23/07/2026
Journal Le Monde
reconnaissance des risques professionnels
Ancienne infirmière de nuit, Sylvie Pioli, 68 ans, a obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de son cancer par le tribunal administratif de Marseille.
Une décision de justice historique, contestée par son ancien employeur :
l'hôpital de Martigues (Bouches-du-Rhône) a fait appel, début mai. Sylvie Pioli exprime son « immense incompréhension » : « Pendant trente-cinq ans, j'ai donné sans compter - nuits supplémentaires au pied levé, formations enchaînées après les gardes, retours pendant mes vacances, réquisitions durant les grèves. J'ai consacré ma vie à soigner les autres... jusqu'à tomber malade à mon tour. » Elle compte continuer un combat qui, insiste-t-elle, dépasse son histoire personnelle car « il concerne toutes les femmes qui travaillent de nuit dans des conditions éprouvantes : aides-soignantes, personnels navigants, ouvrières, policières, pompières...».
Autant de figures professionnelles qui frappent à la porte d'Elisabeth Leroux, avocate au barreau de Paris, spécialisée en maladies professionnelles. Selon une étude publiée par l'European Journal of Epidemiology, le travail de nuit multiplierait par trois la probabilité de développer un cancer du sein après dix ans de travail, souligne M° Leroux, tout en regrettant que ce lien reste méconnu, y compris au sein du corps médical….
« Sois belle et produis » (4/6). Attributs féminins par excellence, les seins sont aussi le siège du cancer le plus fréquent chez les femmes. Une maladie qui, dans le monde du travail, se heurte parfois à l’invisibilisation de la souffrance.