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04/08/2023

🔷♦️LE MYTHE DE LA B***E EN ARGENT

​Parmi les questions que les malades me posent fréquemment , une qui revient souvent, sous une forme ou une autre, est celle que j’appelle la quête de la b***e en argent.
​« que pensez-vous du NTZ ? que pensez-vous du Disulfiram ? que pensez-vous de la biorésonance ? de l’ozone ? du nouvel antibiotique qu’ils testent aux USA ? , etc… »

Parfois, je me dis que les contes pour enfants font plus de dégâts qu’on le suppose. Ils regorgent de créatures monstrueuses, apparemment invincibles, que le vaillant héros défait, non pas à force d’opiniâtreté et de détermination, mais parce que le monstre en question est en fait atteint d’une faiblesse mortelle, jusqu’ici passée inaperçue, révélée par le sage/mentor/licorne arc en ciel, et exploitable par l’artefact qu’il va aller voler/déterrer/arracher du cadavre refroidi de l’antagoniste secondaire.

​En dehors de la morale discutable qu’il est légitime de tuer quelqu’un sous prétexte qu’il a un truc dont vous avez vraiment besoin, le problème avec ce genre de scénario, c’est qu’il incite les enfants à croire qu’aucun obstacle n’est insurmontable, du moment qu’on possède la bonne arme magique (et un cœur pur). Ces enfants deviennent des adultes, et bien sûr, ils apprennent graduellement que la vie n’est pas un conte de fées (plus ou moins vite selon les individus, et apparemment jamais pour les américains).

​Mais c’est mon observation que, lors d’épisodes de stress sévère et de désespoir, lorsque l’humain sort de sa zone de confort, les comportements de l’enfance ont une fâcheuse tendance à parasiter le processus cognitif. D’un seul coup, la structure rassurante du conte devient une bouée à laquelle l’individu s’accroche désespérément. (Pour ceux qui trouveraient cette réflexion inexacte, je leur conseille la lecture de Propagande, d’Edward Bernays )
​Ce qui m’amène donc au final à parler de Lyme.

​Les questions en elles-mêmes peuvent être pertinentes, mais très souvent, l’espoir qui les accompagne m’inquiète un peu, car il semble plus imprégné du mythe que je citais plus haut que d’une réflexion profonde sur la stratégie thérapeutique.
​Oui, Lyme c’est pénible à vivre, et encore plus pénible à traiter, donc, stress et désespoir viennent facilement, et il est sûr que pour la plupart des Lymés, l’expression « zone de confort » appartient au passé lointain.
​Donc, forcément, le cerveau retourne volontiers vers les contes de fées. C’est normal, c’est naturel, mais ce n’est pas parce que c’est naturel que cela va vous sortir d’affaire.

​Malheureusement, Lyme n’est pas un monstre de conte de fées. Un monstre, probablement, selon nos critères, mais espérer qu’une arme magique va le défaire d’un claquement de doigts, c’est pousser l’analogie un peu trop loin.
​Guérir de Lyme reste avant tout un chantier à terminer, pas une créature à terrasser. Vous devez avoir un plan, les ressources nécessaires, les outils adaptés, savoir gérer les imprévus tout en gardant l’objectif en tête. Cela demande du temps, des efforts, et un peu de chance.

​« Mais alors », me direz-vous, « que faire de ces récits de guérison miraculeuse que je vois apparaître çà et là sur Internet ?».
Ils peuvent appartenir à plusieurs catégories :

🎈Les VRP : ceux-là ont un truc à vous vendre, et forcément, leur truc est le meilleur du plus bon. Ils ne sont pas forcément de mauvaise foi, mais l’objectivité allant rarement de pair avec la force de vente, les qualités de leur produit ou de leur technique seront largement exagérées. Cela ne veut pas dire que leur produit est inutile, juste qu’il faut prendre leurs affirmations avec un gros grain de sel.

