01/10/2026
💊 PETITE CHRONIQUE DU COMPTOIR…
On parle parfois des patients qui nous font lever un sourcil.
Mais rassurez-vous : certains professionnels de santé savent aussi nous offrir de beaux moments. 😅
Cet après-midi, ordonnance pédiatrique de MEDIKINET.
Pour ceux qui ne connaissent pas : il s’agit d’un médicament à base de méthylphénidate, classé stupéfiant.
Pourquoi ? Parce qu’il existe notamment un risque de mésusage et de détournement. Sa prescription et sa délivrance sont donc volontairement très encadrées.
Et qui dit stupéfiant dit… règles.
Beaucoup de règles.
Des règles très précises.
Le genre de règles avec lesquelles on évite généralement de jouer au Monopoly. 😁
Pour ce médicament, l’ordonnance doit notamment indiquer la pharmacie choisie par le patient pour effectuer la délivrance.
Sauf que là… rien.
Pas de pharmacie.
Pas d’adresse.
Nada.
Bon.
Chez nous, l’idée n’est jamais de dire au patient :
« Désolé, ordonnance pas bonne, au revoir et bonne journée ! 👋 »
Alors on appelle le médecin pour essayer de régler ça simplement.
Et là, il faut vraiment préciser quelque chose : nous, on adore travailler avec les autres professionnels de santé.
Vraiment.
Quand on appelle un médecin, une infirmière, un spécialiste ou un autre professionnel, ce n’est pas pour “chercher la petite bête”.
C’est justement parce que ces échanges nous permettent de mieux comprendre une prescription, de clarifier un doute, d’apprendre, de confronter les informations et, au final, de mieux prendre en charge nos patients.
Et heureusement, dans l’immense majorité des cas, ça se passe très bien.
Les prescripteurs nous répondent, corrigent volontiers une petite erreur ou un oubli, et sont même souvent contents qu’on les ait appelés.
Et nous, de notre côté, on apprend aussi énormément grâce à ces échanges.
Bref : chacun apporte sa pierre à l’édifice, chacun a ses compétences, et le patient en bénéficie.
C’est exactement comme ça qu’on aime travailler. 🤝
Mais parfois… ça ne se passe pas comme ça
Premier niveau du jeu : impossible de parler directement au médecin. La secrétaire fait l’intermédiaire.
On demande donc gentiment s’il peut compléter l’ordonnance.
Réponse :
« Je n’ai jamais fait comme ça et ça n’a jamais posé de problème. »
Ah.
Malheureusement, le Code de la santé publique possède une fonctionnalité assez agaçante :
il ne disparaît pas lorsqu’on décide qu’une règle ne nous plaît pas. 😅
On tente donc une deuxième solution, plus "border-line" mais qui permet néanmoins de dépanner tout le monde :
« Avec son accord, nous pouvons éventuellement ajouter la mention, tracer l’appel, noter la date, l’heure… »
Réponse :
« Vous n’ajouterez rien sur mon ordonnance. »
Très bien.
Nous n’ajouterons donc rien.
Et nous ne délivrerons rien non plus. 🤷♂️
Parce qu’une pharmacie n’est pas une épicerie avec des médicaments à la place des boîtes de conserve.
Une ordonnance n’est pas un bon de commande.
Et le pharmacien n’est pas simplement la personne située entre le médecin et le sac en papier.
Notre travail, c’est aussi de vérifier, d’analyser, de sécuriser et, parfois, de poser une question.
Pas pour contester.
Pas pour compliquer les choses.
Mais parce que notre responsabilité professionnelle est engagée.
Les règles concernant les stupéfiants peuvent paraître lourdes, rigides ou franchement pénibles.
On peut même parfois partager cet avis !
Mais tant qu’elles existent… on les respecte.
Et ce qui est franchement dommage aujourd’hui, c’est que malgré plusieurs tentatives, nous n’avons pas réussi à trouver une solution simple pour le patient.
Il n'y avait aucune urgence, mais il est donc reparti sans son traitement.
Il devra revoir le prescripteur pour faire régulariser l’ordonnance.
Et, pour être totalement transparents, rien ne garantit aujourd’hui que cette régularisation sera acceptée spontanément.
C’est probablement ça qui nous déçoit le plus dans cette histoire.
Parce qu’au fond, ce qui nous gêne dans ce genre de situation, ce n’est pas qu’une ordonnance comporte un oubli.
Des erreurs, tout le monde en fait.
Nous aussi.
Ce qui nous gêne, c’est le refus d’échanger et de chercher ensemble une solution conforme, simple et sécurisée pour le patient.
Parce que la santé, ce n’est pas une succession de professionnels qui travaillent chacun dans leur coin.
C’est justement tout l’inverse.
C’est discuter.
Se poser des questions.
Se corriger parfois.
S’apprendre des choses mutuellement.
Et surtout, mieux prendre en charge les patients.
Heureusement, c’est exactement ainsi que nous travaillons chaque jour avec l’immense majorité des professionnels de santé que nous côtoyons. 💚
Et franchement… c’est quand même beaucoup plus agréable pour tout le monde. 😉