12/10/2026
L’AGITATION MENTALE, CONSEILS DE J.P. INISAN
Pendant la méditation, deux risques majeurs apparaissent fréquemment : l’agitation mentale et la torpeur. Ce sont comme deux pôles opposés qui déséquilibrent l’esprit et l’empêchent de demeurer pleinement présent.
[...] L’agitation mentale est liée à un excès de mouvement dans l’esprit. Les pensées se succèdent rapidement et empêchent l’attention de rester plus de quelques instants sur l’objet de méditation. Le corps lui-même peut se raidir, la respiration devenir superficielle, et une tension peut apparaître dans le front, la poitrine ou le ventre. Il existe une agitation flagrante, très visible, et une autre plus subtile, une sorte de nervosité intérieure qui empêche la stabilité.
[...] REMÈDES à L'AGITATION MENTALE
Ses causes sont variées : stress, charge mentale, consommation de stimulants, journée trop intense ou effort excessif pour « bien méditer ». Remédier à l’agitation consiste d’abord à relâcher la pression. Il ne s’agit pas de lutter contre les pensées mais de déposer doucement l’attention sur l’objet choisi, en laissant les pensées passer comme des nuages.
Revenir aux sensations du corps est souvent très efficace, car le corps ramène au présent d’une manière moins conceptuelle que la pensée. Une respiration plus lente et plus ample apaise progressivement le système nerveux, tandis qu’un étiquetage simple – nommer intérieurement « penser », « anticiper », « se souvenir » – peut aider à prendre distance sans entretenir le contenu des pensées. Les personnes très agitées gagnent souvent à pratiquer plus brièvement mais plus fréquemment, en créant une transition entre les activités de la journée et la méditation.
[...] CONSEILS, SUGGESTIONS :
1. Relâcher l’effort, lâcher prise
Plutôt que de concentrer l’attention, la détendre, l’ouvrir. On peut se dire intérieurement : « laisser être, laisser passer ».
2. Regarder plus près de soi
Quand le regard tombe juste devant soi (1 m environ), le champ visuel se réduit. Le système nerveux parasympathique s’active davantage : respiration plus lente, tonus en baisse, état plus calme.
3. Revenir au corps, à l’enracinement dans le sol
o sensations corporelles,
o contact conscient des pieds au sol,
o poids du corps,
o points d'appui.
4. Allonger le souffle
Respiration abdominale lente et régulière → apaise le système nerveux.
5. Nommer brièvement les pensées
« Penser », « anticiper », « se souvenir » : méthode qui crée une distance sans nourrir le contenu.
6. Pratiquer plus court mais plus souvent
L’esprit agité bénéficie de répétitions courtes, régulières (3 à 5 minutes plusieurs fois).
7. Introduire une transition avant la méditation
Quelques minutes de marche ou d’étirement pour calmer la vitesse du quotidien.
[...] TRANSITIONS DOUCES ET BIENVEILLANCE
Il est utile d’adopter quelques habitudes simples : prendre un moment pour s’installer, sentir le corps et la respiration avant de commencer une méditation ; ajuster la posture pour qu’elle combine détente et tonicité ; éviter les séances aussitôt après une période d’hyperstimulation ; introduire des transitions douces entre les activités quotidiennes et l’assise.
Enfin, il est essentiel de faire preuve de bienveillance envers soi-même. La torpeur et l’agitation font partie du chemin, et les combattre directement ne fait souvent que les renforcer. L’observation patiente, la compréhension et les ajustements subtils sont les moyens les plus sûrs de les transformer en occasions d’approfondir l’attention.
Extraits du livre AIDE-MÉMOIRE DE MÉDITATION, de Jean-Paul Inisan, février 2026.
Ce livre peut être commandé en ligne et dans toutes les librairies de France et d'Europe.