🎈Les veinards : lorsque Lyme s’est déclarée chez eux, leur Lyme à eux s’est plus ou moins concentré sur un vecteur d’attaque unique. Peut-être avait ils une vulnérabilité de ce côté-là, ou peut- être sont-ils tombés sur une variante particulièrement stupide de la maladie (après tout, il y a des imbéciles dans toutes les familles, pourquoi pas celle-ci). En prenant l’outil adapté pour traiter ce vecteur, ils ont donc pu bénéficier de progrès spectaculaires, qui peuvent aller jusqu’à la disparition complète des symptômes. On peut les envier pour leur coup de bol, mais, connaissant la résilience innée de l’infection, je leur conseillerais tout de même de faire preuve de vigilance. La bête rôde encore, et tôt ou t**d elle repassera à l’attaque. Et cette fois-ci, rien ne garantit qu’elle n’aura pas appris sa leçon.

🎈Les pots de confiture : cela vous est-il déjà arrivé de tenter d’ouvrir un bocal lambda dont le couvercle était serré à mort, de vous échiner, de transpirer pendant un quart d’heure, avant de laisser tomber et de voir un pote tenter le coup, et faire sauter ledit couvercle sans effort, tout simplement parce que vous étiez à ça d’y arriver avant de renoncer ? Pour le traitement de Lyme, c’est un peu pareil. Vous pouvez tenter diverses approches qui, sans vous apporter de résultats tangibles, vont saper graduellement la forteresse édifiée par la maladie. Mais voilà la résistance inhérente de l’infection, couplée aux réactions de Herx, vont vous pousser à changer de thérapie, juste au moment où les premières fissures commencent à apparaître. Vous, de votre point de vue, imputez le progrès au dernier arrivé, alors que si vous aviez commencé par celui-ci, vous vous seriez probablement cassé les dents. D’où le mythe de la b***e en argent.

L’objectif de cet article n’est certainement pas de doucher vos espoirs. Combattre cette maladie nécessite de l’espoir si vous voulez avancer.
Mais il vous faut comprendre où placer vos espoirs, comprendre tout ce qui est en place, du fait de la maladie comme du fait de votre propre mental, pour vous disperser vers des solutions en apparence faciles, mais aux résultats hasardeux.
Bref, restez critiques et déterminés, et partez du principe que si la mariée a l’air trop belle, c’est généralement le cas.

🔷🔸 QUI SUIS-JE ? - Pierre MARION, naturopathe spécialiste de la maladie de Lyme et co-infections- 10 années d'expérience...
18/07/2023

🔷🔸 QUI SUIS-JE ?
- Pierre MARION, naturopathe spécialiste de la maladie de Lyme et co-infections
- 10 années d'expérience à votre service

Après des études de médecine générale et un parcours au sein de l'établissement français du sang, je me suis installé en tant que médecin généraliste dans un village perché dans les montagnes des Vosges. J'y ai été surpris par la fréquence de maladies chroniques et invalidantes pour une si petite population.

Après avoir éliminé les autres possibilités, la maladie de Lyme m'est apparue comme étant la meilleure explication aux problèmes que nombre de mes patients rencontraient, et, effectivement, commencer à les traiter pour une maladie infectieuse persistante a apporté des résultats là où les autres approches s'étaient avérées infructueuses.

Dans les postes médicaux que j'ai occupés ensuite, j'ai compris que le problème était plus étendu que je ne le croyais, je croisais quotidiennement des gens dont les souffrances étaient fortement évocatrices, mais où l'errance thérapeutique était la norme plutôt que l'exception.

J'ai ainsi décidé de pratiquer deux ans en clinique privée spécialisée dans les infections à tiques en Allemagne, la BCA (Borreliose Clinic Augsburg) afin de pouvoir soigner les gens dans un cadre plus efficace et bénéficier du soutien d'une équipe expérimentée et motivée, ce qui m'a permis de me perfectionner auprès de la meilleure structure pour le traitement de la maladie de Lyme.

Fort de cette expérience, j'ai finalement décidé de revenir en France afin d'offrir aux malades et à leur entourage les connaissances nécessaires pour prendre en main leur santé et arriver à bout de cette maladie.

🔷🔸A QUELS PATIENTS S’ADRESSENT MES COMPÉTENCES ?

▪️Vous êtes déjà suivi par un médecin pour un Lyme :
Ces médecins sont pour la plupart surchargés de travail et n'ont pas toujours le temps de détailler les subtilités relatives à l'hygiène de vie nécessaire à mettre en place : alimentation, sommeil, exercice, détoxification, cela fait beaucoup à assimiler.
Je peux vous aider à comprendre ce qu'il reste à faire pour optimiser votre traitement actuel.

