10/08/2026
Le quotidien de nous éleveurs engagés et respectueux de nos animaux :
Bonne lecture 🙂
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🤯ɪʟ ᴇsᴛ ʟɪᴛᴛᴇʀᴀʟᴇᴍᴇɴᴛ ɪᴍᴘᴏssɪʙʟᴇ ᴅᴇ ᴠᴇɴᴅʀᴇ ᴜɴ ᴘᴏᴜʟᴀɪɴ ᴄᴏʀʀᴇᴄᴛᴇᴍᴇɴᴛ.🤯
© Haras du Manoir des Rochères — Texte original. Merci de partager la publication originale.
Il faut produire de la qualité, mais il ne faut surtout pas que ce soit trop cher.
Il faut investir dans de bonnes juments, des suivis vétérinaires, des soins, une alimentation de qualité, des papiers, des tests… mais il ne faudrait quand même pas répercuter tout ça dans le prix!!!
Il faut vendre suffisamment cher pour ne pas « casser le marché », mais pas trop cher non plus, sinon on se prend pour QUI ???
Il faut annoncer le prix, parce que « prix en MP », c’est insupportable.
Mais si on annonce le prix publiquement, on s’expose aux commentaires de ceux qui le trouvent trop cher… ou de ceux qui trouvent qu’à ce prix-là, forcément, il doit y avoir quelque chose qui cloche.
Il faut vendre in utero pour permettre aux acheteurs d’accéder à de belles génétiques à un tarif plus intéressant.
Mais vendre un poulain qui n’est pas encore né, c’est quand même étrange.
Il faut attendre la naissance pour que l’acheteur sache ce qu’il achète.
Mais une fois le poulain né, si le prix augmente, c’est abusé.
Il faut que les poulains grandissent dehors, en troupeau, qu’ils jouent, courent, apprennent les codes avec les autres et vivent une vraie vie de cheval.
Mais surtout, il ne faudrait jamais qu’ils se fassent une égratignure, une petite cicatrice ou qu’il leur arrive le moindre problème.
Il faut les laisser vivre comme des chevaux…
mais les livrer au sevrage comme s’ils avaient grandi sous une cloche et Sachant lire et écrire.
Il faut qu’à six mois le poulain soit gentil, facile, proche de l’homme, parfaitement manipulé, qu’il donne les pieds, marche en main, embarque et se laisse toucher partout.
Mais attention : il faudra aussi qu’il ait du sang.
Parce qu’un futur cheval de dressage sans sang, « on ne peut rien en faire ».
Donc à six mois, il faut qu’il soit suffisamment calme pour qu’un enfant puisse presque le manipuler, mais suffisamment réactif, énergique et sensible pour devenir demain un cheval de sport.
Il faut du sang… mais surtout pas trop.
Du caractère… mais uniquement quand on le demande.
De la sensibilité… mais jamais de réaction.
De l’énergie… mais aucune complication.
En résumé, il faudrait déjà connaître le cheval qu’il sera sous la selle à six ans.
Il faut faire de belles photos et de belles vidéos pour mettre son élevage en valeur.
Mais attention à ne pas trop travailler sa communication, sinon « tout est dans le marketing ».
Il faut communiquer, parce qu’aujourd’hui un élevage doit être visible.
Mais pas trop communiquer, parce qu’un bon cheval est censé se vendre tout seul.
Il faut expliquer le croisement, parler des lignées, des performances, de la génétique et de ce qu’on a cherché à produire.
Mais si on en parle trop, on survend.
Il faut être fier de ses poulains.
Mais pas trop, sinon on manque d’objectivité.
Il faut sélectionner.
Mais si on dit qu’on sélectionne, on est prétentieux.
Il faut faire naître des poulains avec de bonnes origines.
Mais si on utilise des étalons très demandés, on « suit la mode ».
Il faut essayer des croisements différents.
Mais là, on prend des risques.
Il faut produire du chic, du moderne, du locomoteur, du commercial.
Mais il ne faut surtout pas produire « pour vendre ».
