06/10/2026
Rien ne justifie la violence, mais il faut comprendre d'où elle vient.
Je le dis sans réserve, et je le redis pour qu'on ne DEFORME PAS la suite.
La colère est une émotion du latin "ex movere: : mettre en mouvement, pousser vers l'extérieur.)
Une émotion ne disparaît pas, elle cherche une issue. Quand elle est entendue, elle devient une parole, une décision, un changement. Quand elle ne l'est jamais, elle s'accumule, et à un moment, ça explose. C'est inévitable. Si elle ne sort pas, elle se retourne contre la personne elle-même, le plus souvent contre la victime.
Prenons l'exemple d'une séparation d'avec un narcissique.
Combien de fois demande-t-on aux victimes de « faire un effort », d'être compréhensives, de discuter, de négocier ? Combien de fois les place-t-on en médiation face à leur bourreau ? On commence seulement à admettre que ça ne sert à rien, alors qu'on le sait et qu'on le dit depuis cinquante ans. C'est destructeur et complice.
Je parle de « système judiciaire » plutôt que de « justice », parce que le mot « justice » induit en erreur. Ce système fonctionne selon des lois, pas selon la vérité ni la réalité. Il rend la justice, ce qui n'est pas la même chose que rendre justice. Il est important de modifier certaines expressions.
On le voit, par exemple, dans les violences conjugales, qu'on range sous l'étiquette de « divorce conflictuel ». Face à un pervers narcissique, il n'y a pas de conflit : il y a de l'emprise, et la situation est totalement déséquilibrée. Répéter qu'un divorce, c'est « 50-50 », c'est faux. Face à un narcissique, ce n'est certainement pas 50-50, et le prétendre revient à ignorer la réalité de la victime.
Beaucoup de désintérêt et d'incompétence aussi.
Il y a aussi le déni.
On dit à la personne que ce qu'elle décrit n'existe pas, qu'elle exagère, qu'elle interprète, qu'elle est trop sensible.
Et il y a le mépris : le haussement d'épaules, le regard de haut, la minimisation, l'étiquette de femme hystérique ou rancunière. Le déni efface la réalité, le mépris efface la personne. Être niée puis méprisée, jour après jour, c'est déjà de la violence, et c'est celle qui précède toutes les autres. Quand on a été niée, méprisée, jamais crue, comment s'étonner que la colère finisse par sortir ?
Et il y a pire. Après avoir tout fait pour pousser quelqu'un à bout, on lui explique qu'il devrait exprimer sa colère avec le sourire, calmement, doucement, avec les bons mots et le bon ton. Cette injonction est elle-même une violence. C'est du vice, ou une profonde bêtise, et un manque d'empathie crasse. On provoque l'explosion, puis on exige que la personne la gère parfaitement, et si elle n'y arrive pas, c'est elle qu'on désigne comme le problème.
La colère est légitime. Ce qui est pervers, c'est d'exiger une " colère polie ", puis de la reprocher quand elle ne l'est pas.
La violence est souvent en amont, dans le déni et le mépris d'un système qui n'écoute pas, qui inverse les valeurs et qui renvoie la victime à sa propre responsabilité. Remettre les responsabilités à leur juste place, c'est tout l'enjeu.
Expliquer n'est pas excuser. Mais refuser d'expliquer, c'est se condamner à répéter.
J'ai juste pris l'exemple des violences psychologiques pernicieuses que je connais bien malheureusement.
A chaque maillon, il peut y avoir de la violence.
Quelle que soit la colère :
Remettre les responsabilités à leur juste place
N'est-ce pas pervers de générer de la maltraitance, de l'absurdité, de l'injustice puis de s'offusquer de la colère ?
Qui parle de la violence initiale ?
On fait quoi, maintenant ?
Hélène Drouard
@à la une Petit