▪️ Vous êtes atteint, mais sans suivi :
Il est possible de se traiter par des moyens alternatifs et sur-mesure.
Certains vous seront plus efficaces que d'autres et nous pouvons voir ensemble quelle approche serait la plus appropriée à votre situation.

Les séances se déroulent sur Skype ou au téléphone.
Tarif des séances :
75€ (45 mn minimum )
( en cas de prise en charge complète avec étude de votre dossier médical 1h30 minimum : 150€ )

Pour une demande de rdv, merci de me contacter par téléphone :
+33 7 63 50 02 07

03/07/2020

POURQUOI LE DENI DU CHRONIQUE, SUITE,

Nous avions donc quitté le sujet sur le fait que les médecins s’apparentent plus à un ordre religieux qu’à une communauté scientifique, du moins dans leur approche de l’enseignement : structure hiérarchique rigide, qui ne tolère pas la dissidence.
Comme l’ont mentionné quelques commentateurs, les médecins pensent effectivement en « cases », et sont pour la plupart constitutionnellement incapables d’improvisation. Ce travers s’explique pour les deux raisons que j’avais évoqué dans l’article précédent. Leur paradigme, renforcé par la pression hiérarchique, leur impose de considérer leur discipline comme aboutie : si une pathologie n’a pas été évoquée lors de leurs études, c’est tout simplement qu’elle n’existe pas (les fans de SF appellent cela le « syndrome des archives Jedi »). A leur décharge, les cadences qui leur sont actuellement imposées ne leur laissent vraiment pas le temps de la réflexion, absolument nécessaire pour aboutir à un diagnostic correct face à un Lyme.

Après cette petite clarification, passons maintenant à la principale raison, qui est aussi la plus taboue, à savoir l’influence grandissante des laboratoires pharmaceutiques dans l’établissement de ce que l’on appelle avec emphase « l’état de l’art »

LE POIDS DES MARCHANDS DE PILULES
« Un médecin sans conflits d’intérêt est un médecin sans intérêt » Agnès Buzin
« Le médecin est un champion, le laboratoire est son sponsor » Petit dictionnaire illustré de la médecine
Je ne vais pas faire ici l’inventaire des nombreux scandales qui ont émaillé l’histoire des laboratoires pharmaceutiques, certains étouffés avec plus ou moins de succès, d’autres ayant éclaté au grand jour sans pour autant amener ni justice aux victimes, ni moralisation des pratiques ultérieures.
Ces histoires grandes ou petites pullulent sur internet, et sont souvent qualifiées de théories du complot par les autruches médiatiques, même lorsque ce sont les mêmes journaux qui ont dévoilé le scandale vingt ans auparavant.

Disons simplement que les laboratoires pharmaceutiques ne vous veulent pas du bien, ce qui est non seulement évident, mais également logique.
Un laboratoire est une entreprise privée, donc son seul impératif moral est d’accumuler des profits. Plus elle en accumule, plus elle accomplit son devoir. La logique capitaliste voudrait que, pour accumuler des profits, elle offre aux consommateurs le meilleur produit possible au prix le plus équitable possible, afin que celui-ci ne s’adresse pas à la concurrence.
Mais dans le cas du marché de la santé, le principe de concurrence non faussée ne s’applique absolument pas : la plupart des labos, aux moyens de brevets, s’assurent des positions monopolistiques aussi souvent que possible, et les malades ne sont pas des consommateurs. C’est le médecin qui leur prescrit les traitements, et qui leur dit quand arrêter.
A ce moment-là, la seule stratégie que le PDG d’une de ces firmes peut se permettre devient : vendre le produit au plus haut prix possible, le plus longtemps possible, à un maximum de monde possible, avant l’expiration du brevet.

Maintenant, prenons un cas absolument caricatural : le service R&D d’un gros labo vient voir le patron en expliquant qu’ils ont trouvé le moyen de guérir le diabète. Pas traiter, guérir. Le traitement n’est pas donné, disons 5000 euros, mais après ça, le patient redevient parfaitement sain. Dans la tête du patron, la première idée qui va venir n’est pas de croire qu’il va avoir sa place au panthéon des sauveurs de l’humanité, au contraire.
Il va voir en premier les chutes de vente des médicaments qu’il a déjà mis sur le marché : insulines, antihypertenseurs, glitazones, même la metformine (sur laquelle il ne fait plus qu’une petite marge, mais avec 100 millions de consommateurs, ça paye la fête de Noël des visiteurs médicaux). Et s’il est patron d’un grand groupe, il verra aussi s’envoler les nouvelles ventes d’échographes, scanners, et tous les réseaux de suivi.
Bref, la fin de sa carrière, et la mise en vente de son yacht, de sa propriété dans les Hamptons, et le départ de sa femme et de sa maitresse simultanément (ce qu’il pourrait éventuellement voir comme une bénédiction).

