16/07/2026
Une histoire de consentement
Des photos, on en prend tellement que la mémoire de notre téléphone peut très vite saturer. Notre vie entière est désormais à portée de notre appareil, et les réseaux sociaux nous invitent à nous mettre sous les feux des projecteurs plus que de raison.
Avec une tendance naturelle à vouloir montrer nos vies : ce qui nous rend heureux et heureuses, nos expériences, nos découvertes, nous sommes attirés (souvent bien malgré nous) à la surexposition...
Et en devenant mama, ça m'a tiraillée, interrogée, jusqu'à ce que je prenne une décision radicale : je ne partagerai plus de photos face cam ni de mon fils (même floutées ou avec des emojis) ni de photos d'enfants issues de banques d'images libres de droit (d'ailleurs j'ai du boulot pour mettre à jour quelques photos utilisées dans certains de mes posts 🙃).
Je vous explique un peu pourquoi…
Des autorisations de droit à l'image, j'en ai distribué et demandé un paquet quand je bossais à la télé. Avant cette expérience professionnelle, je n'avais jamais été sensibilisée à cette notion, alors qu'elle est tellement importante dans ce screen world où nous vivons. Il y a déjà plus de dix ans, les captations de scènes de la vie de tous les jours (y compris bagarres & co.) faisaient déjà polémique, et plus t**d, on a commencé à s'interroger sur la tendance du sharenting, où des parents commençaient à publier des photos de leurs enfants sur les réseaux.
Bien avant de devenir maman, je trouvais intéressant que des parents puissent partager un bout de leur cocon, à leurs proches (et pour certains à un cercle plus éloigné) tout en maintenant une certaine limite, à l'aide de filtres et d'emojis pour flouter les visages de leurs bambins. Était-ce une utopie de croire qu'on pouvait rester maître de nos partages en ligne ? Sans doute…
Puis l'IA a débarqué, avec ses infinies possibilités créatives... et ses dérives innommables. J'avais moi-même plaisir à partager deux ou trois clichés de mon mini moi, jusqu'à ce que je saisisse l'ampleur de la plaie qu'est la cyberpéd@criminalité (notamment grâce au travail formidable de l'asso Team Eunomie, que je vous recommande de découvrir).
Finalement, la problématique des réseaux ne devrait pas se réduire à la question du filtrage par limite d'âge. Les utilisateurs et utilisatrices mal intentionnés et au comportement inapproprié devraient déjà être blacklistés, pour commencer (travail colossal j’en ai conscience mais pas impossible, à condition d’investir pleinement le terrain, et là c’est autre sujet). Et nos usages devraient vraiment tenir compte des notions de consentement et de limites (chaque parent aura bien évidemment son propre curseur pour identifier cela). Parce que cette safe place qu'on aimerait construire en ligne demande, selon moi, un investissement "vigilance" full time. Et le temps, il m'est précieux, tout comme la vie de mon bout d'chou que je veux garder loin des écrans le plus longtemps possible...
Et puis quand j'ai découvert qu'une photo partagée en ligne c'était bien plus qu'une image, j'ai mis le ola. En effet, publier une photo sur les réseaux, c'est aussi partager toutes ses métadonnées. La date, l'heure, parfois même la localisation exacte de la prise de vue... Too much pour moi… Vous voyez, c'est un peu comme dans ces films où un mouchard se planquait sous la voiture pour tracer un personnage ?
Enfin, je me suis demandée si publier une photo, même masquée, était juste par rapport à l'incapacité de mon bébé à me dire oui ou non.
Mais entre la joie de partager quelques instants de bonheur et la responsabilité de protéger son image avant même qu'il puisse en comprendre les enjeux, mon choix est fait.
Finalement, les plus beaux moments n'ont pas besoin d'une audience pour exister. Enfin, j’crois !
Cheers les parents 🧡
Mes notes et lettres Et Boum la Vie sont à lire par ici :
1 à 2x /semaine, je partage des éclairages et des ressources pratiques pour aider les parents à se sentir moins seuls, à préserver leur énergie et l’unité familiale. Click to read Et boum la vie ! Par Chrystel Rija, a Substack publication.