29/06/2026
Douleurs chroniques : quand le corps reste en état d'alerte 🚨
- La douleur chronique m'a appris l'humilité. Elle m'a aussi appris que notre corps a besoin de sécurité autant que de soins. Aujourd'hui encore, certaines douleurs sont présentes, mais je ne les vis plus de la même manière.
- L'hypnose, la relaxation et la cohérence cardiaque m'ont aidée à retrouver des espaces de calme, de respiration et parfois même de répit. Si ce message peut apporter un peu d'espoir à une seule personne qui souffre, alors il aura déjà tout son sens.
Si vous vivez avec des douleurs chroniques, ou si vous accompagnez une personne qui en souffre, voici quelques clés pour mieux comprendre ce qui se passe dans notre corps et notre système nerveux.
La douleur est un signal intelligent. À l'origine, elle est là pour nous protéger. Lorsque nous nous blessons, notre cerveau reçoit un message de danger et déclenche une réponse pour nous pousser à nous arrêter, à nous protéger et à guérir.
Mais parfois, le système de la douleur se dérègle.
Comment se crée la douleur ?
Lorsqu'un tissu est irrité ou lésé, des récepteurs sensoriels, appelés nocicepteurs, envoient des messages électriques vers la moelle épinière puis vers le cerveau. Celui-ci analyse l'information et produit l'expérience de la douleur.
Cependant, la douleur n'est pas uniquement liée à l'état des tissus. Elle est aussi influencée par :
le stress ;
les émotions ;
les pensées ;
la fatigue ;
les expériences passées ;
le sentiment de sécurité ou d'insécurité.
Le cerveau agit en quelque sorte comme un chef d'orchestre qui décide de l'intensité de l'alarme.
Pourquoi la douleur devient-elle chronique ?
On parle généralement de douleur chronique lorsqu'elle persiste plus de trois mois.
Avec le temps, le système nerveux peut devenir hypersensible. C'est un phénomène appelé sensibilisation centrale.
Le cerveau et le système nerveux restent en mode « vigilance maximale » et continuent d'envoyer des signaux de douleur, même lorsque les tissus ont guéri ou qu'il n'y a plus de danger important.
C'est un peu comme une alarme incendie devenue tellement sensible qu'elle se déclenche à la moindre vapeur d'eau.
Quel système se met en alerte ?
C'est principalement le système nerveux autonome, et plus particulièrement sa branche sympathique, qui s'active.
Il déclenche la réponse « combat, fuite ou protection » :
augmentation de la tension musculaire ;
hypervigilance ;
respiration plus superficielle ;
fatigue accrue ;
perturbation du sommeil ;
augmentation de la sensibilité à la douleur.
Le corps reste alors dans un état d'alerte quasi permanent.
Quelles hormones entretiennent les douleurs chroniques ?
Certaines hormones et certains médiateurs biologiques peuvent participer à ce cercle vicieux :
Le cortisol : en situation de stress prolongé, sa régulation peut se déséquilibrer et contribuer à l'inflammation, à la fatigue et à une plus grande sensibilité à la douleur.
L'adrénaline et la noradrénaline : produites en état d'alerte, elles maintiennent le corps en tension et favorisent l'hypervigilance.
À cela s'ajoutent des substances inflammatoires, appelées cytokines, qui peuvent également amplifier la perception douloureuse.
Quelles substances peuvent diminuer la douleur ?
Le corps possède aussi sa propre pharmacie naturelle.
Les endorphines : véritables antidouleurs naturels, elles diminuent la perception de la douleur et procurent une sensation de mieux-être.
La sérotonine : elle participe à la régulation de l'humeur, du sommeil et des mécanismes de contrôle de la douleur.
La dopamine : elle est impliquée dans la motivation, le plaisir et certains circuits qui modulent la douleur.
L'ocytocine : souvent appelée « hormone du lien », elle favorise le sentiment de sécurité, l'apaisement et peut contribuer à diminuer la perception douloureuse.
Pourquoi la détente aide-t-elle à avoir moins mal ?
Lorsque nous nous sentons en sécurité, le système parasympathique – notre système de repos et de récupération – prend davantage le relais.
Le rythme cardiaque ralentit, la respiration devient plus ample, les muscles se relâchent et le cerveau reçoit davantage de signaux de sécurité. Cette bascule peut contribuer à réduire l'intensité de la douleur ressentie.
Pourquoi l'hypnose ericksonienne peut-elle aider ?
L'hypnose ericksonienne n'efface pas magiquement la douleur et ne remplace pas un suivi médical. En revanche, elle peut aider à :
diminuer l'état d'hypervigilance ;
réduire le stress et les tensions ;
modifier la manière dont le cerveau traite les signaux douloureux ;
renforcer le sentiment de sécurité intérieure ;
mobiliser les ressources de la personne pour mieux vivre avec la douleur.
Des recherches suggèrent que l'hypnose peut réduire l'intensité de certaines douleurs chroniques chez certaines personnes et améliorer leur qualité de vie.
Pourquoi l'EFT peut-elle être utile ?
L'EFT (Emotional Freedom Techniques) associe une focalisation sur l'émotion ou la douleur et une stimulation de points corporels par tapotement.
Chez certaines personnes, cette pratique peut :
diminuer le niveau de stress perçu ;
favoriser la détente ;
réduire l'anxiété liée à la douleur ;
aider à sortir du cercle « douleur – peur – tension – douleur ».
Même si les mécanismes précis restent étudiés et que les preuves scientifiques sont encore variables selon les indications, de nombreuses personnes rapportent un meilleur apaisement émotionnel et une meilleure gestion de leur douleur.
🌿 Message essentiel :
La douleur chronique n'est ni « imaginaire » ni « dans la tête ». Elle est réelle. Mais elle est aussi influencée par l'état de notre système nerveux. Plus nous aidons notre cerveau et notre corps à retrouver un sentiment de sécurité, de détente et de régulation, plus nous pouvons agir sur l'intensité de la douleur et retrouver progressivement de la qualité de vie.
Parce qu'apaiser le système nerveux, c'est parfois commencer à apaiser la douleur.
La douleur chronique m'a appris une chose essentielle : nous ne contrôlons pas toujours l'apparition de la douleur, mais nous pouvons apprendre à influencer la manière dont notre corps et notre cerveau y répondent. Et parfois, retrouver un peu de sécurité intérieure, c'est déjà retrouver un peu de liberté.
Valérie- Hypnothérapeute
illustration créer par IA
Texte de Valérie Bocahut