Pour paraphraser le Dr Peter Rost (The Whistleblower, Confessions of a Healthcare Hitman), un patient guéri est une perte équivalente à un patient mort.

L’objectif inavoué d’un laboratoire est donc de faire en sorte que le patient reste malade le plus longtemps possible, sans le tuer, mais sans non plus le guérir.
Ce n’est bien entendu pas l’objectif officiel, et les labos dépensent des sommes considérables pour maintenir une image de serviteurs dévoués et désintéressés de l’humanité. Libre à vous de le croire, mais je suis prêt à parier que, si Pfizer ou Novartis commençaient à croire à cette image, leur ruine surviendrait dans les mois qui suivent. C’est de la théorie économique de base.

De plus, peu de gens ont conscience du degré d’influence des laboratoires pharmaceutiques dans l’établissement du système sanitaire. Les labos subventionnent les académies de médecine depuis au moins 1911, date à laquelle Rockefeller a créé sa fondation, et ont systématiquement orienté les recherches dans l’optique qui les intéressait en priorité, c’est-à-dire dans une optique de prolongation de la misère. Certes des progrès impressionnants en matière de chirurgie, réanimation, luttes contre les maladies mortelles et j’en passe ont été faits au cours de ce siècle, mais simultanément, la lutte contre les médecines alternatives non brevetables ou les recherches sur les pathologies environnementales ont été systématiquement freinées.
Moins de morts, plus de malades, égalent plus de profits.

Et quel rapport avec Lyme ? Vous avez une de ces rares maladies qui rapporte beaucoup plus d’argent si elle n’est pas diagnostiquée, tout simplement.
D’une part, cette maladie n’est pas mortelle, même si par moments le malade le regrette amèrement. Donc pas de risque de contraction du marché par le décès inopiné de la clientèle, comme on a pu le voir avec le SIDA.
D’autre part, Lyme étant la « grande imitatrice », tôt ou t**d il se trouvera un spécialiste compatissant pour apposer une étiquette de type « sclérose en plaques atypique» , « polyarthrite rhumatoïde séronégative », « syndrome dépressif chronique », qui permettra au moins au patient de bénéficier d’avantages sociaux impossibles à obtenir tant qu’une case n’a pas été remplie. Le traitement ne marchera pas, voire aggravera la situation, mais le patient sera tout de même content (il a eu un diagnostic), le médecin aussi (il a correctement diagnostiqué un truc que ses confrères étaient incapables de caractériser, boost à l’ego +10), et le labo encore plus (parce que ça, c’est du traitement rentable)

Donc, pour reprendre le point de vue du cadre pharmaceutique : si Lyme est correctement diagnostiqué, je peux vendre un traitement dont la plupart des éléments sont déjà génériqués ou non brevetables, ce qui veut dire au max 20% de marge, sur une durée de 3 ans, avec un coût pour la société de, soyons généreux 700 euros par mois. Ce qui veut dire, estimation optimiste, 5040 euros sans les taxes (que je ne paye de toute façon pas, le siège est dans les Iles Caïman).
Si Lyme n’est pas correctement diagnostiqué, je peux compter sur des années d’antalgiques, anxiolytiques, antidépresseurs, avant le passage à une maladie chronique où le seul traitement vaut déjà plus de 5000 euros par mois, avec une marge de 50% facile, et ce pour plusieurs années. Sans compter tous les emplois sauvés par la multiplication des examens divers et variés, à inclure parce que « c’est dans le protocole ». Même si le patient ne dure que trois mois, je suis déjà rentré dans mes frais. Jackpot !

