12/10/2025
đŠđ¶ đđ» đ·đŒđđż đ·đČ đđđ¶đ đźđđđČđ¶đ»đ·đČ đ±đČ đ±đČÌđșđČđ»đ°đČ, je souhaite que ma famille et mes proches affichent ce texte lĂ oĂč je vis. Quâils sâen souviennent, quâils sâen imprĂšgnent, et quâils sây rĂ©fĂšrent chaque fois que les repĂšres vacillent.
đ. đđ»đ»đŒđ»đ°đČđ đđŒđđżđČ đœđżđČÌđđČđ»đ°đČ đźđđČđ° đ±đŒđđ°đČđđż.
Chaque fois que vous entrez dans la piĂšce, prĂ©sentez-vous simplement : « Bonjour, câest [votre prĂ©nom] ». Ne me demandez pas si je sais qui vous ĂȘtes. Ce genre de question peut me troubler profondĂ©ment, me faire douter, ou me plonger dans lâangoisse.
đź. đđ»đđżđČđ đ±đźđ»đ đșđź đżđČÌđźđčđ¶đđČÌ.
Si je parle de rendre visite Ă mes parents ou dâattendre quelquâun qui nâest plus lĂ , inutile de me corriger. Accompagnez-moi dans cette rĂ©alitĂ©, mĂȘme si elle ne vous appartient pas. Elle est peut-ĂȘtre floue, mais elle me rassure.
đŻ. đĄđČ đ°đŒđ»đđČđđđČđ đœđźđ đ°đČ đŸđđČ đ·đČ đ°đżđŒđ¶đ.
Mon esprit peut mâemporter dans des lieux et des temps incertains. Mâopposer une vĂ©ritĂ© brutale ne fera quâajouter Ă ma confusion. Accordez-moi le droit Ă mes repĂšres, aussi dissonants soient-ils.
đ°. đĄđČ đœđżđČđ»đČđ đżđ¶đČđ» đœđČđżđđŒđ»đ»đČđčđčđČđșđČđ»đ.
Si je ne vous reconnais pas, ce nâest pas un rejet. Câest ma mĂ©moire qui me trahit. MĂȘme si mes mots vous dĂ©concertent, sachez que mon affection, elle, reste vivace â quelque part en moi.
đ±. đđ¶đ±đČđ-đșđŒđ¶ đźÌ đŽđźđżđ±đČđż đșđź đ±đ¶đŽđ»đ¶đđČÌ.
Si je nâarrive plus Ă me servir de couverts, ne me nourrissez pas tout de suite. Essayez dâabord des aliments que je peux prendre avec les doigts. Peut-ĂȘtre puis-je encore me dĂ©brouiller, Ă ma façon.
đČ. đąđłđłđżđČđ-đșđŒđ¶ đ±âđźđŻđŒđżđ± đđŒđđżđČ đșđźđ¶đ», đœđźđ đđŒđ đČđ
đœđčđ¶đ°đźđđ¶đŒđ»đ.
Quand je suis anxieux·se, triste ou perdu·e, écoutez sans minimiser, sans rationaliser. Tenez ma main. Restez prÚs de moi. Ce geste en dit plus que mille paroles.
đł. đđ±đżđČđđđČđ-đđŒđđ đźÌ đșđŒđ¶ đźđđČđ° đżđČđđœđČđ°đ.
MĂȘme malade, je ne suis pas un·e enfant. Parlez-moi avec dĂ©licatesse, mais sans condescendance. Je reste un·e adulte digne dâattention et de considĂ©ration.
đŽ. đđźđ¶đđČđ đđ¶đđżđČ đ°đČ đŸđđČ đ·âđźđ¶đșđźđ¶đ.
MĂȘme avec la dĂ©mence, certaines passions peuvent subsister : lire, Ă©couter de la musique, marcher, chanter⊠Aidez-moi Ă retrouver un chemin, aussi fragile soit-il, vers ces plaisirs anciens.
đ”. đđźđ¶đđČđ đźđœđœđČđč đźÌ đșđź đșđČÌđșđŒđ¶đżđČ đ”đČđđżđČđđđČ.
Demandez-moi de vous raconter une histoire, un souvenir marquant, une anecdote. Vous pourriez ĂȘtre surpris·e par la prĂ©cision de mes Ă©vocations, mĂȘme si le prĂ©sent mâĂ©chappe.
đđŹ. đŁđżđČđ»đČđ đčđČ đđČđșđœđ đ±đČ đ°đŒđșđœđżđČđ»đ±đżđČ đșđŒđ» đźđŽđ¶đđźđđ¶đŒđ».
Si je deviens nerveux·se ou agité·e, ce nâest pas sans raison. Essayez de deviner ce qui me trouble : un inconfort, une douleur, un besoin mal exprimĂ©. Lâagitation est souvent une maniĂšre de dire ce que je ne peux plus formuler.
đđ. đ§đżđźđ¶đđČđ-đșđŒđ¶ đ°đŒđșđșđČ đđŒđđ đđŒđđ±đżđ¶đČđ đčâđČÌđđżđČ.
Je reste une personne Ă part entiĂšre. Ce que je traverse pourrait aussi vous arriver. Entourez-moi de la patience, de la tendresse et du respect que vous aimeriez recevoir.
