19/09/2026
LE REFUS DE PROTÉINES en dit long sur l’état de ton système digestif (souvent)…
Il peut être également un effet de mode dans notre Monde où l’incertitude alimentaire crée des inquiétudes …
Voici quelques pistes pour sonder le terrain. Et quelques conseils pour en comprendre la-les causes.
Le refus de protéines
"Mon fils ne veut plus manger de viande ni de poisson." Ce n'est peut-être pas un caprice.
C'est une des questions qui revient le plus souvent. Ma fille de 10 ans a arrêté la viande. Mon ado ne mange plus que des pâtes et des légumes. Comment je fais pour qu'il n'ait pas de carences.
Première chose, et elle n'est pas négociable : on ne condamne pas. On n'a pas d'avis à avoir sur le choix de quelqu'un d'autre, encore moins sur celui de son enfant. C'est son corps.
Deuxième chose, et elle est plus dérangeante : quand le refus est durable, quand il est total, et surtout quand il s'étend à toutes les protéines et pas seulement à la viande — souvent, ce n'est pas un goût. C'est une information.
Un corps qui n'arrive pas à digérer quelque chose finit par ne plus en avoir envie. C'est un mécanisme de protection très ancien et très intelligent. Le dégoût est la dernière barrière avant l'ingestion.
Digérer une protéine, ça demande deux choses. De l'acide chlorhydrique dans l'estomac, en quantité suffisante, pour la casser en morceaux. Puis des enzymes du pancréas, notamment la protéase, pour finir le travail. Si l'un des deux manque, la protéine arrive en bas mal découpée. Elle fermente, elle pèse, elle inflamme. Et le corps enregistre : protéine égale inconfort. Deux ans plus t**d, l'enfant te dit "j'aime pas la viande" et il est parfaitement sincère.
Et là commence un cercle dont on ne sort pas tout seul : tes enzymes digestives sont elles-mêmes fabriquées à partir de protéines. Moins tu digères de protéines, moins tu produis d'enzymes. Moins tu produis d'enzymes, moins tu digères. Ça s'enfonce, doucement, pendant des années.
Il y a un autre signal qu'on ne relie jamais. Quand un enfant a une liste d'allergies alimentaires —(lait, œuf, viande de bœuf, agneau, fruits à coque, légumineuses, soja) prends la liste et regarde-la vraiment. Ce sont presque exclusivement des protéines. L'histamine elle-même est une protéine, c'est dans son nom. Ce n'est pas une collection de hasards. C'est un seul problème qui s'exprime de six façons.
En médecine chinoise, on appelle ça un vide de Chi du système digestif. En biochimie, on appelle ça une hypochlorhydrie. On parle de la même chose.
Et il faut le prendre au sérieux, parce que sans protéines assimilées, c'est toute la suite qui décroche : les tissus qui ne se construisent pas, les hormones qui ne se fabriquent pas, les neurones qui ne fonctionnent pas.
Ce que je ne ferais surtout pas, c'est forcer. On ne remet pas de la quantité dans un système qui ne sait pas traiter la qualité. On restaure d'abord la capacité, on remet la quantité ensuite. Et pour ça il existe des choses très simples : du chaud, du cuit, et des protéines déjà prédigérées par la fermentation — le bouillon d'os, le miso, le tofu cuit. Un test d'élastase fécale, qu'on peut faire de sa propre poche, dit en quelques jours si le pancréas suit ou pas.
Et puis il y a le versant inverse, que j'aime beaucoup. Quand un enfant réclame un aliment très précis et un peu bizarre — du citron le matin, du sel, des cornichons — fais-lui confiance. Son corps cherche un soutien quelque part, souvent du côté de son acidité gastrique justement.
Mais attention à la nuance, elle est capitale : un aliment, pas un produit. Le citron est un aliment. Les Haribo et les Oréo sont des produits. Un enfant n'a aucun cerveau sélectif face à un produit conçu pour lui plaire.
Prends soin de toi.
Nina Voit — Du Bon Sens dans mon Assiette