Comme disait mon prof de marketing « l’argent n’a pas d’odeur, mais à partir d’un million, il sent bon »

Bien sûr, n’allez pas croire que les labos sont pleins de méchants de James Bond ordonnant le massacre d’orphelins en caressant un chat angora tout en donnant des naturopathes à manger à leurs piranhas (ce qui serait tout de même assez classe). Pour la plupart, ce sont simplement des rouages d’un système si fractionné et isolé des réalités que la dissonance cognitive y atteint des sommets, et les décisions sont si atomisées qu’aucun ne se sent réellement responsable de cet état de fait. Entre un manque d’information sélectif et une bonne focalisation sur sa carrière, on peut inciter un bon père de famille à commettre des atrocités sans pour autant perdre le sommeil, une technique que toutes les armées modernes ont expérimentée et continuent d’expérimenter.

Et ce sont ces personnes qui ont maintenant le contrôle de la presse médicale, qui sponsorisent les symposiums, qui organisent les séminaires de remise à niveau où des spécialistes (dont les labos ont souvent financé les recherches) vont faire l’éloge de leurs propres réussites au moyen de la nouvelle molécule à la mode ou de la nouvelle pince chirurgicale à turbopompon mégaboosté.

C’est malheureusement un cercle vicieux : si vous voulez que vos idées prennent de l’ampleur, il faut avoir la « reconnaissance des pairs » (au lycée, on appelait cela la popularité, mais comme il y a « peuple » dedans, on comprend que les médecins aient choisi un mot plus aristocratique). Pour cela, il faut publier, et pour publier, il faut avoir fait des recherches, qu’il faut faire financer. Plus vous êtes publié, plus vous avez d’influence dans votre spécialité, plus vous avez de valeur aux yeux des labos, qui vont donc plus facilement vous financer, surtout si vos résultats leur permettent d’accaparer des parts de marché.

Résultat final : des comités d’experts qui, si l’on excluait tous les porteurs de conflits d’intérêt, se tiendraient dans une cabine téléphonique (Pour les plus jeunes : c’était une sorte de cercueil vertical transparent où les gens sans portables en appelaient d’autres, et pour tenir à deux dedans, il fallait être de très bons amis).
De l’autre côté du spectre, des médecins qui n’ont eu à cœur que de faire correctement leur travail peinent à boucler leurs fins de mois pour avoir eu le malheur de ne pas suivre les ROSP, de prendre trop de temps avec leurs patients, et de ne pas avoir prescrit assez de pilules par rapport à leurs collègues.

Dans le cas de Lyme, l’exemple est assez criant. Le document de « référence », le consensus de 2006, est une insulte à tout esprit un tant soit peu critique, et sa version américaine (dont la version française est un copié-collé manifeste) a été débinée par l’équivalent américain de l’académie de sciences. Pourtant, il continue d’être systématiquement opposé aux Lymés. D’un autre côté, plus de 500 publications (en anglais, certes, mais google translate, c’est pas pour les chiens) arguent de l’existence d’une forme chronique de Lyme, avec de vrais protocoles scientifiques derrière, et restent systématiquement ignorées. Simplement parce que les sponsors des auteurs n’ont pas du tout le même poids politique que les sponsors des trois pieds nickelés à l’origine de la conférence de consensus américaine.

Donc, tant que la maladie de Lyme rapportera plus au système de sante en étant ignorée qu’en étant traitée, vous pouvez être certains que les seuls intervenants disposés à entendre votre plainte seront ceux qui s’avèreront incapables de changer cet état de fait.

D’un point de vue purement historique, il est avéré que tôt ou t**d, une vérité éclate au grand jour, même si le plus souvent, on doive attendre la mort des responsables de son étouffement. Mais dans le cas de Lyme, je crains que la vérité n’éclate qu’au moment d’une refonte complète de notre système de santé.

Et dans un cas comme dans l’autre, il me semble raisonnable de dire que vous serez soit guéris, soit morts avant que cela n’arrive (pas de Lyme, mais personne ne rajeunit).

Je termine ce long post avec un petit point Godwin, puisque je citerai l’un des avocats au procès de Nuremberg, dont les paroles m’ont accompagné depuis le début de mon périple en terre de Lyme :

« Il est très difficile de convaincre quelqu’un de quelque chose quand son salaire dépend de son ignorance »

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne soirée, en espérant ne pas vous avoir trop déprimé.

Prenez soin de vous.

