07/09/2026
Une lettre que ton adolescent ne peut peut-être pas encore t’écrire…
Cher parent, j’aimerais que tu comprennes quelque chose : si je te repousse, si je te contredis, si je m’énerve contre toi pour des choses qui te paraissent parfois insignifiantes, ce n’est pas forcément parce que je ne t’aime plus ou que je n’ai plus besoin de toi. Au contraire. Je suis en train de grandir, de chercher qui je suis, de prendre ma place et d’apprendre à devenir autonome. Pour cela, j’ai besoin de me confronter à toi, de tester les limites, de dire non, de chercher jusqu’où je peux aller. Et même si cela ressemble parfois à un rejet, j’ai encore besoin que tu sois là. Imagine que nous tenions chacun une extrémité d’une corde. Moi, je tire de toutes mes forces pour m’éloigner, pour découvrir mon propre chemin. Toi, tu dois continuer à tenir l’autre bout. Pas pour me retenir, mais pour me montrer qu’il existe un lien suffisamment solide pour que je puisse m’éloigner sans tomber. Ne lâche pas parce que je crie. Ne lâche pas parce que je te dis que je ne t’aime plus. Ne lâche pas parce que tu as l’impression de ne plus reconnaître l’enfant que j’étais. Moi non plus, parfois, je ne me reconnais plus. Je change, mes émotions débordent, je peux être injuste, maladroit, fermé ou agressif. J’ai besoin de pouvoir expérimenter tout cela sans avoir peur de perdre ton amour. J’ai besoin de savoir que notre relation peut survivre aux désaccords, aux colères et aux silences. Tu peux poser des limites. Tu peux dire non. Tu peux être en désaccord avec moi. Tu peux même te tromper. Mais reste là. Parce que derrière mon besoin d’indépendance, il y a encore un besoin immense de sécurité. Un jour, cette période sera derrière nous. Je prendrai davantage de distance, je construirai ma vie et je n’aurai peut-être plus besoin de tirer aussi fort sur cette corde. Mais pour pouvoir partir sereinement, j’ai besoin de savoir qu’elle était là, solide, pendant que je construisais qui je suis. Alors, même lorsque je te repousse, souviens-toi que grandir ne signifie pas cesser d’avoir besoin de ses parents. Parfois, cela signifie simplement apprendre à avoir besoin d’eux autrement.
— Inspiré de The Letter Your Teenager Can’t Write You, Gretchen Schmelzer, psychologue.