08/09/2026
Le deuil, un passage que nous connaissons tous
Il y a des moments dans la vie où quelque chose se termine, quelque chose disparaît, et où nous ne savons plus très bien comment continuer.
Nous connaissons tous, un jour ou l’autre, l’expérience du deuil.
Le deuil d’un enfant, d’un parent, d’un ami, d’un être aimé. Le deuil d’une relation, d’un couple, d’un travail, d’un projet, d’une maison, d’une certaine idée de l’avenir. Parfois, c’est aussi le deuil de notre santé, de nos capacités, d’une partie de nous-mêmes ou de la vie que nous avions imaginée.
Le deuil nous confronte à l’absence. Et l’absence laisse un vide.
Nous connaissons les différentes étapes dont on parle souvent : le choc, le déni, la colère, la tristesse, la culpabilité parfois, puis l’acceptation. Mais dans la réalité, le chemin est rarement aussi linéaire. On avance, on recule, on croit avoir retrouvé un peu de souffle et, soudain, une date, une odeur, une chanson, un souvenir nous ramène au manque.
Il n’y a pas de bonne façon de faire son deuil.
Il n’y a pas non plus de durée normale.
Chacun traverse cette expérience avec son histoire, ses ressources, ses fragilités et ses liens.
Ce que j’observe, et ce que je souhaite accompagner à Via Aléa, c’est cette période où l’ancien monde s’est effondré, mais où le nouveau n’a pas encore trouvé sa place.
Il faut parfois accepter de traverser le vide.
Cela peut sembler paradoxal. Nous avons souvent le réflexe de vouloir combler immédiatement ce qui nous fait souffrir. Chercher quelqu’un pour ne plus être seul. S’accrocher à une relation. Se réfugier dans le travail ou dans l’agitation. Chercher à oublier. Faire comme si rien ne s’était passé.
Et parfois, sans même nous en rendre compte, nous pouvons nous installer dans le déni, la dépendance affective, la fuite ou l’isolement.
Pourtant, le vide a aussi quelque chose à nous apprendre.
Il nous oblige à rencontrer ce qui est là.
Notre chagrin. Notre colère. Notre peur. Notre solitude. Mais aussi, progressivement, ce qui demeure en nous lorsque ce que nous avions construit autour de nous n’est plus là.
Faire son deuil ne signifie pas oublier.
Cela ne signifie pas non plus cesser d’aimer.
Certaines personnes et certaines expériences continuent de vivre en nous, mais autrement.
Le travail du deuil consiste peut-être alors à apprendre à faire une place à l’absence, sans laisser celle-ci prendre toute la place.
À partir de ce noyau qui ne disparaîtra pas, il devient possible, peu à peu, de reconstruire un nouvel univers.
Pas le même.
Pas nécessairement celui que nous aurions choisi.
Mais un univers qui puisse à nouveau accueillir la vie.
Ne pas traverser seul
C’est aussi pour cela que Via Aléa souhaite proposer des groupes de parole autour du deuil et des grandes épreuves de la vie.
Parce qu’il y a des souffrances que l’on porte longtemps en silence.
Parce qu’il est parfois difficile de parler à son entourage, qui ne sait pas quoi dire, qui voudrait nous voir aller mieux, ou qui finit par penser que « le temps devrait avoir fait son œuvre ».
Dans un groupe de parole, il n’est pas nécessaire de faire semblant.
On peut venir avec sa tristesse.
Avec sa colère.
Avec ses questions.
Avec son silence aussi.
Il peut être profondément apaisant de découvrir que d’autres traversent, eux aussi, des chemins difficiles. De pouvoir écouter et être écouté. De déposer quelques mots et de sentir, simplement, une présence.
Je crois beaucoup à cette force du lien.
Pas un lien qui cherche à réparer l’autre.
Pas un lien qui donne immédiatement des réponses.
Mais un lien qui dit : « Je suis là. Je t’entends. Tu n’as pas besoin de traverser cela seul. »
Via Aléa est pensé comme un lieu d’accueil, de développement personnel et de spiritualité.
Un espace pour prendre le temps.
Pour se rencontrer autrement.
Pour donner du sens lorsque c’est possible, mais aussi accepter, lorsque cela ne l’est pas encore, de simplement être là avec ce qui est.
Je ne crois pas que nous ayons toujours à chercher à supprimer la souffrance.
Certaines souffrances ont besoin d’être entendues avant de pouvoir s’apaiser.
Alors, ici, nous ne chercherons pas à nier ce qui fait mal.
Nous chercherons à l’accueillir.
À l’apprivoiser.
À la traverser, ensemble, avec humanité et bienveillance.
Et peut-être qu’un jour, doucement, sans oublier ce qui a été perdu, nous pourrons retrouver le chemin de la vie.