02/07/2020

POURQUOI LE DENI DU CHRONIQUE ?
Vu que beaucoup de gens me posent la question, je me suis dit que j’avais meilleur temps de la poster en ligne.

Comme pour la plupart de mes articles, et peut être même encore plus pour celui-ci, cette prose est avant tout une opinion, basée sur de longues années d’observation, certes, mais cela ne doit pas avoir de valeur de vérité absolue, c’est un point de vue discutable, mais, comme disait Freud « c’est peut-être faux, mais cela explique bien »

Et comme pour tout ce qui a trait à Lyme, on rentre dans le multifactoriel, ce qui veut dire qu’une seule raison ne suffit pas à expliquer la totalité du problème. J’ai donc identifié trois facteurs déterminants du plus général au plus spécifique.

RAISON 1 : LE CHANGEMENT DE PARADIGME ? TROP DUUUR !
Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un paradigme, disons pour simplifier qu’il s’agit du filtre que vous appliquez à la réalité pour la rendre plus compréhensible. Par exemple, un prêtre va voir la réalité comme l’expression de la volonté divine, un (bon) scientifique va la voir comme une somme d’énigmes à résoudre, et caetera…

Tant que les conclusions de la réalité et celles de l’observateur coïncident, tout va bien : quand je pose le ballon sur le sol, il ne roule pas, c’est donc que la Terre est plate. Mais quand l’observateur fait l’expérience d’une réalité que son paradigme n’arrive pas à expliquer, une crise se produit avec deux issues possibles : soit la personne accepte de sacrifier son filtre et d’en recréer un nouveau, ce qui fait de lui un précurseur (et probablement aussi un martyr), soit elle finit par dire que la réalité a tort, et défends son paradigme bec et ongle, d’abord en persécutant les précurseurs, puis en finissant par préférer sombrer avec le navire.

Car c’est le problème avec un paradigme : le confort qu’il apporte, on s’y habitue vite, on croit qu’on a la maitrise de la création, et avec cette croyance vient le pouvoir de la conviction. C’est dur d’y renoncer, de sortir de la couverture chaude et soyeuse de la certitude pour affronter la nuit froide du doute et du flou plus ou moins artistique. Lorsqu’en plus vous avez bâti une carrière sur ces certitudes, l’enjeu et les sacrifices à consentir deviennent vite insupportables.

Le concept même du progrès scientifique se bâtit sur ces notions de changement de paradigme, que ce soit dans la physique (apparition de la physique quantique) l’astronomie (Galilée, entre autres), mais aussi l’ingénierie, l’art, et même la cuisine (il y a bien dû y avoir un premier à manger une huitre ou un escargot, certainement à la désapprobation générale).
La médecine n’est de même pas immunisée à ces crises profondes : Hippocrate est battu en brèche par Galien, lui-même réfuté par Avicenne, finalement contredit par Paracelse, vaincu ensuite par Pasteur, lequel voit son paradigme microbien démoli par le fonctionnement de Lyme et consœurs.
Et à chaque étape se lèveront les gardiens du temple, drapés dans leurs plus beaux atours, du haut de leur autorité qui leur tient lieu de compétence, qui plutôt que d’analyser froidement les faits, préfèreront crier haro sur le baudet.
(Petit aparté : Les animaux malades de la peste, de Jean de La Fontaine, résume assez bien la situation actuelle)

Donc, le changement de paradigme, c’est dur, cela demande des sacrifices, cela demande de la probité et du courage, et malheureusement, ce ne sont pas des qualités que l’on cultive à la Faculté, ou ailleurs dans notre société du mensonge.

