25/03/2026
🧠 Le TDAH est-il surdiagnostiqué ?
Question qui revient souvent et cet éditorial soutient une fois de plus que les données disponibles (au Royaume-Uni) suggèrent plutôt un sous-diagnostic, même si des erreurs diagnostiques existent au cas par cas.
Que disent réellement les données disponibles ?
👉 Les auteurs de cet éditorial posent une question simple : observe-t-on, à l’échelle d’une population, plus de diagnostics que ce que l’on s’attendrait à trouver ?
➡️ À ce jour, il n’existe pas de preuve publiée de surdiagnostic du TDAH au niveau populationnel au Royaume-Uni.
➡️ Les données disponibles suggèrent plutôt qu’un certain nombre de personnes ayant un TDAH ne sont pas diagnostiquées.
Quelques chiffres pour comprendre :
🔹 Environ 5,4 % des enfants et adolescents répondent aux critères du TDAH dans les études internationales rigoureuses.
👉 Cela représente environ 1 jeune sur 20
🔹 En Angleterre, une enquête NHS de 2017 retrouvait 3,1 % chez les 2–19 ans
👉 soit un chiffre déjà inférieur à certaines estimations internationales
🔹 Dans les données de santé anglaises de 2018, la prévalence enregistrée était de :
2,5 % chez les garçons
0,7 % chez les filles
0,7 % chez les hommes
0,2 % chez les femmes
👉 Chez l’adulte, les auteurs rappellent qu’une méta-analyse estime la prévalence mondiale à 3,3 %, soit environ 1 adulte sur 30
👉 Les chiffres enregistrés dans les dossiers de santé sont donc plus bas que ce que l’on attendrait si toutes les personnes concernées étaient repérées
🔹 Les auteurs citent aussi une méta-analyse selon laquelle seul 1 enfant ou adolescent sur 5 ayant un TDAH reçoit un traitement médicamenteux
👉 Cela va davantage dans le sens d’un accès insuffisant aux soins que d’un excès de prise en charge
🔹 Et du côté des délais ?
Parmi les jeunes finalement diagnostiqués dans l’enquête parlementaire britannique citée :
14 % avaient attendu 2 à 3 ans
27 % avaient attendu 1 à 2 ans
👉 Autrement dit, le problème décrit ici n’est pas « trop de diagnostics », mais surtout des besoins non couverts, des retards d’évaluation et un accès insuffisant à des soins adaptés.
🔍 Pour aller plus loin
Pour ce post, il est important de préciser qu’il s’agit d'un éditorial argumenté, fondé sur plusieurs sources déjà existantes :
◼️ des études de prévalence avec entretiens diagnostiques standardisés
◼️ des données administratives du système de santé anglais
◼️ des méta-analyses internationales
◼️ des données sur l’accès aux soins, les prescriptions et les délais diagnostiques
Ils rappellent aussi un point essentiel :
➡️ Le TDAH ne dispose pas d’un biomarqueur diagnostique simple
➡️ Le diagnostic repose donc sur une évaluation clinique complète, avec :
une histoire développementale
un retentissement fonctionnel
des informations croisées
et un diagnostic différentiel sérieux
📊 Résultats et interprétation plus détaillés
🔹 Les auteurs rappellent que les symptômes du TDAH s’inscrivent sur un continuum
👉 En langage simple : il n’existe pas une frontière parfaitement nette entre « avoir » et « ne pas avoir » un TDAH
🔹 Cela signifie qu’une meilleure sensibilisation au trouble peut parfois conduire, dans certains cas, à des surinterprétations individuelles
👉 Donc l’éditorial ne nie pas le risque de diagnostic de TDAH "à tort".
🔹 En revanche, leur thèse centrale est la suivante :
➡️ les données actuellement publiées ne montrent pas de surdiagnostic populationnel au Royaume-Uni
➡️ elles suggèrent plutôt un sous-repérage et des besoins de soins non couverts
🔹 Les auteurs insistent également sur le fait que des symptômes « sous le seuil » diagnostique peuvent malgré tout entraîner une souffrance ou des difficultés importantes
👉 Ce point compte, car il invite à penser l’aide non seulement en termes de diagnostic catégoriel, mais aussi en termes de besoin réel de soutien.
⚠️ Limites importantes
🔸 Il s’agit d’un éditorial, pas d’une étude primaire
🔸 Les conclusions portent surtout sur le Royaume-Uni et ne doivent pas être généralisées trop vite à la France
🔸 Les auteurs soulignent qu’il manque encore des données britanniques robustes post-COVID
🔸 Les données administratives ne capturent pas parfaitement la réalité clinique
🔸 Il reste possible qu’avec une plus grande sensibilisation, certaines formes plus légères soient davantage repérées, ce qui demande une vigilance clinique continue
SOURCE :
Cortese, S., Daley, D., Hollis, C., Rae, S., Ani, C., Asherson, P., Downs, J., Dubicka, B., Foreman, D., Green, J., Heyman, I., Hodes, M., Kyriakopoulos, M., Liang, H., Majumder, P., McArdle, P., Müller-Sedgwick, U., Newlove-Delgado, T., Nicholls, D., Ougrin, D., … Ford, T. (2026). ADHD (over) diagnosis: fiction, fashion and failure. The British Journal of Psychiatry, 1–4. Advance online publication. https://doi.org/10.1192/bjp.2026.10546