Il faut vendre jeune, parce qu’un élevage ne peut pas tout garder.
Mais vendre un poulain à quelques mois, c’est faire du commerce.
Il faut garder ses meilleurs produits, parce que sinon « pourquoi tu ne le gardes pas s’il est si bon ? ».
Mais si on garde tous les meilleurs, on nous demande pourquoi on ne propose jamais les bons à la vente.
Il faut répondre à toutes les demandes, envoyer des photos, des vidéos, des pedigrees, des résultats, expliquer le caractère, la taille estimée, le modèle, les conditions de vente, le transport, les tests, les papiers…
Mais il ne faut surtout pas demander trop vite si la personne est réellement intéressée, parce que ça met la pression.
Il faut accepter que les gens réfléchissent.
Mais pendant qu’ils réfléchissent, il faudrait bloquer le poulain au cas où.
Il faut être arrangeant.
Mais pas naïf.
Il faut demander un acompte pour sécuriser la réservation.
Mais demander de l’argent pour réserver, ça peut faire peur.
Il faut faire des contrats solides pour protéger tout le monde.
Mais trop de clauses, ça donne l’impression qu’on se méfie.
Il faut être disponible avant la vente, pendant la vente et après la vente. Il faut toujours être disponible.
Répondre rapidement aux messages, aux demandes de renseignements, envoyer des photos, faire des vidéos, donner régulièrement des nouvelles du poulain, répondre aux questions… et si possible tout de suite, parce qu’au bout de quelques heures sans réponse, on peut déjà donner l’impression de ne pas être très professionnel.
Mais il faut faire tout ça en étant éleveur.
C’est-à-dire avec des journées qui commencent avant tout le monde et se terminent après tout le monde. Des animaux à nourrir, surveiller, soigner, manipuler. Des clôtures à réparer, des boxes à faire, des imprévus à gérer, des juments à surveiller et des nuits de poulinage où dormir devient facultatif.
Il n’y a pas vraiment de week-end, pas vraiment de jour férié, rarement de vacances et encore moins d’horaires de bureau.
Mais il faudrait quand même être disponible comme si on passait nos journées derrière un téléphone.
Il faut répondre vite, mais continuer à travailler.
Être présent pour les clients, mais d’abord pour les chevaux.
Donner des nouvelles à tout le monde, tout en trouvant le temps de s’occuper de ceux dont on doit justement donner des nouvelles.
Et surtout, ne jamais avoir l’air débordé.
Parce qu’apparemment, être disponible 24 heures sur 24 fait partie du métier.
Comme si les journées d’un éleveur avaient, elles aussi, été sélectionnées génétiquement pour avoir plus de 24 heures.
Il faut conseiller sans imposer.
Rassurer sans promettre.
Valoriser sans exagérer.
Vendre sans avoir l’air de vendre.
Et surtout, il faut aimer profondément ses chevaux, consacrer des années à construire une sélection, investir énormément de temps, d’argent et d’énergie dans chaque naissance…
Mais lorsqu’arrive le moment de commercialiser le fruit de tout ce travail, il faudrait presque s’excuser d’en demander le juste prix.
Parce qu’au fond, quoi que fasse un éleveur, quelqu’un trouvera toujours qu’il s’y prend mal.
Trop cher.
Pas assez cher.
Trop de communication.
Pas assez.
Trop commercial.
Pas assez professionnel.
Trop calme.
Pas assez de sang.
Trop de sang.
Pas assez facile.
Trop protégé.
Pas assez préservé.
Alors peut-être qu’à un moment, il faut simplement arrêter d’essayer de plaire à tout le monde.
Produire les chevaux auxquels on croit.
Les élever comme on estime qu’ils doivent l’être.
Fixer le prix que l’on considère juste.
Être transparent sur ce que l’on vend.
Et accepter qu’un poulain n’a pas besoin de convenir à tout le monde.
Il a simplement besoin de rencontrer la bonne personne.🤍
© Haras du Manoir des Rochères — Texte original. Merci de partager la publication originale.