LE MEDECIN N’EST PAS UN SCIENTIFIQUE
Je ne sais plus quel médecin a écrit que la médecine était un art qui se parait des atours d’une science, mais en tout cas, sa lucidité lui faisait honneur.
Je vais aller un peu plus loin, et dire que la médecine est une religion.
Si cela peut sembler provoquant, à la fois pour le patient naïf comme pour le médecin de carrière, je vous demanderai un peu de patience pour développer mes arguments.
Les études de médecine durent environ une dizaine d’année, durant lesquelles, honnêtement l’intelligence compte beaucoup moins que la capacité à recracher verbatim les textes psalmodiés par les professeurs durant des cours d’un intérêt… variable. Ah, ces moments de soulagement palpable dans les amphis quand, après un sujet exposé particulièrement ardu, le professeur explique que celui-ci ne sera pas à l’examen. On aurait cru avoir échappé à la hache du bourreau.
Durant ces études, beaucoup de temps se passe également dans les services hospitaliers, où nous apprenons la notion la plus cruciale et jamais écrite : la soumission à l’autorité. On ne contredit simplement pas le chef si on est le sous-chef, le sous-chef si on est sous-sous-chef, et tutti quanti. Et on attend impatiemment le jour où on aura monté d’un échelon pour pouvoir enfin traiter les inférieurs comme de la m***e.
Je caricature à peine, lisez les Brutes en Blanc de Matin Winckler, il l’écrit mieux que moi.
Tout cela pour dire que, une fois les survivants sortis de dix ans de ce conditionnement, ils ont surtout été sélectionnés pour leur aptitude à mémoriser des listes et des protocoles, et pour leur capacité à accepter l’inacceptable du moment que c’est dit par un type plus haut dans la hiérarchie.
En échange de cette aptitude à être un bon produit conforme, le nouveau médecin sait qu’il peut compter sur le soutien d’une communauté soudée et influente dont la reconnaissance fait partie des moteurs les plus fondamentaux de l’estime de soi du médecin : à l’hôpital, les patients vont et viennent, mais les confrères restent.
Bien entendu, plus on grimpe dans la hiérarchie, plus le talent doit se tempérer d’un sens politique particulièrement aiguisé, ainsi que d’une ambition indiscutable. On ne devient pas professeur par hasard, et cela tient autant au nombre de publications qu’à l’aptitude à naviguer dans le marigot des querelles d’ego et de financements qui sont l’apanage de toutes les structures massives. Ce qui veut dire aussi une aptitude à sacrifier pas mal de chose pour atteindre ce siège où, comme disait Desproges « l’imbécile oublie qu’il est assis sur son cul ».

Et plus on montera dans la hiérarchie, plus les écarts à l’éthique initiale seront facilement pardonnés, puisqu’a priori, le grade d’un médecin lui tient d’auréole.
Mais qu’un médecin, quel que soit son rang, décide pour une raison ou une autre de mettre en cause la hiérarchie elle-même, et là, c’est la totale, excommunication, pilori, poursuites disciplinaires plus ou moins justifiées mais toujours usantes pour la victime, car le pire à faire, c’est de faire perdre la Foi, d’arracher le mythe de l’infaillibilité professorale (pourtant souvent écorné).
Pour moi, les parallèles avec l’Eglise Catholique sont quand même assez troublants. Je laisserai le lecteur s’en faire une opinion car l’article est déjà assez long comme cela, et réserverai la troisième raison pour la publication suivante, je ne voudrai pas vous faire décrocher au moment le plus croustillant.

Je terminerai simplement par une constatation supplémentaire : la plupart des académies de médecine sont issues, à la base, de monastères hospitaliers. Ce qui veut dire que les racines de la médecine se sont nourries de la structure sociale de moines militaires, bref, le meilleur des deux mondes.

En espérant ne pas vous avoir perdu en route.
Prenez soin de vous.

28/06/2020

ET COVID-19 : MISE A JOUR
Pas mal de temps a passé depuis mon premier article, et à l’époque, j’avais surtout quelques hypothèses sur la manière dont les deux maladies pouvaient interagir, basées sur mes connaissances de Lyme et sur le fonctionnement des virus en général.

J’expliquais que, probablement, deux cas de figure étaient envisageables : soit, du fait de la présence de nombreux germes, eux-mêmes capables de perturber le système immuniataire chacun à sa manière, le virus se retrouvera incapable de faire son travail (a fortiori si un traitement est en cours), soit le virus est lui-même capable de diminuer l’immunité de l’hôte jusuqu’à un point où Lyme va pouvoir considérer que vous êtes en situation de stress, et va tenter d’étendre son territoire à vos dépends.

En d’autres termes, soit le Covid vous rebondit dessus, soit Lyme tente une sortie, mais le virus lui-même ne fait pas directement partie de la pathologie, du moins après les premiers jours d’infection.

