25/05/2026
Résilience
Ne pas rompre sous l’impact.
La résilience vient du latin resilire qui veut dire rebondir, sauter en arrière, revenir après un choc.
On utilisait ce terme en physique, métallurgie, ingénierie.
On pouvait parler de résilience pour un métal qui a la capacité d' absorber un choc sans se casser.
Plus t**d, il a été transposé en psychologie pour désigner des humains capables de continuer à se développer malgré des traumatismes ou des conditions très dures.
Boris Cyrillique a rendu ce concept célèbre après ses travaux sur le trauma, l’attachement et son propre vécu d’enfant survivant de la Shoah.
Mais attention à ce que L’idée moderne un peu héroïque : “ tout le monde peut rebondir” ne devienne une autre forme de violence à qui a subi des traumas sans encore réussir à les distiller. Oui, nous avons cette compétence dans certains domaines, mais si le terrain environnemental ne s’y prête pas la résilience ne peut pas s’activer.
Le système nerveux humain est tellement complexe et relié à la protection de notre intégrité qu’il faut parfois des années pour réussir à l’apaiser. L’environnement dans lequel évoluent les personnes est capital. Si l’environnement est sécure, avec patience et bienveillance, il devient alors possible de détricoter et de retricoter l’histoire du trauma.
Il me semble important de sortir de l’illusion que la résilience serait devenir heureux après un drame et plus sage d’envisager que c’est ne pas rompre après un drame.
La résilience n’est pas une ligne droite même s’il ne fait aucun doute que notre plasticité cérébrale ne condamne personne à la souffrance.
Parfois un regard, une rencontre, un lieu plus sûr, une création artistique, un animal, une relation moins violente, une reconnaissance, parfois une seule expérience profondément réparatrice peuvent remettre du mouvement là où tout semblait figé.
Seuls le temps, la patience, l’observation, un environnement sécurisant peut activer cette capacité.
J’ai cherché L’anagramme du mot résilience. Il n’en existe pas un à proprement parler, mais plusieurs émergent de celui-ci : **silence, ciel, lier, reliés, rien, élire, sien, crise.**
Au début, il y a la crise. Le monde connu se fissure.
Alors vient le silence. Pas le silence paisible.
Le silence après le choc. Celui où les mots tombent au sol.
Puis apparaît le rien .Le vide. La perte de sens.
L’impression d’être suspendu entre deux vies.
Et pourtant, dans ce rien, quelque chose respire encore.
On relève les yeux vers le ciel . Pas comme une réponse magique.
Plutôt comme une ouverture. Un espace plus vaste que la douleur.
Alors doucement, on recommence à lier . Les morceaux.
Le corps. L’histoire. Le passé et le présent.
Et parfois même à relier.
Aux autres. Au vivant À soi.
Puis vient peut-être le geste le plus difficile : s’élire.
Se choisir soi-même sans attendre d’être sauvé, validé ou réparé par l’extérieur.
Et là seulement, la résilience cesse d’être une armure.
Elle devient une manière d’habiter la vie autrement.
Sylvie