30/09/2026
OUI, MAIS….
Voici bien longtemps que je ne me suis plus fendu d’un billet sur les réseaux. Une éternité !
Parce qu’il faut bien se le dire, se décarcasser pour arracher quelques faméliques likes n’est pas la plus généreuse des rétributions. Foutus algorithmes n’est-ce-pas ? Je préfère ainsi laisser couler l’encre de mon inspiration dans une forme plus noble et traditionnelle. Même si l’un ne devrait pas exclure l’autre. Mais c’est une autre question qui m’amène aujourd’hui.
Cela fait bientôt 15 longues années que j’accompagne les âmes en souffrance. Ce terreau formidable d’expériences divers et variées m’amène aujourd’hui à faire un constat magistral. Le plus important pour une personne dans sa vie, ce à quoi elle accorde le plus de valeur est souvent également ce dont elle l’a privé, que ce soit ponctuellement ou plus durablement. On en revient à la mécanique de la perte et du manque que le genre humain est voué à expérimenter que j’avais déjà pu évoquer dans des lignes moins numériques.
Que ce soit d’emblée préciser, toute souffrance mérite d’être considérée et respectée. C’est le propre de l’ego de penser que celle que l’on vit est plus difficile et importante que celle de son voisin. Je parle ici du fond et non de la forme, que ce soit bien clair. Quand on en vient à penser que certaines semblent plus supportables, il s’agit souvent comme par hasard de celles que l’on ne vit pas et pour lesquelles on est plutôt bien loti, oubliant quelques fois la « chance » que l’on a. Quand on en vient à penser que d’autres semblent insurmontables, la vie nous met sur le chemin une personne qui a su cohabiter avec malgré tout, ce qui constitue la vraie performance spirituelle.
Pour certaines personnes, perdre un être cher constitue la grande épreuve de leur vie. Ce qui est encore plus dur à digérer quand le destin leur impose cela précocement. Pire encore quand cela est un enfant. D’autres perdent un enfant symboliquement. Parce que oui, être brouillé durablement avec sa progéniture constitue un deuil peut être plus subtil mais également difficile à relativiser.
D’autres vous diraient que subir une maladie chronique coriace, un handicap, qui refuse de capituler est le fardeau le plus difficile à vivre.
D’autres vous parleraient du rapport détestable qu’elles ont avec leur physiques, malgré tout effort qui aurait pu être fait pour le rétablir.
D’autres évoqueraient les abus subis étant enfant, ce qui constitue une injustice de taille à digérer. Pire encore quand il s’agit d’un proche.
Se voir affliger par la dépression alors que pourtant rien ne semble le justifier dans son environnement immédiat, que toutes les conditions sembleraient réunies pour s’épanouir n’est pas non plus une mince affaire.
Vivre toute sa vie dans une grande détresse financière, notamment parce qu’on n’a pas la chance de bénéficier d’un emploi qualifié, nous privant d’une dignité précieuse, ne constitue pas non plus une sinécure.
Pour d’autres, vivre un désert sentimental toute sa vie, ou tout du moins un manque cruel d’épanouissement dans ce domaine, constitue une épreuve colossale.
Avoir subi des violences psychiques immondes durant toute son enfance et au-delà de celui ou celle qui était censé(e) vous apporter de l’amour en arrivant sur terre n’est pas une expérience tendre non plus.
Je pourrais encore continuer tant la liste est longue pour ne pas dire sans fin. L’ombre et les épreuves de la vie possèdent mille visages. Toutes à respecter, je le répète. Il importe de différencier le fond de la forme. Quand l’ego vient à dire « oui mais », il pense justement désigner le fond alors qu’il s’agit encore de la forme. Refuser la forme revient à refuser le fond. Accepter la forme revient à accepter le fond.
Pour les âmes les plus ambitieuses, il arrive même qu’elle se voit affliger dans plusieurs domaines, généralement deux, voire plus pour les plus vaillantes. Ce cumul peut sembler insupportable, nous faisant basculer vers un sentiment d’injustice, le même déjà présent quand on subit une terrible épreuve. Or, seul l’ego compte et compare, alors que l’adage nous dit que la « qualité prime sur la quantité ».
Pour en venir à un moment à penser qu’il serait temps d’avoir la paix, de vivre tranquillement, libre et sereinement, estimant que l’on a eu son lot d’épreuves et que « la vie nous doit bien ça ». Il importe de recenser toutes les objections auxquelles l’ego aura recourt.
Il s’agit là d’un fantasme de moldu, d’une chimère visant à nous faire rejeter et donc à refuser le lot qui nous revient pourtant. Refuser la ou les part(s) souffrant(e)s de notre vie constitue un véritable maléfice, un véritable poison pour la foi. La ou les accepter, une bénédiction que l’on ne soupçonne souvent pas. Accepter ce que la vie et le destin vous a réservé vaut tout l’or du monde. Parce que l’on ne refuse plus la boue, l’inestimable devient possible.
Être spirituel n’est pas une vague théorie à la mode. Il s’agit d’une mise en pratique exigeante et immédiate, pour ne pas dire impitoyable. Tellement de personnes se prétendent « être de lumière », « dans l’amour inconditionnel », « conscients et éveillés », « alchimistes », « différents », « spirituellement évolué »… alors qu’elles n’ont finalement pas vécu grand-chose.
Il est facile d’asséner des phrases à la fois toutes faites et pourtant si nourrissantes spirituellement quand elle ne sont pas vidées de leur essence.
« Il n’y a pas de hasard », « tout est juste »… Soyez certains que la vie viendra peaufiner votre cheminement spirituel par la mise en pratique et l’épreuve.
En vérité, devenir un véritable être de Lumière induit systématiquement double dose d'ombre.
De toute ma vie de thérapeute, je n’ai jamais constaté aucune croissance spirituelle sans épreuve. Ce qui vous maintiendrait le contraire vivent la spiritualité par procuration, comme on regarde une série Netflix depuis son canapé bien confortable.
Tout le monde veut aller mieux, vivre plus sereinement, c’est naturel et légitime. Cependant, l’œuvre alchimique que la plupart fantasment demande, pour ne pas dire exige, une expérimentation immédiate et difficile de l’ombre.
N’allez pas croire que les « vraies » personnes spirituelles ont fini par triompher de leur épreuves, que cette victoire a été leur récompense précieuse. Elles ont en souvent encore et plus que le commun des mortels. Mais comme je le disais plus haut, abstenons-nous de comparer. Il importe surtout de parvenir à accepter ce qui nous arrive. Car sinon le sentiment d’injustice et la division qu’il engendre en nous risque fort de nous rendre dangereusement vulnérable.
Et vous, qu’est-ce qui vous fait souffrir et vous paraît inacceptable dans votre vie ? Vous tenez probablement là votre plus grand manne spirituelle, qui continuera de vous échapper tant que vous continuerait à la refuser. Alors que l’accepter pleinement et sans délai revient à respecter certaines voies impénétrables.
N’hésitez pas à partager ce modeste trait de pensées dans cet univers numérique afin qu’il aide par le verbe celles et ceux qui en auront besoin. Merci. 🙏☀🤍