Après plusieurs mois de retours de plusieurs malades, il semblerait que mes hypothèses étaient globalement correctes. Beaucoup de Lymés de ma connaissance ont vécu durant la pandémie une aggravation nette de leurs symptômes, aggravation qui a pris plus de temps à disparaître que dans le cas d’un Herx classique, mais aucun d’entre eux n’a atterri en réanimation. Bien sûr, j’ai conscience qu’il doit exister quelque part un malade qui doit être l’exception (et tous mes vœux de rétablissement l’accompagnent), mais dans l’ensemble, la théorie a tenu.

Ma conclusion provisoire est donc celle-ci : durant cette période de pandémie, si vous expérimentez une aggravation soudaine de vos symptômes, partez du principe que Lyme essaye de profiter du Covid pour accroître son contrôle sur vous. Si vous êtes sous traitement Lyme, traitez cela comme une réaction de Herxheimer : réduisez les dosages des bactéricides, intensifiez la détoxification, le temps que le niveau de toxines revienne à quelque chose de gérable, MAIS conservez le traitement à visée antivirale que vous avez (ils sont multiples, je pense notamment à l’artemisia annua ou au plaquenil), et ajoutez des antioxydants en sus pour réduire au maximum l’impact du virus. Une fois la crise passée, il peut être nécessaire de réévaluer le traitement, votre tolérance à celui-ci peut être durablement affectée.

Et si vous êtes Lymé sans traitement, c’est une bonne occasion de vous y mettre.

Voilà pour les informations pratiques, j’aimerais maintenant partager avec vous mes spéculations sur un sujet annexe :

LE SYNDROME POST COVID :
Parmi les survivants (heureusement nombreux, malheureusement pas assez) des formes les plus sévères du Covid, un nombre non négligeable ont présenté des « séquelles », certaines imputables à la combinaison d’un virus respiratoire et de l’utilisation de respirateurs artificiels, mais d’autres se sont avérées beaucoup plus exotiques : fatigue chronique, troubles neurologiques divers et variés, allant des troubles de l’odorat aux fasciculations, en passant par des troubles de la mémoire et de la concentration.
Cela vous semble familier ?
Qui plus est, de nombreux cas de « syndrome post-Covid » signalent l’apparition de ces symptômes des jours ou des semaines après avoir récupéré de leur épreuve (et avoir été blanchis par les tests de laboratoire). Peu compatible avec l’idée de séquelles, qui sont par définition des lésions consolidées, et non évolutives.

Donc, mon opinion sur la question est simple : les lecteurs les plus assidus savent que Lyme exploite sans regrets ni retenue tout stress, qu’il soit physique, métabolique ou physiologique, du moment qu’il diminue l’efficacité du système immunitaire. Je ne compte plus le nombre de malades que ont vu leurs symptômes apparaître après le décès d’un proche, un harcèlement professionnel, une fracture osseuse (inflammation et alitement, pas une bonne combinaison), voire, dans un cas anecdotique, une soûlographie forcenée d’une semaine entière.
Ce qui est pour l’instant vendu comme un syndrome post-Covid est à mon avis la conséquence d’une activation d’un Lyme sous-jacent qui va bénéficier de l’action conjointe de l’immunosuppression induite par le virus, de la tempête de cytokines libérée par celui-ci, et de la brutalité nécessaire des procédures de réanimation.
Pour une borrélie, ça doit ressembler à Disneyland.
En comme ces personnes-là ne suivent pas de traitement pour Lyme, une recrudescence de l’activité ne va pas se traduire par un simple Herx. Lyme va sortir de sa caverne, planter sa tente en plein jour, et commencer à mettre la musique à fond car il n’y a rien pour l’arrêter.

Donc, si vous avez parmi vos proches l’une ou l’autre personne à subir les affres de ce syndrome post-Covid, avant qu’ils subissent les batteries d’examens que les infectiologues, neurologues et autrechosologues ne manqueront pas de leurs faire subir (dans un parcours qui ne nous est que trop familier, à nous les Lymés), voyez s’ils seraient perméables à l’idée de faire un test pour Lyme, cela pourrait leur économiser du temps, de l’énergie, et pas mal de souffrances.

Bien sûr, quand je parle de tests, je parle de tests au moins moyennement fiables, hein.

Est-ce que ce syndrome post-Covid pourrait nous permettre de faire revenir Lyme sur la scène médiatique ? J’en doute fortement, et je me permettrai de vous expliquer pourquoi lors de mon prochain post, que je vais tenter de vous sortir plus rapidement que celui-ci.

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