Saint-Ciers-d'Abzac
33910

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Mercredi 09:00 - 20:00
Jeudi 09:00 - 20:00
Vendredi 09:00 - 20:00
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