đđź. đđ»đđ¶đ°đ¶đœđČđ đșđČđ đŻđČđđŒđ¶đ»đ đđ¶đčđČđ»đ°đ¶đČđđ
.
Je peux avoir faim sans savoir comment le dire. LâirritabilitĂ© ou lâangoisse en sont parfois les seuls signes. PrĂ©voyez des collations. Ce simple geste peut Ă©viter bien des malaises.
đđŻ. đĄđČ đœđźđżđčđČđ đœđźđ đ±đČ đșđŒđ¶ đ°đŒđșđșđČ đđ¶ đ·đČ đ»âđČÌđđźđ¶đ đœđźđ đčđźÌ.
MĂȘme silencieux·se, mĂȘme absent·e en apparence, je peux encore vous entendre. Parlez avec moi, pas sur moi. Mon humanitĂ© mĂ©rite votre regard direct et votre voix claire.
đđ°. đĄđČ đœđŒđżđđČđ đœđźđ đđŒđđ đčđČ đłđźđżđ±đČđźđ.
Si vous ne pouvez pas mâassister Ă chaque instant, ce nâest pas une faute. Ce nâest pas de votre fait. Reposez-vous, demandez de lâaide. Trouvez un lieu adaptĂ©. Vous faites dĂ©jĂ beaucoup.
đđ±. đ„đČđ»đ±đČđ-đșđŒđ¶ đđ¶đđ¶đđČ, đźđđđđ¶ đđŒđđđČđ»đ đŸđđČ đđŒđđ đčđČ đœđŒđđđČđ.
Si je vis en institution, votre prĂ©sence est prĂ©cieuse, mĂȘme si je ne la reconnais pas toujours. Elle mâancre, me rassure, me relie au monde.
đđČ. đŠđŒđđČđ đ¶đ»đ±đđčđŽđČđ»đ·đČ đźđđČđ° đșđČđ đČđżđżđČđđżđ.
Je peux confondre des noms, des visages, des lieux. Ce nâest pas par nĂ©gligence. Câest ma mĂ©moire qui flanche. Respirez profondĂ©ment. Pardonnez-moi, en silence.
đđł. đđźđ¶đđČđ đČđ»đđČđ»đ±đżđČ đșđź đșđđđ¶đŸđđČ.
Les chansons que jâaimais autrefois peuvent ranimer une Ă©tincelle. Mettez-les Ă portĂ©e dâoreille. Elles me parlent un langage que la dĂ©mence nâefface pas.
đđŽ. đ„đČđđœđČđ°đđČđ đșđČđ đŽđČđđđČđ, đșđČÌđșđČ đźđŻđđđżđ±đČđ.
Si je ramasse des objets, les dĂ©place ou les serre contre moi, ne mâen privez pas. Aidez-moi Ă les replacer sans me frustrer. Ces rituels me structurent.
đđ”. đĄđČ đșâđČÌđčđŒđ¶đŽđ»đČđ đœđźđ đ±đČđ đșđŒđșđČđ»đđ đ±đČ đđ¶đČ.
Jâai peut-ĂȘtre du mal Ă suivre, mais je ressens encore la chaleur dâune fĂȘte, la joie dâun rire, la douceur dâun repas en famille. Ne mâexcluez pas. Incluez-moi, autrement.
đźđŹ. đšđ» đđ¶đșđœđčđČ đ°đŒđ»đđźđ°đ đœđČđđ đđŒđđ đ°đ”đźđ»đŽđČđż.
Un regard tendre, une main sur mon Ă©paule, un sourire sincĂšre⊠Ces gestes parlent encore Ă mon cĆur, mĂȘme si mes mots se sont Ă©garĂ©s.
đźđ. đŠđŒđđđČđ»đČđ-đđŒđđ đ±đČ đŸđđ¶ đ·đČ đđđ¶đ.
DerriĂšre le trouble, derriĂšre les absences, je suis toujours moi. Peut-ĂȘtre plus lent·e, plus fragile, plus silencieux·se⊠mais toujours cette personne que vous avez connue, et que vous aimez.
Un texte de SĂ©bastien Xhayet âïž
đđ°đ±đȘđŠđ» đŠđ” đ±đąđłđ”đąđšđŠđ» đ€đŠ đ”đŠđčđ”đŠ đŠđŻ đ©đ°đźđźđąđšđŠ đąÌ đ”đ°đ¶đ”đŠ đ±đŠđłđŽđ°đŻđŻđŠ đąđ”đ”đŠđȘđŻđ”đŠ đ„đŠ đ„đŠÌđźđŠđŻđ€đŠ đ°đ¶ đ„âđđđ»đ©đŠđȘđźđŠđł, đŠđ” đŠđŻ đŽđ°đ¶đ”đȘđŠđŻ đąÌ đ€đŠđđđŠđŽ đŠđ” đ€đŠđ¶đč đČđ¶đȘ đđŠđŽ đąđ€đ€đ°đźđ±đąđšđŻđŠđŻđ” đąđ·đŠđ€ đ€đ°đ¶đłđąđšđŠ, đ”đŠđŻđ„đłđŠđŽđŽđŠ đŠđ” đ©đ¶đźđąđŻđȘđ”đŠÌ
https://www.noz-infos.com/quand-les-reperes-vacillent-soutien-aux-personnes-atteintes-de-demence-et-a-leurs-soignants/?âïž