17/07/2026
La tendinite du coude de l'artiste de Cirque : comment faire pour la soigner quand on a 2 spectacles par jour + les répétitions et l'entreptien physique, pendant 5 semaines avec une pause d'une journée par semaine???
Cette fichue tendinite du coude qui ne vous lâche pas, elle est là, présente jour et nuit, dès que vous serrez la main elle crie mais vous, vous ne lâchez rien... vous souffrez en souriant.
Le public lui ne sait rien, il ne voit que la performance, l'Art...
Comment soulager cette douleur lancinante, qui prend la tête et vous inquiète?
L’épicondylite (ou « tennis elbow ») est une inflammation douloureuse des tendons qui s’attachent à l’épicondyle, une saillie osseuse du coude. L’inflammation est un signe précurseur que votre corps essaie de réparer les tissus abîmés.
Dans votre métier d’artiste de Cirque, les mouvements répétitifs, la manipulation, la suspension et les portés ainsi que les vibrations peuvent aggraver cette condition. Voici quelques conseils pour soulager la douleur et éviter d’aggraver la blessure, tout en continuant à travailler :
1. Gestion de la douleur et des symptômes
• Glace : Appliquez de la glace sur la zone douloureuse pendant 15 à 20 minutes maximum, 1 à 2 fois par jour, surtout après le travail. Cela réduit l’inflammation mais peut potentiellement retarder la guérison.
• Anti-inflammatoires : Des médicaments comme l’ibuprofène ou les AINS (Anti Inflammatoires Non Stéroïdiens) peuvent aider à soulager la douleur et l’inflammation. Consultez un médecin ou un pharmacien avant de les prendre car le dosage varie selon les pays, et prenez les en mangeant afin de protéger votre estomac. Les crèmes anti-inflammatoires sont efficaces localement si utilisées 3 à 4 fois par jours en massage léger pendant plusieurs jours. Demandez conseil à un pharmacien ou un médecin.
• Massages légers : massez doucement la zone douloureuse dans tous les sens (dans le sens des muscles et perpendiculairement aux muscles) pendant 3 à 5 minutes avec une huile neutre ou à base de plantes. Vous pouvez utiliser un outil de massage mais la douleur doit rester limitée y compris dans les heures qui suivent le massage.
• Repos relatif : Évitez autant que possible les mouvements qui déclenchent la douleur, surtout ceux qui sollicitent la rotation du poignet ou la prise ferme. Un repos complet avec activité physique légère est idéale en crise pendant quelques jours.
• Techniques « naturelles » : les emplâtres d’argiles vertes sont intéressantes ; les huiles essentielles (gaulthérie, hélichryse, lavadin, eucalyptus citronnée…) peuvent également aider ; le « coupeur de feu », la fasciathérapie, l’acupuncture, le dry neeling, le taping musculaire ou encore le cupping peuvent être essayés par des professionnels formés, mais sans garantie de soulagement.
• Électrostimulation (tens) : l’électricité peut être intéressante pour soulager la douleur, favoriser le relâchement des muscles et démarrer un renforcement doux en autonomie. Renseignez vous auprès d’un kinésithérapeute, un ostéopathe ou un médecin du travail.
2. Adaptation des gestes et outils au travail
• Utilisez des outils ergonomiques : Privilégiez des outils et agrès légers, avec des poignées épaisses et antidérapantes pour réduire la tension sur les tendons.
• Évitez les mouvements répétitifs : Alternez les tâches pour ne pas solliciter constamment le même groupe musculaire. Par exemple, alternez entre les portés et le travail au sol.
• Réduisez la force exercée : Utilisez des leviers ou des aides mécaniques (comme des sangles ou des harnais) pour limiter la charge sur vos bras.
• Portez une attelle épicondylienne : Une attelle ou une bande de compression autour de l’avant-bras (juste en dessous du coude) peut soulager la tension sur les tendons. Demandez conseil à un kinésithérapeute ou ostéopathe des Arts de la Scène, ou encore un médecin du travail pour le choix et le réglage.
3. Renforcement et étirements
• Étirements doux : Étirez régulièrement les muscles de l’avant-bras et du poignet pour améliorer la souplesse si l’inflammation n’est pas trop marquée. Par exemple, tendez le bras douloureux devant vous, tirez doucement les doigts vers l’arrière avec l’autre main, et maintenez la position 15 à 30 secondes. S’il n’y a pas d’amélioration ou si l’inflammation est forte et douloureuse, cessez les étirements ou étirez le moins possible.
• Renforcement progressif : Une fois la douleur atténuée, renforcez les muscles de l’avant-bras avec des exercices légers et progressifs (comme serrer une b***e en mousse dense). La progressivité est essentielle : trop rapide et lourd, le renforcement peut relancer les douleurs. A long terme, un renforcement bien mené (par un kinésithérapeute/physiothérapeute ou un ostéopathe) peut prévenir les récidives.
4. Consultation médicale et suivi
• Consultez un médecin et un ostéopathe ou un kinésithérapeute : Ils pourront vous proposer des traitements spécifiques (ultrasons, ondes de choc, massages transverses profonds, thérapie manuelle...) et des exercices adaptés. N’oubliez pas que 30 % des épicondylites ont également une origine cervicale.
• Infiltrations : Dans certains cas, une infiltration de corticoïdes peut être envisagée pour réduire l’inflammation. Intéressant sur le moment. De même, le PRP (injection de plaquettes) peut aussi être pertinent à long terme mais demande un retour encadré et très progressif à une charge de travail normale. Les injections d’acide hyaluronique ou encore de sérum physiologique peuvent aider dans des contextes particuliers. Discutez-en avec votre médecin.
• Médecin du travail : Informez-le de votre situation. Il pourra vous aider à adapter votre « poste de travail » ou vous orienter vers des aménagements temporaires, ainsi que les bons praticiens.
5. Prévention à long terme
• Échauffement : Avant de commencer le travail, échauffez vos cervicales, épaules, bras, coudes et vos poignets/doigts avec des mouvements doux pendant plusieurs minutes.
• Hydratation, alimentation et pauses : Buvez suffisamment d’eau et prenez des pauses plus régulières pour éviter la fatigue musculaire. Des compléments électrolytiques à mettre dans l’eau peuvent aider. Consommez des protéines en quantité raisonnable (environ 1,5g/kg de poids de corps et par jour) pour aider à la reconstruction musculaire. Limiter les aliments qui favorise l’inflammation : sucres rapides, alimentation ultra transformée, charcuteries, viandes rouges, alcool.
• Posture : Adoptez si possible une posture correcte et confortable dans vos mouvements ou vos portés pour limiter les tensions inutiles sur les bras et les épaules.
À éviter autant que possible
• Ne pas consulter de professionnel de santé.
• Les mouvements brusques ou la surcharge du coude.
• Le port de charges lourdes avec le bras tendu.
• La déshydratation, l’alimentation ultra transformée, l’alcool.
• L’ignorance de la douleur : si elle persiste ou s’aggrave, consultez rapidement.
Pensez à en parler à un médecin du travail spécialisé pour les artistes avec THALIE SANTE, la médecine du travail des artistes et intermittents, partenaire de CIRK’OSTEO & Co.
www.cirkosteo.org