14/09/2026
L’ÉQUICOACHING :
UNE DÉMARCHE D’ACCOMPAGNEMENT,
PAS UNE ANIMATION D’ENTREPRISE !
Le cheval n’est pas un outil de team building.
Il est un partenaire de progression professionnelle. Et cela change tout !
L’équicoaching connaît aujourd’hui un véritable essor dans les entreprises.
Cette évolution est positive : le cheval permet d’observer autrement les comportements, les modes de communication, le leadership et la relation à l’autre.
Mais cette pratique ne peut pas être réduite à une activité originale proposée lors d’un séminaire d’entreprise.
Faire intervenir un cheval auprès de dirigeants ou de collaborateurs engage une véritable responsabilité.
C’est pourquoi je défends une conception exigeante de l’équicoaching : une pratique fondée sur l’éthique, la sécurité, le respect du cheval et, surtout, la qualité de l’accompagnement humain.
Le cheval n’est pas là pour « faire parler », ni pour « faire joli »
Le cheval réagit à ce qu’il perçoit : posture, intention, tension, cohérence, qualité de présence, manière d’entrer en relation.
Ces réactions peuvent constituer un formidable support de prise de conscience.
Mais elles ne constituent ni un diagnostic psychologique, ni une vérité absolue sur une personne.
L’équicoach doit donc savoir observer sans interpréter abusivement, questionner sans induire les réponses et accompagner sans enfermer le participant dans une conclusion préétablie.
Le rôle du professionnel n’est pas de dire au dirigeant :
« Votre cheval vous montre que vous êtes un mauvais manager. »
Il est de lui permettre de s’interroger :
« Qu’avez-vous observé ? Qu’avez-vous ressenti ? Qu’est-ce que cette situation vous apprend sur votre manière d’entrer en relation ? Et surtout, que pouvez-vous en faire dans votre environnement professionnel ? »
La prise de conscience appartient au participant.
Une démarche qui commence avant la rencontre avec le cheval
Un équicoaching sérieux ne commence pas lorsque le participant entre dans une carrière ou un manège.
Il commence bien avant.
Avant toute intervention, je considère indispensable de comprendre la demande de l’entreprise, le contexte dans lequel elle intervient et les objectifs réellement poursuivis.
Lorsqu’il s’agit de dirigeants ou de managers, il est notamment essentiel de s’intéresser à la réalité de leur fonction :
• Quel rôle occupent-ils réellement dans l’organisation ?
• Quelles responsabilités portent-ils ?
• Quelles relations entretiennent-ils avec leurs équipes ?
• Quelles tensions ou transformations traversent actuellement l’entreprise ?
• Quelle image ont-ils d’eux-mêmes dans leur fonction ?
• Comment pensent-ils être perçus par les autres ?
• Quelle marge de manœuvre ont-ils réellement ?
• Que souhaitent-ils faire évoluer ?
Le même exercice peut produire des effets radicalement différents selon la personne et selon le contexte dans lequel elle exerce ses responsabilités.
C’est pourquoi je refuse les prestations standardisées dans lesquelles un programme identique est appliqué indistinctement à tous les participants.
La taille du groupe n’est pas un détail
La qualité d’une séance dépend également du nombre de participants.
Pour ma pratique, je retiens un maximum de cinq participants par équicoach et par cheval, afin de préserver les conditions nécessaires à une véritable observation, à l’écoute et aux échanges.
Au-delà, le risque est de transformer une démarche d’accompagnement en animation de groupe.
Or, lorsque l’objectif est de travailler sur l’intelligence émotionnelle, la communication, le leadership ou la posture managériale, le temps consacré à chaque personne est essentiel.
Un participant ne devrait jamais devenir un simple spectateur d’une expérience vécue par les autres.
Le respect du cheval n’est pas négociable
Il existe également une autre exigence fondamentale : le bien-être du cheval.
Le cheval n’est ni un accessoire pédagogique, ni un outil de production.
Il est un être vivant dont les réactions doivent être respectées et dont les limites doivent être connues.
Cela implique notamment de tenir compte :
• de son état physique et émotionnel ;
• de son niveau de fatigue ;
• de son environnement ;
• du nombre de sollicitations ;
• des conditions météorologiques ;
• de son tempérament et de son expérience ;
• de sa capacité à rester disponible dans la séance.
Un cheval qui manifeste de la tension, de la fatigue ou de l’inconfort ne doit pas être contraint de poursuivre pour respecter le programme commercial prévu.
Le programme doit pouvoir s’adapter au cheval. Jamais l’inverse.
L’intelligence émotionnelle ne se décrète pas
L’équicoaching peut être un puissant révélateur de comportements.
Mais il ne suffit pas de mettre une personne face à un cheval pour développer son intelligence émotionnelle.
L’expérience doit être accompagnée par un professionnel capable de faire le lien entre ce qui se passe dans la séance et ce qui se joue dans la réalité professionnelle.
C’est ce passage qui donne sa valeur à la démarche :
expérimenter → observer → ressentir → comprendre → mettre en perspective → transférer dans l’entreprise.
Sans ce travail de transfert, l’expérience peut rester un moment agréable, surprenant ou émouvant, sans produire de véritable évolution professionnelle.
Je ne vends pas une expérience. J’accompagne une transformation.
Ma conception de l’équicoaching repose sur une conviction simple :
La réussite d’une prestation ne se mesure pas au nombre de participants, au nombre de journées vendues ou au chiffre d’affaires réalisé.
Elle se mesure à la qualité de l’expérience vécue, à la pertinence des prises de conscience et à la capacité du participant à transformer quelque chose dans sa pratique professionnelle.
Cela suppose parfois de dire à une entreprise :
« Votre demande mérite d’être approfondie avant que nous commencions. »
Cela peut aussi conduire à réduire le nombre de participants, à modifier le programme, à prévoir plusieurs séances, à différer une intervention ou, dans certains cas, à considérer que l’équicoaching n’est tout simplement pas la réponse adaptée.
Cette capacité à dire non fait partie de mon éthique professionnelle.
L’équicoaching mérite mieux que des prestations « clé en main »
Je crois profondément au potentiel de l’équicoaching en entreprise.
Mais pour que cette pratique conserve sa crédibilité, elle doit être exercée avec rigueur.
Un cheval n’est pas un accessoire de communication.
Une séance d’équicoaching n’est pas une attraction.
Un dirigeant n’est pas un « participant » parmi d’autres lorsque l’objectif est de questionner sa posture professionnelle.
Et une prise de conscience n’est jamais un produit que l’on peut garantir à l’avance.
L’équicoaching est une rencontre entre un professionnel, un être vivant et une personne qui accepte de regarder autrement sa manière d’être en relation avec les autres.
Cette rencontre mérite du temps, de la compétence, de l’humilité et une véritable éthique.
C’est cette exigence que je défends.
Parce que l’équicoaching ne devrait jamais avoir pour objectif de faire du chiffre.
Il doit avoir pour objectif de faire émerger du sens, de la conscience et du changement pour le bien de tous.