30/07/2026
Le voyage compte plus que la destination.
Combien de fois avons-nous lu ou entendu cette phrase ?
J’ai envie aujourd’hui de la détourner un peu, la sortir du voyage physique pour aller dans ma vie de tous les jours.
Elle y est tellement présente dans tout ce que j’ai fait, je fais et je ferais…
Je tricote.
Je tricote, pour le plaisir de tricoter.
Bien sûr, j’aime quand, à la fin, j’ai réussi à faire un joli pull ou de nouvelles chaussettes.... Mais mon plaisir réside avant tout dans le fait de tricoter.
A une époque assez lointaine, j’avais à ma disposition une machine à tricoter. (Elle doit toujours être là, dans un coin du grenier…)
Très pratique pour faire des pulls aux enfants qui grandissent vite. Mais le plaisir du tricot n’était pas là.
Oui, je créais des pulls rapidement, en 2 jours c’était fait, avec une maille d’une régularité parfaite.
L’enfant a besoin d’un nouveau pull, je fais le pull et c’est parfait.
Mais je n’avais aucun plaisir de création… C’était juste pour le côté pratique.
Le fait de tricoter, de toucher le fil, les aiguilles, d’entendre le clic, clic, clic des aiguilles l’une contre l’autre… La régularité de ce doux bruit en a bercé plus d’un…
Le fait d’être posée avec mon tricot, comme dans une bulle, pour un moment que l’on pourrait qualifier de méditatif.
La joie de voir le morceau tricoté s’agrandir tranquillement.
Le plaisir de découvrir le motif au fur et à mesure de l’avancement…
C’est ça le voyage.
Et il est pour moi, très souvent, bien plus important que le but : avoir un nouveau pull.
Je cuisine.
J’aime couper les légumes ou les fruits en assez petits morceaux. Certains me disent : « c’est trop long, avec une autre technique tu pourrais aller beaucoup plus vite ».
Sauf que moi, j’aime prendre mon temps. C’est toujours un plaisir de couper mes légumes, mes fruits, en tout petits morceaux. Ici encore, je considère cette étape un moment méditatif, c’est mon voyage vers le plat final. Et franchement, avez-vous déjà eu l’occasion de comparer une salade de fruits avec des gros morceaux et une salade de fruits avec des petits morceaux ? Quand les morceaux sont petits, les goûts se mélangent bien, c’est délicieux. Un jour, quelqu’un m’a dit « mais quel plaisir de tomber sur un gros morceau de pêche, on sent bien le goût ! », ce à quoi j’ai répondu : si tu veux sentir le goût de la pêche, tu manges une pêche. Si tu manges une salade de fruits, c’est quand même bien pour avoir le mélange des goûts…
Le voyage, c’est ce moment méditatif que je m’offre dans toutes mes activités.
Je couds.
Je me souviens quand j’étais jeune maman, j’achetais du tissu pour faire des vêtements à ma fille, mon premier bébé. Et je me souviens très bien d’une conversation que j’avais eu avec la marchande de tissu de mon quartier, une dame charmante qui partageait la même passion que moi : « je cherche à faire un ouvrage qui dure longtemps, car c’est trop rapide pour moi de coudre des vêtements pour tout petits. »
J’ai alors eu l’idée de faire un livre en tissu, brodé avec l’alphabet. J’avais trouvé un modèle. A cette époque, j’avais encore besoin d’être guidée par un modèle.
Et j’ai brodé ce petit livre pendant un certain temps. J’ai beaucoup aimé ce voyage.
Plus t**d, j’ai découvert le patchwork et la création.
Le voyage c’est : chercher l’idée, la dessiner, choisir les couleurs, calculer la quantité de tissu nécessaire, (j’aime toujours calculer en couture… !), puis découper, assembler, repasser, découdre quand un assemblage de couleurs ne convient pas vraiment, et ensuite matelasser…
Le voyage est parfois long quand je me lance dans un patchwork, mais c’est toujours un vrai plaisir.
Et quand, au final, le patchwork part vivre dans une autre maison, je ne le vois plus, mais je garde intact le souvenir du voyage que j’ai fait avec lui.
Pour moi, c’est ça le voyage : dans ma créativité.
Et si je suis toujours très fière du résultat, de la destination, le voyage pour y arriver reste pour moi le plus important, ce qui a le plus de valeur.