11/09/2026
🌍 En Iran, deux tours rondes dominent le désert. Pendant des siècles, on y a déposé les morts à ciel ouvert.
Ce sont les tours du silence de Yazd. Pour les zoroastriens, fidèles de l'une des plus anciennes religions du monde, la terre, le feu et l'eau sont sacrés. Un corps mort ne doit souiller aucun des trois. Alors on ne l'enterre pas, on ne le brûle pas : on le porte au sommet d'une tour, et on le rend au soleil et aux oiseaux.
📌 Ce qu'il faut savoir :
➡️ Hérodote décrivait déjà cette coutume il y a près de 2 500 ans
➡️ Le nom « tour du silence » date de 1832 : un traducteur britannique l'a inventé. Les zoroastriens, eux, disent dakhma
➡️ En Iran, les tours se sont tues il y a une cinquantaine d'années. À Yazd, on enterre désormais dans des tombes cimentées, pour que le corps ne touche pas la terre
➡️ À Bombay, elles servent encore : cinq tours dans une forêt de plus de vingt hectares, en pleine ville. La première date de 1672
➡️ Dans les années 1990, un médicament donné au bétail a empoisonné les vautours de l'Inde : plus de 97 % ont disparu. Sans les oiseaux, le rite ne fonctionne plus
➡️ Depuis 2001, des miroirs solaires concentrent la chaleur sur les tours. Et de plus en plus de familles parsies choisissent la crémation
🎯 Pourquoi vous le dire ?
Parce qu'un rite vieux de plus de deux mille ans, que la foi n'a pas abandonné, a été mis en péril par la disparition d'un oiseau. Un rite ne tient pas seulement à ce qu'on croit. Il tient aussi au monde qui l'entoure.
Chez nous, la question est la même : que faire du corps ? La terre ou le feu. Et une liberté que peu de traditions accordent : celle de choisir.
💬 Une coutume funéraire d'ailleurs que vous aimeriez qu'on raconte ? Écrivez-la en commentaire, nous en ferons un prochain post.
Photos : Alen Ištoković, 2010, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons. Gravure : Émile Thérond, Le Tour du monde, 1866, domaine public.