10/05/2026
Ton complexe ? Il t'a rendu meilleur qu'eux.
Et si tu arrêtais de te comparer ?
Parce que tu n'as pas pu faire d'études, tu te laisses impressionner par quelqu'un qui fait de jolies phrases, de jolis textes, par quelqu'un qui a tel diplôme.
Si tu savais !
J'ai fait toutes sortes d'études. Des études réputées, très classiques, des études techniques, pratiques.
Et j'ai croisé toutes sortes de gens.
Si tu savais le vent que peuvent produire certains, sous prétexte d'un diplôme. J'en ai connu qui sortent d'écoles dites reconnues et qui ne savent rien faire à part poster des poèmes, des citations, piller les textes, les photos, les réflexions des autres.
Puis j'ai rénové ma maison.
Et j'ai croisé des maçons, des carreleurs, des plombiers, des électriciens, qui avaient parfois d'énormes complexes.
Des chefs d'entreprise qui n'avaient pas pu faire d'études classiques — parce qu'ils ne rentraient pas dans le moule, parce qu'ils n'en avaient pas les moyens, parce qu'ils avaient une particularité. Peu importe la raison.
Ces personnes ont monté leur entreprise. Elles ont réussi dans un domaine pratique, technique, exigeant.
Mais le complexe était là. Alors elles ont compensé. Elles ont appris. Elles ont étudié par elles-mêmes. Elles étaient d'une curiosité intellectuelle rare. Et au final, elles ont DÉPASSÉ, bien des gens qui avaient suivi un cursus classique reconnu.
C'est là que j'ai trouvé une vraie injustice.
Parce qu'en discutant avec eux, j'ai été impressionnée par leur culture. Leur culture générale, leur ouverture, leur profondeur. Certains sont de grands lecteurs. Certains sont fans de musées. Et bien sûr, ils savent en plus tout faire de leurs mains.
Mais ils ont toujours cette croyance ancrée qu'ils sont des cancres. Qu'ils ne sont pas cultivés. Ils mettent sur un piédestal ceux qui ont fait des études classiques — tout en sachant, parfois, que ces mêmes personnes seraient incapables de planter un clou.
Ils n'ont aucune notion qu'ils ont dépassé, d'un point de vue purement intellectuel et culturel, beaucoup de ceux qu'ils admirent de loin.
Alors peut-être qu'il est temps.
Temps de voir ta vraie valeur. Tout ce que tu sais faire. Toutes tes compétences. Toute la richesse que tu as construite, souvent seul, souvent sans reconnaissance, souvent malgré tout.
Faire des études, c'est bien. C'est même une chance. Et ceux qui ont eu cette opportunité et en ont fait quelque chose méritent tout le respect.
Mais il y a plusieurs façons d'aborder la vie. Et certains ont eu l'intelligence — ou le courage, ou les circonstances — de rentrer dans le pratique, dans le technique. De construire avec leurs mains. De se cultiver seuls, en autodidactes, par curiosité pure, sans obligation, sans diplôme à décrocher. Et ces personnes-là sont parfois devenues cent fois plus brillantes que ce qu'un cursus classique aurait pu produire.
Arrête de te comparer à une vitrine. Regarde ce que tu es vraiment.
Hélène Drouard