17/06/2026
Des milliers de visages d'enfants. Et, entre eux, des centaines de cases restées blanches, parfois sans même un nom : "un enfant", "petite fille".
Lundi matin, de passage à Orléans, dans le Loiret, je me suis arrêté au CERCIL, le Musée-Mémorial des enfants du Vel d'Hiv. Un moment suspendu, empreint d'une profonde gravité.
Les photographies ne rendent pas justice à l'émotion de se tenir devant ces milliers de carrés lumineux. Ce qui frappe, au-delà des visages qui nous regardent, ce sont les absences.
En s'approchant, on découvre toutes ces cases restées blanches. Derrière certaines, un nom sans visage. Derrière d'autres, un prénom, "Jean". Parfois, pas même un prénom : "petite fille - 2 ans", "un enfant".
Une inscription m'a particulièrement retenu : les recherches se poursuivent pour identifier des enfants jusque-là inconnus, notamment parmi ceux internés dans les camps du Loiret, à Beaune-la-Rolande ou Pithiviers. Chaque nom retrouvé est alors ajouté, une case qui s'éclaire enfin.
Face à ces murs, on réalise à quel point la mémoire est un fil fragile. C'est précisément là que la généalogie prend tout son sens. Reconstituer ces histoires familiales brisées, c'est redonner un nom, un visage et une existence à ceux qui ont péri pendant la Shoah, tout en honorant le parcours de ceux qui ont survécu.
C'est, profondément, le cœur de mon métier. Combler les cases vides d'un arbre généalogique, c'est refuser l'oubli.
Et vous, y a-t-il une "case vide" dans votre histoire familiale que vous aimeriez éclairer ?
Si vous ressentez le besoin de retrouver ces fragments manquants de votre histoire, vous pouvez m’écrire. Envoyez-moi un message pour que nous puissions en discuter dès mon retour de vacances.
Mémorial de la Shoah